ASSE : « C’est la première fois que je sens ça »
Un but en volée qui a électrisé Geoffroy-Guichard, une saison exceptionnelle malgré les mises en garde, et une relation quasi fusionnelle avec son entraîneur : Maxime Bernauer s’est livré sans filtre sur ce début d’exercice hors norme avec l’ASSE.
Auteur d’une réalisation spectaculaire face à Montpellier samedi dernier, Maxime Bernauer garde un souvenir intact de cet instant de grâce. « C’était la première fois que je vivais ça. C’est un sentiment vraiment plaisant », confie le défenseur stéphanois, qui a savouré cette explosion de joie rare pour un défenseur. « J’ai compris un peu ce que peuvent vivre les attaquants, surtout dans ce stade-là. Après, c’est le but qu’on rêve tous de mettre un jour dans une ambiance comme ça, dans un stade comme ça. » Un moment rendu encore plus symbolique par le contexte du jour. « En plus, c’était le jour où tous les supporters revenaient au stade. Il y avait tout pour que ça soit un bon moment. »
Ce que confirme la data sur ce début de saison
Les chiffres Data’Scout viennent illustrer avec précision cette montée en puissance. Sur cinq matches à 88 minutes de moyenne, Bernauer affiche un indice de performance de 51 sur le profil « Meneur de jeu en retrait », huitième de Ligue 2, et 50 sur « Latéral intérieur », dixième du championnat, confirmant la polyvalence qu’il revendique lui-même. Le détail de sa contribution offensive interpelle particulièrement pour un défenseur : 94 sur les passes dans le dernier tiers, un score quasiment parfait, complété par 100 sur les passes réceptionnées, les passes réussies et les passes en avant, ainsi que 85 sur les passes progressives. Des chiffres qui traduisent une propreté technique rare dans la construction du jeu stéphanois. Sur le plan offensif pur, son but face à Montpellier n’a rien d’un coup isolé au regard de son activité, avec 60 sur les courses progressives et 30 sur les dribbles tentés, un profil qui n’hésite pas à se projeter vers l’avant. Seule ombre au tableau, un volume défensif encore perfectible avec 46 % de duels défensifs gagnés et 17 sur les interceptions, ainsi qu’une pointe de vitesse limitée, 15 sur le nombre de sprints. Ses profils similaires, Lucas Hernández au PSG, Clément Arcus à Angers et Noussair Mazraoui à Manchester United, tous trois crédités de 73 % de similarité, confirment un registre de défenseur polyvalent et technique, davantage porté sur la relance et la construction que sur l’engagement
ASSE : Une prudence assumée malgré le sans-faute
Malgré cinq victoires en cinq journées, Bernauer refuse de s’enflammer et rappelle les leçons du passé récent. « Il faut rester froids, c’est notre devoir. Ça ne fait que cinq matches. L’année dernière, on avait pris 17 sur 21. Ça ne nous a pas amenés en Ligue 1 », prévient-il, lucide sur la fragilité des débuts de saison réussis. Il souligne néanmoins un état d’esprit collectif différent des saisons précédentes. « Je trouve qu’on est tous sur la même longueur d’onde. Il n’y a vraiment personne qui s’enflamme. C’est la première fois que je sens ça. Personne n’est rassasié. »
Une saison passée marquée par la souffrance
Ce regain de forme intervient après un exercice précédent compliqué, plombé par une blessure au ménisque qui l’a longuement tenu éloigné des terrains. « Ça a été dur, d’une part, parce que j’ai joué presque deux mois blessé sans que personne ne le sache. Un jour, ça allait, un autre pas du tout, des fois même le jour du match », se souvient le défenseur de 28 ans, qui a dû apprendre à composer avec cette incertitude physique constante. « Il a fallu apprendre à gérer ses émotions, à se focaliser sur le travail et essayer de douter le moins possible, de garder la confiance en soi. »
Une polyvalence assumée et valorisée
Formé au poste de défenseur central et habitué à évoluer latéral droit, Bernauer a également dépanné cette saison au milieu défensif et même à l’arrière gauche, une flexibilité qu’il attribue en grande partie à la gestion de son entraîneur. « Je suis à l’aise partout. Mais parce que le coach a aussi l’intelligence de nous laisser jouer sur nos points forts. Il ne va pas me demander de jouer comme un latéral classique, par exemple », explique-t-il, saluant une approche individualisée plutôt qu’un simple bouche-trou tactique.
ASSE : Un carnet de notes pour Ian Cathro
Passionné de football et déjà tourné vers un possible avenir d’entraîneur, Bernauer confie même avoir ressorti son carnet personnel pour consigner les enseignements tirés de son travail avec Ian Cathro. « Quand on a une connexion comme ça avec un coach, qu’on est autant stimulé intellectuellement chaque jour, ça donne envie de noter des choses », révèle-t-il, avant de dresser un portrait élogieux du technicien écossais. « Je pense que c’est quelqu’un de très, très intelligent, qui arrive à cerner très facilement les hommes et les joueurs. Il a une facilité d’adaptation pour tirer le maximum du potentiel de chacun assez rapidement. »
ASSE : Une nouvelle recrue débarque pleine d’ambitions
Une admiration qui dépasse le seul aspect tactique
Au-delà des principes de jeu, c’est la dimension humaine du travail de Cathro qui semble avoir le plus marqué le défenseur stéphanois. « Dans le jeu, il a ses principes et c’est très moderne, très pointilleux. Et humainement aussi, c’est brillant », conclut Bernauer, visiblement conquis par la méthode de son entraîneur depuis le début de la saison. Une alchimie qui semble porter ses fruits collectivement, alors que l’ASSE poursuit son parcours parfait en Ligue 2.
Source : L’Equipe