Olivier Pantaloni tient la corde pour le banc du RC Lens. Le Corse retrouverait Jean-Louis Leca, qu’il connaît bien, et surtout Yannick Cahuzac, son adjoint annoncé dont le duo avec lui a parfaitement fonctionné au Moustoir. Sur le papier, la continuité est séduisante et a du sens. Mais quand les données Data’Scout comparent le style de jeu de Lorient et celui de Lens, le doute s’installe.
Pantaloni est un entraîneur solide, expérimenté, qui a su maintenir Lorient en Ligue 1 pendant sept saisons avec des moyens modestes. Son bilan parle pour lui. Et il est libre de tout contrat. Alors forcément, son arrivée à Lens trouve sa logique. Mais Lens n’est pas Lorient. Et le radar Data’Scout le dit sans équivoque.
Deux footballs radicalement différents
Le Lorient de Pantaloni cette saison : bloc bas à 86 de centile, pressing à 8, intensité à 26, possession à 29. Un football de survie assumé, vertical par séquences, organisé défensivement, qui vit sans le ballon. C’est ce que Pantaloni sait faire mieux que quiconque avec peu de moyens.
Le Lens de Pierre Sage : possession à 61, résistance au pressing à 74, verticalité à 61, jeu long à 61, centres à 89, intensité à 98, endurance à 94, pressing à 55, agressivité à 56. C’est un football complètement différent. Dominant, physique, intense, construit sur la possession et la récupération haute. Lens joue au football, Lorient subit plus et contre-attaque.
L’écart sur l’intensité est particulièrement éloquent : 26 pour Lorient contre 98 pour Lens. Sur le pressing : 8 contre 55. Pantaloni arrive dans un club qui fonctionne à l’exact opposé de ce qu’il a pratiqué.

Pantaloni à Lens ? Les arguments qui minimisent le doute
Deux éléments tempèrent l’inquiétude. D’abord, Pantaloni n’aura pas le même effectif. À Lorient, il gérait un groupe qui venait de monter en Ligue 1. À Lens, les joueurs ont le niveau pour imposer un pressing haut, tenir l’intensité sur 90 minutes, jouer vers l’avant. Le style de jeu dépend aussi des hommes disponibles.
Ensuite, il connaît le 3-4-2-1 qui a fait les beaux jours lensois sous Pierre Sage. Tactiquement, il n’a pas à réinventer la roue. La structure existe, les automatismes sont là. Son rôle sera de les entretenir et de les faire évoluer, pas de tout reconstruire.
Ce qui peut inquièter Lens
Les départs potentiels fragilisent le raisonnement. Malang Sarr en fin de contrat, annoncé partant. Sangaré et Thomasson, les deux moteurs du collectif lensois, ne seront a priori plus là. Si Lens perd son armature physique et technique en même temps qu’il change d’entraîneur, la transition devient périlleuse.
Et puis il y a la Ligue des champions. Olivier Pantaloni n’a jamais connu l’Europe. Un calendrier compressé, des déplacements en semaine, une gestion du groupe sur plusieurs fronts simultanément. C’est une dimension nouvelle pour un entraîneur habitué à ne gérer qu’un seul objectif à la fois.
Pantaloni à Lens, erreur de casting ? Pas forcément. Mais un pari bien plus risqué que ce que sa nomination en pole position laisse entendre.
Source : Data’Scout (datascout.pro)


