Grégory Lorenzi a signé ce jeudi à l’OM. CDI, philosophie de construction, budget contraint. Le nouveau directeur sportif marseillais a livré sa vision à L’Équipe. Ses mots résument mieux que n’importe quelle analyse ce qui attend le club phocéen cet été.
OM : Richard pose le cadre
Le président Stéphane Richard n’a pas choisi Lorenzi par hasard. Il a expliqué pourquoi en quelques phrases qui sonnent comme une rupture assumée avec l’ère précédente.
« Greg est resté dix ans dans son dernier club, c’est un aspect important pour moi qui veux lancer une ère plus stable. Il a montré à Brest qu’il savait construire un effectif performant avec très peu de moyens, en développant des joueurs pour leur faire prendre de la valeur. Son parcours et sa personnalité font qu’il s’est imposé rapidement comme le bon profil. Il est important de pouvoir s’appuyer sur quelqu’un de posé, très estimé dans le milieu, et qui a une connaissance très fine de la L1. »
OM : actualité, mercato, transferts et infos
Sur la situation financière du club, Richard ne cherche pas à habiller la réalité : « Les instances de régulation nous forcent à changer de train de vie. Chacun voit bien au regard des chiffres publiés qu’on n’est pas exactement dans les clous. J’hérite d’une situation qui n’est pas idéale mais c’est ainsi. L’esprit, c’est de faire du mieux possible compte tenu des contraintes imposées par les régulateurs. »
Grégory Lorenzi fixe sa méthode
Le nouveau directeur sportif a été direct sur ce qui l’attend et sur comment il compte l’aborder.
« L’OM est un club historique, très spécial, très populaire, très excitant. À nous de trouver le meilleur équilibre entre le projet sportif et notre réalité économique. L’objectif est de retrouver de la sérénité et de la stabilité. J’ai à bâtir une nouvelle équipe pour recréer une synergie, un groupe, un état d’esprit. »
Sur le recrutement, la philosophie est claire et tranche avec les années Benatia : « Il va falloir être un petit peu plus inventif dans le recrutement. Je privilégie le collectif. Il va falloir réussir à aller chercher des joueurs capables de créer une connexion, une identité. Des joueurs qui vont se battre sur le terrain, et auxquels les supporters vont pouvoir s’identifier, en incluant aussi le centre de formation, avec quelques jeunes qui émergent pour les développer et éventuellement avoir des retours sur investissement à plus long terme. »
Il assume aussi de ne pas répliquer la méthode brestoise à l’identique : « Si on a fait appel à moi, c’est pour essayer de faire ce que je fais, sans changer ma nature. Mais c’est aussi à moi de m’adapter à un contexte qui est complètement différent. Je ne vais pas faire du Brest à Marseille. »
Greenwood et la suite
Sur Mason Greenwood, plus grosse valeur marchande de l’effectif, Lorenzi ne ferme aucune porte : « Il fait partie des joueurs qui font l’objet d’une grande réflexion. S’il y a une opportunité qui se présente, forcément, elle sera à réfléchir. Mais il y a la position du club, celle du joueur, c’est aussi à nous de le gérer en interne et de trouver la meilleure solution possible pour toutes les parties. »
Et sur les garanties qu’il a réclamées, ou plutôt pas réclamées, avant de signer : « Si on n’est pas capable de savoir que ça peut s’arrêter quand les résultats ne sont pas là, on ne vient pas à l’OM. Sinon, je serais resté dans un club avec moins de moyens, moins de contraintes, moins de pression, et j’aurais eu ma tranquillité. »
Le ton est donné.


