L’incident arbitral du barrage aller entre l’ASSE et Nice a fait parler dans les deux vestiaires après le coup de sifflet final. Sur une poussée dans le dos de Luan Gadegbeku à l’intérieur de la surface niçoise, M. Bastien a rendu une décision pour le moins inhabituelle, qui a nécessité une explication du quatrième arbitre au coach stéphanois Philippe Montanier.
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Première période. Luan Gadegbeku reçoit une poussée dans le dos à la limite de la surface de Nice. Le sifflet de M. Bastien retentit. Le geste est clair, la faute actée. La VAR intervient immédiatement et signale à l’arbitre que le contact s’est produit à l’intérieur de la surface, et non à l’extérieur comme il l’avait initialement estimé.
Le Chaudron se tend. Un penalty se profile. M. Bastien revient sur sa décision initiale mais ne siffle pas penalty, estimant que le contact est trop léger pour justifier l’attribution du point de réparation. Jusqu’ici, la décision est discutable mais compréhensible. Ce qui l’est moins, c’est la suite : l’arbitre annule le coup franc préalablement accordé à l’ASSE et remet le ballon à Nice pour une remise en jeu. Les Verts se retrouvent donc sans penalty, sans coup franc et sans ballon, après une faute pourtant initialement sifflée en leur faveur.
Montanier et Kanté donnent l’explication
En conférence de presse, Montanier a rapporté ce que le quatrième arbitre lui avait communiqué en bord de terrain : « Le quatrième arbitre m’a expliqué que l’arbitre principal avait vu qu’il y avait une faute. Une petite faute. Mais pas suffisante pour siffler un penalty. Puisque c’était dans la surface. Donc il a sifflé balle à terre. Ils connaissent mieux le règlement que moi. Finalement on a une petite faute, mais on n’a pas eu le ballon. Ils ont sûrement raison. M. Bastien est probablement le meilleur arbitre français. »
La formule finale de Montanier dit beaucoup sans rien dire. La diplomatie d’un coach qui a compris qu’il n’obtiendrait rien de plus.
Dans le vestiaire, Abdoulaye Kanté a confirmé la même version : « Le coach nous a expliqué que l’arbitre lui a expliqué qu’en première période il y avait une petite faute dans la surface. Et que dans le règlement, quand tu as une petite faute dans la surface, on fait balle à terre. »
Une règle qui existe, une application qui surprend
La règle de la balle à terre figure bien dans le règlement FIFA. Elle s’applique lorsqu’un contact est jugé insuffisamment intentionnel ou trop léger pour constituer une faute franche, permettant à l’arbitre d’interrompre le jeu sans pénaliser l’une ou l’autre équipe. Dans ce cas précis, la remise en jeu revient en principe à l’équipe qui subissait le contact.
Ce qui surprend ici, c’est la mécanique dans son ensemble. Siffler d’abord, laisser la VAR intervenir, puis annuler le coup franc pour ordonner une balle à terre rendue à l’équipe qui commettait la faute : la séquence reste rare, peu lisible pour les joueurs et les spectateurs, et difficilement acceptable pour un club qui voit un avantage potentiel disparaître sans explication visible depuis le terrain.
L’ASSE repart à Nice vendredi soir sans avoir bénéficié de cette action. Ce qui est sûr, c’est que sur les 90 prochaines minutes à l’Allianz Riviera, les Verts n’auront pas le droit à ce genre de frustration.
Source : conférences de presse d’après-match


