ASSE Les coulisses internes sous Kilmer Sports dévoilées

Un an et demi après son limogeage, Olivier Dall’Oglio a levé le voile sur la mécanique de décision au sein de l’ASSE version Kilmer Sports Ventures. Entre avis consultatif et pouvoir réel, le témoignage de l’ancien entraîneur stéphanois éclaire un fonctionnement encore mal connu du grand public.

Premier technicien à avoir dirigé l’ASSE sous l’ère Kilmer, avant Eirik Horneland, Philippe Montanier puis Ian Cathro, Olivier Dall’Oglio a livré à Poteaux Carrés un témoignage détaillé sur son rôle dans la construction de l’effectif. Sa description tranche avec l’idée d’un coach aux commandes du recrutement : « De moins en moins les coachs sont concernés, on les met de plus en plus de côté », explique-t-il, avant de préciser avoir personnellement tenu à s’impliquer, y compris pendant ses vacances.

Une méthode structurée, un pouvoir de décision limité

Le processus décrit par l’ancien entraîneur suit un schéma précis : réception de listes de joueurs classés par poste, analyse vidéo avec le staff technique, puis remise d’un avis hiérarchisé aux dirigeants. « On avait aussi des données physiques des joueurs, aujourd’hui on a beaucoup de renseignements. Après c’était aussi intéressant de se renseigner sur la mentalité des joueurs donc ça on le faisait avec Perrin », détaille-t-il. Mais la décision finale échappait systématiquement à son staff. « Au final ce sont les dirigeants qui décident. On participe, on donne notre avis mais au bout du compte on n’a aucun pouvoir décisionnaire », résume-t-il.

Fahmy et Rosenfeld décrits comme les véritables décideurs

Sur l’organigramme sportif du club, Dall’Oglio apporte des précisions inédites sur la répartition des rôles entre Loïc Perrin et la direction anglo-saxonne. Selon lui, Perrin « est là au quotidien, il vient voir les entraînements, il suit le recrutement », mais l’autorité décisionnaire se situe ailleurs. « Huss et Jaeson ne sont pas là tous les jours mais quand ils arrivent ils prennent complètement le relais, ils organisent des réunions, ils donnent des directives. Le vrai directeur sportif, c’est les deux », précise-t-il, désignant Huss Fahmy et Jaeson Rosenfeld, respectivement avocat d’affaires et entrepreneur de formation, comme les deux véritables têtes pensantes du secteur sportif.

ASSE : Un avertissement resté sans effet avant la remontée

L’un des passages les plus marquants concerne la préparation de la montée en Ligue 1. Dall’Oglio affirme avoir alerté à plusieurs reprises sur le déficit d’expérience de l’effectif avant d’affronter l’élite. « J’avais l’impression qu’ils n’avaient pas pris la mesure de la Ligue 1 (…) Je disais qu’on allait certainement se planter parce qu’il manquait trop de joueurs d’expérience et qu’on partait avec un effectif trop faible », confie-t-il, en précisant avoir eu la même discussion avec Loïc Perrin en interne.

Le mercato d’hiver, une fenêtre à double tranchant

Sur la gestion des fenêtres de transferts, l’ancien coach souligne les limites structurelles du mercato hivernal. Il cite l’exemple de Ben Old, international néo-zélandais recruté en janvier, confronté à des allers-retours incessants avec sa sélection depuis l’autre bout du monde. « C’est un joueur qui était fatigué, qui s’est sérieusement blessé, il a été indisponible de longs mois et on ne l’a pas remplacé », rappelle-t-il, illustrant la difficulté à renforcer efficacement un effectif en cours de saison.

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ASSE : Stassin, un potentiel révélé après son départ

Sur l’explosion de Lucas Stassin en seconde partie de saison, après le limogeage de Dall’Oglio, l’ancien technicien livre une analyse mesurée plutôt que défensive. « C’est un garçon qui, comme beaucoup de recrues, est arrivé un peu timidement (…) il a mangé son pain noir aussi, il a été mis en concurrence, ça a été difficile pour lui, donc il s’est accroché, il a passé un cap », analyse-t-il, reconnaissant implicitement que le temps d’adaptation avait joué en la défaveur du joueur sous sa direction.

ASSE : Un fonctionnement qui interroge toujours sur la gouvernance sportive

Trois entraîneurs plus tard, ce témoignage éclaire un fonctionnement qui semble structurellement ancré dans le projet Kilmer : un rôle consultatif pour le banc de touche, une décision finale concentrée entre les mains de la direction. Reste à savoir si cette organisation, décrite comme rigide par son premier témoin direct, a évolué depuis, alors que Ian Cathro découvre à son tour les rouages du mercato stéphanois.

Source : Poteaux Carrés

Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Thomas Delcourt, journaliste indépendant spécialisé dans le football français. Observateur attentif de la Ligue 1, de la Ligue 2 et du football de formation, je m'attache à analyser…

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