Le barrage ASSE – Nice a provoqué des réactions vives dans les médias. Sur RMC, Daniel Riolo, Jean-Michel Larqué et Florent Gautreau ont livré leurs analyses sur la double confrontation, la gestion chaotique du calendrier par la LFP et les enjeux qui dépassent largement le simple maintien niçois. Trois regards différents, trois lectures complémentaires.
ASSE – Nice : Double coup dur pour les Aiglons avant les barrages
Avant ASSE – Nice, Daniel Riolo : « La LFP prie pour que ce soit Saint-Étienne qui monte »
Daniel Riolo ne mâche pas ses mots sur la gestion globale de la fin de saison par la LFP. Sur le fond du calendrier d’abord : « On a 18 équipes en L1 et on est encore emmerdé. On a décalé des matchs toute l’année. On dévalue la Coupe de France en plus. Il n’y a qu’à écouter les mots du président niçois. Tout est fait en dépit du bon sens. »
Sur le barrage ensuite, il dessine un tableau qui profite clairement aux Verts : « Si l’ASSE se prépare correctement et se trouve carrée dans les têtes, ils ont un avantage mental. L’autre côté c’est le bordel. Certains se demandent comment trouver une porte de sortie. Alors que du côté de Saint-Étienne c’est carré avec un nouvel actionnaire. »
Et Riolo enfonce le clou sur les intérêts économiques de Ligue 1+ dans cet enjeu : « À Ligue 1+, c’est un peu la panique car voir monter Troyes et Le Mans, tout en voyant descendre Nantes et peut-être Nice… On prie pour que ce soit Saint-Étienne qui monte car il y a beaucoup de gens qui suivent l’ASSE. La montée des Verts peut être un moteur d’abonnements. Mais c’est important d’avoir les gros clubs en Ligue 1 pour la vente des abonnements L1+. »
Le diffuseur a donc un intérêt économique direct dans ce barrage. Une pression supplémentaire sur les épaules niçoises, ou un aveu de plus sur l’instrumentalisation du football au profit des droits TV.
Larqué : « La marge de l’ASSE est de zéro »
Jean-Michel Larqué apporte la contradiction avec une franchise caractéristique. Sur la gestion institutionnelle d’abord, il rejoint Riolo dans la sévérité : « La Coupe du Monde s’est décidé il y a longtemps. Ce sont des incompétents qui les accumulent chaque semaine. Avec les diffuseurs, avec les calendriers. Ils se rendent compte aujourd’hui du problème de dates. Ils demandent des dérogations. J’ai rarement vu une bande d’incompétents pareils. »
Sur l’ASSE en revanche, il tempère l’enthousiasme ambiant : « Si les Stéphanois étaient si forts que ça, ils ne seraient pas en barrages. Ils ont souffert en L2 et face à Rodez. La marge de l’ASSE est de zéro. »
Un rappel utile. Les Verts ont arraché leur qualification contre Rodez aux tirs au but, dans un match où les Ruthénois n’ont pas démérité. Au contraire. L’avantage contextuel est réel, l’avantage sportif est bien moins évident.
ASSE – Nice barrage : le cauchemar qui hante les Aiglons
Gautreau : « Pour Nice, ça peut être catastrophique »
Florent Gautreau apporte une lecture plus structurelle du barrage. Pour lui, le format même de la double confrontation est historiquement défavorable au club de Ligue 2 : « Sur les barrages, c’est un rééquilibrage car tout est fait pour que ça tourne pour l’équipe de Ligue 1. C’est un fonctionnement anti-Ligue 2 pour une Ligue fermée. »
Mais cette fois, la configuration s’est retournée contre le système lui-même : « Quelque part, il se trouve que l’arroseur arrosé. Nice a d’autres objectifs. L’ASSE va avoir bien plus de jours de récupération. Je trouve que c’est un rééquilibrage qui est bienvenu par rapport à une Ligue 2 qui est mal lotie dans cette histoire. Pour Nice, ça peut être catastrophique. »
Un calendrier pensé pour avantager le club de Ligue 1 qui se retrouve finalement à désavantager Nice. La finale de Coupe de France, les internationaux à libérer, les trois matchs en six jours : tout converge contre les Aiglons.
ASSE – Nice : Trois regards, un constat commun
Riolo, Larqué et Gautreau ne s’accordent pas sur tout. L’un voit l’ASSE favorisée, l’autre rappelle ses limites, le troisième pointe les défaillances structurelles du système. Mais tous trois convergent sur un point : la LFP a mal géré son calendrier, et Nice paie le prix fort d’une accumulation de décisions incohérentes. Le barrage du 26 mai à Geoffroy-Guichard s’annonce donc comme le procès en direct d’une institution qui espère un seul verdict.
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