À 41 ans, Dante s’apprête à vivre l’un des matchs les plus chargés en émotion de sa carrière. Le capitaine de Nice a pris la parole ce jeudi avec conviction. Pas de discours défensif, pas de peur affichée. Un appel au lâcher-prise, à la dignité, et une déclaration d’amour à peine voilée à ses supporters qu’il ne reverra pas avant longtemps dans les tribunes.
Dante : Le barrage n’est pas une punition, c’est une chance
Dante a senti quelque chose dans le groupe après la finale de Coupe de France contre Lens. Une baisse de régime, un relâchement de la confiance difficile à expliquer rationnellement. Il l’a dit sans détour. « Tout le monde a pensé que la finale était un cadeau, que c’était beau. Mais pourquoi, trois ou quatre jours après, pas mal de choses ont changé dans le comportement et la confiance ? »
Sa réponse à cette question est tranchante. Le barrage contre Saint-Étienne n’est pas une descente aux enfers après la fête parisienne. C’est une autre opportunité. « La finale à Paris était un cadeau, mais le maintien contre Saint-Étienne, ce n’est pas une punition ! C’est aussi un cadeau de pouvoir jouer des matchs si importants. » Un recadrage mental fort, destiné autant à ses coéquipiers qu’à l’extérieur.
Se lâcher, ou subir de toute façon
Le Brésilien a résumé sa philosophie du moment en quelques mots qui sonnent comme une évidence. « Le résultat sera à la fin, avec ou sans peur, avec ou sans crainte. Donc il faut se lâcher ! » Jouer crispé à Saint-Étienne n’a pas empêché le 0-0, mais n’a pas non plus permis à Nice d’exister. Vendredi, à domicile, avec la qualification à portée, il n’y a plus de raison de se retenir.
Il pose aussi la responsabilité collective en termes clairs : « Il faut trouver le bon équilibre entre la responsabilité, la tension et la pression. Que l’on finisse dignes des joueurs que nous sommes, dignes pour le club, pour les supporters, pour les salariés. » La dignité comme boussole. Un mot qui revient deux fois dans son discours, et qui dit beaucoup sur l’état d’esprit qu’il veut insuffler au groupe.
Un message d’amour pour ses supporters absents
Le huis clos touche Dante personnellement, au-delà du sportif. Dix ans de carrière à Nice, dix ans de relation construite avec un public qui l’a adopté comme l’un des siens. Vendredi, ces tribunes seront vides. « Ça me touche de finir dans un stade vide. Je voulais être avec les supporters, avec ces gens qui m’ont rendu tellement heureux ces dix dernières années. »
Il leur adresse un message direct, sincère, sans calcul. « Je les remercie pour leur respect et leur reconnaissance. S’il faut, je reviendrai pour les revoir, j’irai voir un match dans la Sud pour fêter tout ça. Ils ont été très importants pour moi. » Une phrase qui ressemble à des adieux, prononcés avec la sérénité d’un homme qui sait ce qu’il a accompli.
Vendredi soir, Dante jouera son dernier match sous le maillot niçois. Il veut que ce soit le plus beau.


