Monaco : « Claudio Ranieri ? C’est le meilleur entraîneur que j’ai eu »

par | Juil 26, 2026 | Monaco

Monaco « Ranieri, le meilleur entraîneur que j'ai eu »

Au cours de sa carrière, Dennis Appiah a travaillé avec de nombreux entraîneurs. Patrice Garande, Christian Gourcuff, Antoine Kombouaré, Raymond Domenech, Laurent Batlles ou encore Olivier Dall’Oglio et Eirik Horneland ont marqué son parcours. Pourtant, lorsqu’on lui demande de désigner celui qui l’a le plus impressionné, l’ancien défenseur de l’AS Monaco ne réfléchit pas longtemps. Pour lui, Claudio Ranieri reste tout simplement le meilleur coach qu’il ait connu. Un choix d’autant plus étonnant que le technicien italien ne lui a offert qu’un temps de jeu limité. Une preuve que l’influence d’un entraîneur ne se mesure pas uniquement au nombre de matches disputés.

Dans le football, les plus beaux hommages viennent parfois des joueurs qui ont le moins joué. Dennis Appiah en apporte une nouvelle illustration en évoquant Claudio Ranieri. Sous les ordres du technicien italien, le défenseur n’a disputé qu’une poignée de rencontres lors de la saison 2012-2013, celle qui a permis à l’AS Monaco de retrouver la Ligue 1. Pourtant, plus de dix ans plus tard, il continue de placer l’ancien entraîneur de Leicester tout en haut de sa hiérarchie personnelle.

« Franchement, c’est sans doute le meilleur entraîneur que j’ai eu. » Une déclaration forte, assumée, qui résume à elle seule l’admiration qu’il conserve pour celui qui a profondément marqué ses débuts professionnels.

Une rencontre au moment où Monaco renaît

Lorsque Claudio Ranieri arrive sur le Rocher à l’été 2012, l’AS Monaco n’est plus le géant qu’elle fut. Relégué en Ligue 2 un an plus tôt, le club entame un nouveau cycle porté par l’arrivée de Dmitri Rybolovlev. L’objectif est clair : retrouver immédiatement l’élite avant de bâtir un projet capable de rivaliser avec les plus grands clubs européens.

Dennis Appiah sort alors d’une période particulièrement compliquée. Une opération des ischio-jambiers freine brutalement sa progression et l’empêche d’enchaîner les matches. Alors que Monaco empile les recrues expérimentées, le jeune défenseur formé au club doit patienter.

Il reconnaît d’ailleurs qu’il n’a « pas beaucoup joué » sous les ordres de Ranieri. Pourtant, jamais il n’a ressenti la moindre forme de mise à l’écart. C’est précisément ce qui l’a marqué.

Ranieri ? « Il avait une classe incroyable »

Lorsqu’il évoque Claudio Ranieri, Dennis Appiah ne parle pas d’abord de tactique. Il parle d’homme. Pour lui, le technicien italien possédait une élégance naturelle qui imposait immédiatement le respect. « Il avait une classe incroyable. »

L’ancien Stéphanois explique que le palmarès de Ranieri suffisait à inspirer l’ensemble du vestiaire. Mais derrière cette image d’entraîneur mondialement reconnu se cachait une personnalité beaucoup plus accessible.

« Il parlait avec tout le monde. Il prenait le temps avec chaque joueur. »

Dans un effectif où cohabitaient jeunes issus du centre de formation et joueurs confirmés, personne n’était laissé de côté. Même les éléments les moins utilisés bénéficiaient de la même attention.

Pour Dennis Appiah, cette capacité à considérer chaque membre du groupe sur un pied d’égalité représente l’une des plus grandes qualités du technicien italien.

Exigeant sans jamais humilier à Monaco

Au fil de sa carrière, Dennis Appiah a découvert des méthodes très différentes. Certains entraîneurs privilégient la confrontation.

D’autres choisissent la proximité. Ranieri, lui, semblait trouver un équilibre rare entre exigence et bienveillance.

« Il était exigeant sur le terrain, mais en dehors c’était un vrai déconneur. »

Cette double facette a profondément marqué le défenseur. L’Italien savait hausser le ton lorsque la situation l’imposait, tout en créant une atmosphère détendue une fois les séances terminées.

Pour un jeune joueur qui découvrait progressivement le haut niveau, cet environnement constituait un formidable terrain d’apprentissage.

Un regret à Monaco qui le poursuit encore

Avec le recul, Dennis Appiah nourrit pourtant un petit regret. Celui de ne pas avoir davantage échangé avec Claudio Ranieri.

À l’époque, le jeune défenseur accepte naturellement la hiérarchie. Aujourd’hui, il estime qu’il aurait dû profiter de la présence d’un entraîneur de ce calibre pour poser davantage de questions.

Comprendre ce qui lui manquait. Identifier les axes de progression.

Chercher à gagner les quelques pourcentages qui lui auraient peut-être permis de s’imposer plus rapidement. Cette réflexion illustre aussi la maturité acquise au fil des années.

Comme beaucoup de jeunes joueurs, Dennis Appiah explique qu’il n’osait pas toujours solliciter son entraîneur.

Avec l’expérience, il considère désormais que le dialogue constitue un élément essentiel de la progression.

Une scène qu’il n’a jamais oubliée à Monaco

S’il garde un souvenir aussi fort de Claudio Ranieri, c’est aussi grâce à un épisode survenu plusieurs années après leur collaboration.

Le défenseur évolue alors à Anderlecht. Son ancien entraîneur dirige Leicester City. Les deux équipes effectuent leur préparation estivale dans le même hôtel.

Dennis Appiah ne s’attend pas à attirer l’attention du technicien italien. Après tout, il n’avait disputé que quelques rencontres sous ses ordres.

Pourtant, la réaction de Ranieri le laisse sans voix. « Il m’a reconnu immédiatement. »

L’ancien entraîneur de Monaco s’approche spontanément de son ancien joueur. Il le serre dans ses bras. Lui demande comment il va. S’intéresse à son parcours.

Pour Dennis Appiah, ce simple échange résume parfaitement le personnage. « Je pensais qu’il m’avait oublié. »

Au contraire. Plusieurs années après, Claudio Ranieri se souvenait encore du jeune défenseur formé à Monaco. Une attention qui touche profondément l’ancien Stéphanois.

Le management avant la tactique

Lorsque Dennis Appiah analyse aujourd’hui les raisons qui font de Claudio Ranieri le meilleur entraîneur de sa carrière, il ne parle presque jamais de schémas tactiques.

Ce qui l’a marqué, c’est avant tout le management. La capacité à créer un groupe. À valoriser chaque joueur. À instaurer un climat de confiance sans renoncer à l’exigence.

Une qualité qui se retrouvera d’ailleurs quelques années plus tard à Leicester, lorsque Ranieri conduira contre toute attente les Foxes au titre de champion d’Angleterre.

Pour Dennis Appiah, cet exploit n’a finalement rien d’un hasard. Le technicien italien possédait déjà cette faculté rare de convaincre chacun qu’il avait un rôle important à jouer.

Une leçon qui l’accompagne encore

Aujourd’hui âgé de 34 ans, Dennis Appiah regarde son parcours avec beaucoup de recul. Champion de Ligue 2 avec Monaco. Champion de Belgique avec Anderlecht.

Vainqueur de la Coupe de France avec Nantes. Acteur de la remontée de l’AS Saint-Étienne en Ligue 1. À chaque étape, il a croisé des entraîneurs aux personnalités très différentes.

Pourtant, lorsqu’il s’agit d’en retenir un seul, son choix reste inchangé. Parce qu’il savait parler à ses joueurs. Parce qu’il respectait chacun d’eux. Parce qu’il n’oubliait personne, même plusieurs années après.

« Franchement, c’est sans doute le meilleur entraîneur que j’ai eu. » Une phrase simple. Mais venant d’un joueur qui n’a pourtant jamais été titulaire indiscutable sous ses ordres, elle en dit probablement beaucoup plus sur Claudio Ranieri que n’importe quel palmarès.

Source : entretien de Dennis Appiah pour AddictoFoot

 

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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