Corentin Tolisso ne sera pas au Mondial 2026. Malgré une saison plus qu’aboutie à Lyon, le milieu de l’OL a été écarté par Didier Deschamps au profit de Kanté, Koné, Rabiot, Tchouaméni et Zaïre-Emery. Un scandale ? Les données Data’Scout nuancent, et expliquent pourquoi ce choix est cohérent même s’il est douloureux.
Tolisso : une saison XXL à Lyon, des chiffres impressionnants
Commençons par rendre à César ce qui lui appartient. Corentin Tolisso a réalisé l’une des meilleures saisons de sa carrière en 2025/26 avec l’OL. En 30 matchs pour une moyenne de 93 minutes par rencontre, le milieu lyonnais affiche des percentiles de création qui placent n’importe quel observateur face à une évidence : c’est un très grand joueur.
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Sur Data’Scout, ses chiffres offensifs sont élites :
- Buts : 99/100
- P.D attendues : 92/100
- Passes vers la surface : 82/100
- Passes progressives : 82/100
- Passes dernier tiers : 82/100
- Duels défensifs gagnés : 94/100
- Fautes subies : 86/100
- Passes réceptionnées : 86/100
Un milieu box-to-box complet, capable de marquer, de créer et de récupérer. Le genre de profil qui devrait être indiscutable dans une liste pour une Coupe du monde. Et pourtant, Deschamps a dit non.
Pourquoi Deschamps a écarté Tolisso : l’explication par les profils
Pour comprendre le choix du sélectionneur, il faut regarder les cinq milieux retenus et ce qu’ils apportent chacun que Tolisso n’apporte pas, ou moins bien.
Tchouaméni (Real Madrid) est le milieu défensif de référence du groupe. Ses percentiles de construction sont stratosphériques : passes réceptionnées (87), précision passes (92), passes progressives (82), passes dernier tiers (97), interceptions PAdj (89), actions défensives réussies (94). Face à Tolisso, il domine sur tous les axes de construction propre et de récupération. Là où Tolisso est plus percutant offensivement (buts 99 vs 40, P.D attendues 92 vs 30), Tchouaméni est irremplaçable dans le registre du milieu défensif qui protège la défense. Deux profils différents, et Deschamps a opté pour la solidité.

Rabiot (AC Milan) apporte une complémentarité évidente avec son volume de courses progressives (78), ses actions défensives réussies (76), ses dribbles réussis (22) et ses passes progressives (86). Le radar comparatif Tolisso-Rabiot est équilibré : Tolisso domine sur les buts (90 vs 56) et les P.D attendues (65 vs 30), mais Rabiot reprend l’avantage sur la verticalité et le pressing. Physiquement, à 31 ans, Rabiot continue de couvrir des distances importantes. Les deux auraient pu coexister, mais Deschamps a tranché.

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Zaïre-Emery (PSG), 20 ans, apporte une dimension que Tolisso ne peut pas offrir : la précision passes (99), les passes dernier tiers (96), les passes réceptionnées (99) et les courses progressives (78). Un profil de métronome propre, qui construit par le sol et fait circuler le ballon à une vitesse que peu de milieux en Europe atteignent. C’est la projection sur l’avenir, et Deschamps a choisi d’investir sur la jeunesse.

Manu Koné (AS Roma) est le profil athlétique du groupe. Courses progressives (85), actions défensives réussies (87), précision passes (98), passes dernier tiers (88). Un milieu de récupération et de transition verticale qui fait une saison solide en Serie A. Là encore, un registre distinct de celui de Tolisso.

Kanté (Fenerbahçe), à 35 ans, reste le milieu le plus reconnu défensivement dans le monde du football. Deschamps lui fait confiance malgré son âge.

Tolisso vs les cinq : le tableau de bord complet
Le radar à quatre entre Tolisso, Rabiot, Koné et Tchouaméni est révélateur. Tolisso domine sur les buts (99) et les P.D attendues (92), ce qui lui donne une dimension offensive que les quatre autres n’ont pas au même niveau. Mais sur les critères de construction propre, de précision passes et de running défensif, il est largement en deçà de Tchouaméni (précision 32 vs 92) et de Koné (précision 32 vs 90).

Tolisso vs Zaïre-Emery : le fossé générationnel
Le radar comparatif entre Tolisso et Zaïre-Emery est le plus symbolique. Zaïre-Emery domine massivement sur la précision (99 vs 80), les passes dernier tiers (96 vs 82), les passes réceptionnées (99 vs 86) et les courses progressives (78 vs 15). Tolisso prend l’avantage sur les buts (90 vs 28) et les P.D attendues (65 vs 30). Le parisien est plus jeune, plus propre dans la circulation, plus vertical. Deschamps a clairement choisi la transition générationnelle sur ce poste. Il ne joue pas non plus dans la même équipe. Le lyonnais porte l’OL. Le parisien s’impose dans le onze.
Tolisso out chez les Bleus : Injuste mais cohérent
Tolisso peut avoir le sentiment d’être victime d’une logique qui le dépasse. Sa saison à Lyon méritait une convocation, et difficile de prétendre le contraire au regard de ses chiffres. Mais Deschamps a construit un groupe dont les cinq milieux couvrent des registres complémentaires : la récupération défensive (Tchouaméni, Kanté), le pressing et la verticalité (Rabiot, Koné) et la construction propre (Zaïre-Emery). Tolisso, excellent dans la création et le but, aurait apporté un doublon sur des axes déjà couverts, sans résoudre le déficit de précision qui caractérise son jeu.
À 32 ans, et avec le Mondial comme dernière fenêtre possible, l’absence fait mal. Mais les données plaident pour Deschamps. La créativité est laisse aux attaquants.
Source : DataScout


