Éric Roy est décédé le 17 juin d’un cancer du pancréas. Brest devait tourner la page vite, dans la douleur. Le choix s’est porté sur Julien Lachuer, adjoint de Roy depuis trois ans et demi. Pas un choix par défaut : quatre raisons solides ont orienté la décision des dirigeants finistériens.
1. L’économie d’abord à Brest
Brest sort de sa campagne de Ligue des champions 2024-2025, mais la manne s’épuise. Le club cherche des investisseurs, n’a toujours pas remplacé son directeur sportif Grégory Lorenzi parti à l’OM, et doit gérer une masse salariale déjà chargée. Faire venir un entraîneur extérieur, c’est négocier un salaire supérieur et, dans la quasi-totalité des cas, accueillir un staff complet avec lui. Or Bruno Grougi, les deux préparateurs physiques et l’entraîneur des gardiens sont tous sous contrat. Lachuer règle le problème sans en créer de nouveau.
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2. Vingt ans de maison
Julien Lachuer, 49 ans, a tout connu au Stade Brestois. Gardien de 2005 à 2010, entraîneur spécifique des portiers de 2010 à 2022, intérim de direction en octobre 2022 après la mise à l’écart de Michel Der Zakarian, adjoint depuis trois ans et demi. Deux décennies passées dans le même club, c’est une connaissance intime du vestiaire, des joueurs, de la culture interne. Dans un moment de deuil et d’incertitude, cette continuité avait une valeur que personne d’extérieur ne pouvait offrir.
3. Le BEPF et la légitimité tactique
Brest avait inscrit l’un de ses techniciens au BEPF, le diplôme d’entraîneur professionnel le plus exigeant du football français. C’est Lachuer qui a été choisi, préféré à Grougi. Diplômé en mai 2025, il a fait impression auprès de ses formateurs. Sur le terrain, Roy lui avait progressivement confié l’animation des séances et le travail tactique des défenseurs. Les conférences de presse, il les assurait aussi. La promotion n’est pas une surprise à Brest.
4. Un homme déjà dans le rôle à Brest
Au gré des suspensions d’Éric Roy, Lachuer a dirigé Brest en match à plusieurs reprises. Il connaît la pression du bord de touche au plus haut niveau, il a géré des médias, il a pris des décisions en temps réel. Ce n’est pas une première fois déguisée en promotion : c’est une confirmation. « C’était très clair, ça m’intéressait d’avoir la possibilité d’être un adjoint actif », confiait-il en octobre 2024. L’adjoint actif devient entraîneur principal. La huitième saison consécutive en Ligue 1 du Stade Brestois, un record, se prépare sous sa direction dès le 2 juillet.
Lachuer reste un pari low-cost
Reste que le choix est un pari. Lachuer n’a jamais été numéro 1 sur une saison pleine, dans un club en Ligue 1, face à la pression d’un résultat à produire chaque semaine. Être un adjoint brillant et reconnu ne garantit rien quand on passe de l’autre côté. Brest aborde sa huitième saison consécutive dans l’élite sans directeur sportif, avec des finances sous tension et un effectif qui devra être remanié. L’héritage d’Éric Roy est immense, la marge d’erreur très réduite. Lachuer a les cartes en main pour réussir. Il devra désormais les jouer seul.


