Après la défaite concédée face au Servette (1-0), Ian Cathro a livré une analyse lucide de cette deuxième sortie estivale. L’entraîneur écossais assume pleinement son choix d’affronter des adversaires plus avancés dans leur préparation, quitte à révéler les fragilités de son groupe.
Interrogé sur la physionomie de ce deuxième match de préparation, Ian Cathro n’a pas cherché à minimiser les difficultés observées : « On n’a peut-être pas joué aussi vertical qu’on l’a fait sur le premier match, je suis d’accord avec ce constat ». Pour l’entraîneur stéphanois, l’important reste avant tout la démarche d’apprentissage : « Ce qui est important pour nous, c’est qu’on découvre des problèmes pour apprendre à trouver la solution. Il y a la donnée physique mais aussi tactique. C’est une question de relation entre les joueurs ».
Cathro insiste sur la nécessité de laisser du temps à ce processus de construction collective, en prenant l’exemple d’Aron Csongvai, tout juste arrivé dans le Forez : « Il y a un processus de construction qui demande du temps. Par exemple, on ne peut pas espérer qu’Aron ait déjà trouvé ses marques, alors qu’il est arrivé il y a deux jours et n’a fait qu’une vraie séance avec le groupe ».
ASSE : Un choix assumé d’adversaires plus avancés
Sur la question du rythme imposé par ce calendrier de préparation, l’entraîneur écossais a clairement expliqué sa philosophie : « La préparation est faite pour être difficile. On veut qu’elle le soit vraiment, comme cet après-midi ». Un choix stratégique délibéré, alors que les prochains adversaires stéphanois sont déjà bien avancés dans leur propre calendrier : « Puisqu’on doit avancer assez vite, on veut des adversaires qui sont plus avancés que nous en termes de condition physique pour qu’on ressente la difficulté. Le Servette va commencer sa saison la semaine prochaine et Glasgow, qu’on jouera mercredi, débutera son championnat le 1er août ».
Cathro justifie ce choix en évoquant l’objectif de progression réelle plutôt que de résultats rassurants : « On travaille beaucoup à l’entraînement et maintenant on veut aussi beaucoup de travail dans le match. On aurait pu choisir des adversaires qui en sont au même stade que nous, mais ça masque parfois les difficultés. On a préféré se mettre face à la difficulté ».
Des séquences prometteuses, mais encore trop rares
Sur le plan du contenu, l’entraîneur stéphanois a identifié des axes de progression précis, tout en refusant de se focaliser sur un ou deux points isolés. « Aujourd’hui, on a eu 3 ou 4 situations où on est arrivés dans les zones du terrain où on veut être. On commençait à être dominants et puis ça retombait », a-t-il analysé. L’objectif à moyen terme est clairement fixé : « On veut être une équipe qui fait ça 10, 12, 14 fois, pas 3 ou 4 ».
Refusant toute simplification excessive, Cathro a tenu à contextualiser cette marge de progression : « C’est un processus. Il y a tellement de choses sur lesquelles on doit travailler. En citer une ou deux, c’est facile, mais ça ne reflète pas vraiment notre réalité ».
Les Rangers pour retrouver l’intensité
Concernant le prochain rendez-vous face aux Rangers de Glasgow, prévu mercredi, l’entraîneur stéphanois s’attend à un test particulièrement relevé : « Ça va être un match très intense, très agressif. On a aussi envie de ressentir l’ambiance ». Ce choix s’inscrit dans une logique de calendrier bien précise : « Dans notre programme, ce match à Glasgow est fait pour retrouver de l’intensité contre un adversaire plus préparé ».
Une fois ce test écossais passé, la suite du programme prévoit un retour à un rythme plus classique : « Ensuite, on aura une semaine entière de travail pour redescendre et jouer nos deux derniers matchs contre des adversaires au même stade de préparation. Et puis, on aura une dernière semaine pour être prêts pour ce premier match officiel ».
ASSE : Une méthode cohérente malgré les résultats mitigés
Entre un discours transparent sur les fragilités actuelles du groupe et une stratégie assumée consistant à provoquer la difficulté plutôt qu’à l’éviter, Ian Cathro trace une ligne claire pour cette préparation estivale. Reste à savoir si cette approche portera ses fruits une fois la compétition officielle lancée, mais le message envoyé au groupe stéphanois est limpide : les résultats bruts de l’été comptent moins que la construction collective en cours. Des résultats, il en faudra à compter du 8 août pour l’ASSE.
Source : ASSE (conférence de presse)


