Stade Rennais : Le paradoxe Ludovic Blas sous Franck Haise
Stade Rennais : 84 sur son profil Mezzala la saison dernière, l’un des meilleurs de Ligue 1. 135 minutes jouées après trois journées cette saison. Entre ces deux chiffres, il y a Ludovic Blas, et une histoire de confiance qui ne suffit pas encore à lui rendre sa place. Pour l’instant…
Un joueur peut-il être à la fois indispensable dans le discours de son entraîneur et invisible sur la feuille de match ? C’est la situation qu’incarne aujourd’hui Ludovic Blas à Rennes. La data de la saison passée ne laisse pourtant aucun doute sur son niveau : deuxième de Ligue 1 sur le profil « Mezzala » avec un indice de 84, neuvième sur « Milieu box-to-box » avec 78. Un 85 signifiant que le joueur surperforme 85 % des ailiers des cinq grands championnats par 90 minutes, ces scores le plaçaient parmi les tout meilleurs créateurs du championnat, avec 99 sur la xA et 91 sur les passes clés. Cette saison, à peine trois apparitions et 135 minutes de jeu cumulées après trois journées de L1. Le rôle a changé, la valeur du joueur, elle, semble intacte.
Stade Rennais : Resté malgré un mercato agité
Le paradoxe s’explique en partie par un été mouvementé. Le directeur sportif Loïc Désiré avait laissé entendre en juin ne pas envisager de prolonger un joueur en fin de contrat en 2027, et des touches venues d’Espagne avaient circulé. Blas n’a pourtant jamais bougé, fermant lui-même la porte à tout départ. Un choix personnel qui tranche avec le sort réservé à d’autres joueurs dans sa situation contractuelle ailleurs en Ligue 1, et qui s’explique moins par un attachement au club que par la relation nouée avec un homme en particulier : son entraîneur.
Une confiance qui fonctionne dans les deux sens
Cette relation remonte à février, quand Franck Haise avait sorti Blas du placard dans lequel l’avait relégué Habib Beye. Le joueur fonctionne à l’affectif, il le reconnaît lui-même : quand on lui fait confiance, il rend la pareille sur le terrain. Haise, de son côté, loue une polyvalence rare, la capacité du joueur à occuper plusieurs postes et à courir autant qu’un profil plus défensif, en s’appuyant justement sur la data pour objectiver ce qu’il observe à l’entraînement. Un entraîneur qui dit ne jamais avoir envisagé de se séparer de lui, y compris pendant les semaines où le club aurait pu accepter une offre.
Alors pourquoi si peu de temps de jeu ?
C’est là que le discours et les faits divergent encore. Si Haise assure vouloir faire jaillir le meilleur Blas plus régulièrement, il pointe aussi les axes d’amélioration attendus : plus de justesse, plus d’impact dans les zones décisives, plus de régularité. Des attentes qui, en creux, expliquent peut-être pourquoi le numéro 10 reste pour l’instant cantonné à un rôle de remplaçant de luxe. La polyvalence vantée par son entraîneur, capable de jouer à droite de l’attaque, dans l’entrejeu ou dans un registre hybride comme à Angers, joue peut-être aussi contre lui : un joueur qui peut dépanner partout finit parfois par ne s’imposer nulle part.
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Prochain défi: l’OM et Bruno Genesio
La réception de l’Olympique de Marseille ce vendredi offre un symbole particulier à ce dossier. Blas y recroisera Bruno Genesio, l’entraîneur sous lequel il avait signé à Rennes en 2023 et dont il reste, au sein de l’effectif, le dernier vestige. Une rencontre qui tombe au moment où se pose la question d’une éventuelle prolongation, entre un club qui ne veut pas le perdre libre l’été prochain et un joueur qui, pour l’instant, préfère éluder le sujet pour se concentrer sur l’essentiel : redevenir indispensable sur le terrain, pas seulement dans les mots de son coach.
Stade Rennais : Cinquième meilleur buteur actif, encore trop peu utilisé
Le chiffre mérite d’être rappelé pour mesurer l’incongruité de la situation : avec 53 buts en 327 matches de Ligue 1, Ludovic Blas reste le cinquième meilleur buteur actif du championnat. Un total qui n’a pas empêché son entraîneur de le laisser sur le banc l’essentiel de ce début de saison. Le retour de la Coupe d’Europe à Rennes pourrait bien constituer l’occasion de lui redonner l’espace nécessaire pour que la confiance affichée par Haise se traduise enfin en minutes sur le terrain.
Source : Ouest-France, Data’Scout