Le match entre Nantes et Toulouse n’ira pas à son terme. Dimanche soir à la Beaujoire, des scènes de chaos ont forcé l’arbitre Stéphanie Frappart à interrompre définitivement la rencontre. Le FC Nantes, déjà relégué, risque désormais de payer une addition très salée devant la commission de discipline de la LFP.
Les Kita ont détruit le FC Nantes, et ce n’est peut-être pas fini
La Beaujoire bascule dans le chaos
L’ambiance était explosive avant même le coup d’envoi. Relégué en Ligue 2 depuis une semaine, Nantes recevait Toulouse dans un contexte de tension extrême. La Tribune Loire a rapidement affiché sa colère via des banderoles hostiles à la direction. Puis tout a dégénéré : fumigènes sur la pelouse, tentatives d’envahissement du terrain, affrontements entre groupes cagoulés et forces de l’ordre. Des sièges arrachés ont été projetés en direction des CRS, initialement mal positionnés autour du virage. Frappart a renvoyé les deux équipes aux vestiaires. Le match n’a jamais repris.
Selon plusieurs témoins présents dans l’enceinte, certains joueurs nantais auraient demandé à leurs proches de quitter le stade par mesure de sécurité. Une cellule de crise impliquant la LFP et les autorités a été constituée avant que l’arrêt définitif ne soit officialisé.
Le spectre du barrage ASSE – Auxerre de 2022
Le précédent est immédiatement revenu dans tous les esprits. Le 29 mai 2022, après la relégation de Saint-Étienne face à Auxerre à Geoffroy-Guichard, des centaines de supporters avaient envahi la pelouse, des mortiers et fumigènes avaient été tirés dans plusieurs secteurs. La commission de discipline avait parlé d’une situation où le football français était passé « proche d’un drame ». La sanction avait été historique : trois points fermes retirés, trois avec sursis, quatre matches à huis clos ferme.
Les éléments aggravants retenus à l’époque contre l’ASSE se retrouvent déjà dans les premiers témoignages de dimanche soir : envahissement de terrain, violences, tirs de projectiles, contexte général d’insécurité. La différence majeure avec 2022 : à Nantes, le match a été définitivement arrêté en cours de jeu, un précédent rarissime à ce niveau du football français. De quoi potentiellement durcir encore l’appréciation de la commission.
Nantes : Halilhodzic seul face à la tempête
Au milieu du chaos, une image s’est imposée. Vahid Halilhodzic, 74 ans, dirigeait dimanche le dernier match de sa carrière d’entraîneur. Il est resté seul plusieurs minutes au bord de la pelouse, face aux supporters déchaînés. Très affecté émotionnellement, il aurait même voulu aller leur parler directement avant d’en être empêché par les stadiers. Une fin de carrière que le technicien bosnien n’imaginait certainement pas.
Des sanctions lourdes en perspective pour Nantes
Dans un contexte général de durcissement de la LFP face aux violences dans les stades, le FC Nantes aborde cette comparution avec beaucoup d’inquiétude. Le cas nantais n’est pas isolé : Metz a lui aussi connu une interruption temporaire face à Lorient après des jets de fumigènes à Saint-Symphorien ces dernières semaines. Mais les scènes de la Beaujoire semblent d’une gravité nettement supérieure.
La relégation sportive du FC Nantes était déjà actée. La commission de discipline pourrait bien y ajouter des sanctions administratives et financières significatives. Le club descend en Ligue 2. Il pourrait y descendre handicapé.

