ASSE : préparation, langue, famille… Ian Cathro lâche tout

par | Juil 18, 2026 | Ligue 2, Mercato

Nouvel entraîneur de l’ASSE, Ian Cathro s’est livré sans détour sur son arrivée dans le Forez, entre l’ampleur du club, les premiers pas de la préparation et sa vie de famille loin du Portugal. Retour intégral sur ses propos.

Ian Cathro ne cache pas l’intensité qui entoure son arrivée à Saint-Étienne. « J’avais hâte d’être là, mais plus que ça, je ressens la responsabilité. J’ai travaillé dans de grands clubs de football. Oui, je sais ce qu’est un grand club de football. Et il y a certains clubs de football qui ont un peu plus de poussière spéciale autour d’eux. Et c’est l’un d’entre eux », confie l’entraîneur écossais.

Ce statut particulier, il le mesure au quotidien, jusque dans les détails les plus anodins de sa vie stéphanoise : « Je n’ai pas encore de voiture, donc je dois prendre l’Uber. Et chaque fois, je suis dans une conversation de 30 minutes sur Saint-Étienne. Et ça peut être un jeune homme ou une vieille dame. C’est pareil ». Un attachement populaire qui semble avoir immédiatement marqué le technicien : « Je sais où je suis. Et je suis vraiment heureux. Et je veux gagner avec eux ».

Cathro : Une lucidité assumée sur les difficultés à venir

Loin de tout excès d’optimisme, Cathro reste réaliste sur les hauts et les bas qui jalonneront forcément la saison : « Malheureusement, je sais qu’on va aussi jouer avec eux et perdre avec eux, mais je pense qu’on va le faire ensemble. Et c’est la partie la plus importante ».

L’apprentissage du français, une obligation plus qu’une option

Sur la question de la langue, l’entraîneur stéphanois se montre particulièrement volontaire, malgré la difficulté de l’exercice en pleine préparation estivale. « Je ne parle pas bien le français, mais oui, c’est très, très, très important de parler le français pour respecter l’identité de la région, du club », explique Ian Cathro, avant de préciser son organisation : « J’ai des cours deux, trois fois par semaine. Durant la prépa, on a deux sessions d’entraînement par jour. Petit temps pour travailler avec mon prof ».

Sa détermination sur ce sujet ne laisse planer aucun doute : « À mon avis, ce n’est pas une option, c’est une obligation de parler français. J’ai besoin d’un petit temps ». Un effort linguistique facilité par son parcours international, l’Écossais maîtrisant déjà l’anglais, le portugais et l’espagnol.

ASSE : Un projet de reconstruction assumé sur le long terme

Sur le plan sportif, Cathro reconnaît l’ampleur du chantier qui l’attend, tout en affichant une confiance mesurée : « Nous avons beaucoup de travail à faire et nous devons encore faire des changements, mais je me sens assez positif. Nous savons l’histoire et le statut de l’équipe ». Il évoque également les investissements infrastructurels en cours au club : « Nous avons aussi trouvé des conditions où l’équipe souhaite grandir, souhaite améliorer l’infrastructure, avec la réparation des pitchs principaux, avec de la construction pour améliorer nos conditions et nous préparer à un nouveau chapitre pour l’équipe de football ».

Cette ambition collective, il en fait une véritable mission personnelle : « C’est ma motivation quotidienne, de faire tout ce que je peux pour aider tout le monde à écrire le prochain chapitre de ce club ».

Cathro : Une intégration au staff qui se veut collective

Sur l’organisation de son encadrement, l’entraîneur stéphanois détaille une méthode de travail collaborative : « Un certain nombre de gars se sont réunis, Brian, Elia et David. On s’est réunis pour connecter l’équipe avec Jeff, Elan, Jul, Sonny, le département de performance et l’équipe médicale. Nous sommes bien intégrés ». Il insiste sur l’état d’esprit ambiant : « Je ressens le soutien de tout le monde. Je ressens l’énergie et la détermination de tout le monde pour travailler, pour améliorer et pour être une partie positive de ce que nous voulons faire ».

Tourner la page d’une saison douloureuse

Interrogé sur l’état d’esprit du groupe après une saison marquée par la relégation, Cathro ne cache pas la difficulté du processus. « Je serai toujours honnête. Je pense que tout le monde qui était ici la saison dernière a toujours ressenti un peu de douleur. On peut parler de douleur, de haine, de désappointement. Ça ne s’arrête pas si vite », reconnaît-il, avant d’évoquer le travail entrepris ces dernières semaines : « Il y a donc un processus de nettoyage, de reset et d’une approche complètement nouvelle, une position complètement fraîche pour la nouvelle saison ».

Il résume sa philosophie par une formule sans détour : « La porte est fermée sur l’histoire de l’année dernière. Tout le monde sait que la façon dont nous travaillons, la façon dont nous serons et la façon dont nous compterons sera différente. Ce sera une équipe différente, avec une approche différente, et nous travaillerons jour après jour pour assurer un résultat différent ».

Cathro : Un accueil salué pour les nouvelles recrues

Sur l’intégration des joueurs fraîchement arrivés cet été, Cathro se dit impressionné par le travail du club : « On est vraiment heureux avec tout le monde qui est venu. Ils ont beaucoup de soutien aussi. Le club a un très bon staff pour aider tout le monde à s’adapter. J’ai été très impressionné par la façon dont ça a été géré ». Il partage également une forme d’empathie personnelle envers ces nouveaux arrivants : « Je sais qu’ils ressentent ce que j’ai ressenti aussi en arrivant à Saint-Étienne, c’est l’excitement, mais aussi la responsabilité. Ce n’est pas un club de football normal, et on le sait tous ».

Une préparation qui avance pas à pas

Sur les premiers jours d’entraînement, l’entraîneur souligne l’importance de l’adaptation collective : « Il y a beaucoup de travail physique, et il y a beaucoup de nouvelles informations, de nouvelles personnes. Beaucoup d’adaptation est nécessaire. Je pense qu’on s’est déroulé sur ça dans les premiers jours, et je pense qu’on a pu vraiment sentir que chaque jour, on progresse un peu ». Il revient également sur l’utilité des premiers matchs amicaux : « Le match d’entraînement de l’après-midi, c’était une chose positive, parce qu’il nous a donné la première exposition pour avoir 45 minutes pour les joueurs. Et c’est important. Et la raison pour ces matchs, c’est pour nous d’obtenir des observations, d’en faire une analyse, et d’avoir du matériel pour travailler pour le prochain match ».

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Cathro : Une nouvelle vie personnelle qui se met en place

Au-delà de l’aspect strictement sportif, Cathro évoque également son installation dans la région, en pleine recherche d’un logement. « Je suis proche de trouver une maison. C’est une zone très, très paisible. C’est agréable d’être dans un endroit différent, avec plus d’espace », confie-t-il, ajoutant avec humour : « Mon gestionnaire bancaire est heureux aussi, parce que le prix est à la baisse. C’est une bonne chose ».

La famille avant tout, une fois le travail terminé

Sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie de famille, l’entraîneur stéphanois se montre particulièrement clair sur ses priorités. « Je suis très heureux de travailler toutes les heures que je dois. Mais dès que c’est terminé, je sors. Je sors pour être avec eux. C’est ça. C’est assez simple. J’ai tout le temps que je peux avec ma femme et ma fille. C’est pour ça que je fais ça ».

Il évoque également le rapport particulier de sa famille au football, entre passion et contraintes : « Ils savent que c’est la passion de papa et le travail de papa. Ils veulent que nous gagnions. Ils ont besoin que nous gagnions. Ils l’apprécient. Mais ils comprennent aussi que travailler au football est difficile pour la famille. Il y a de bonnes choses et de mauvaises choses ».

Une famille rompue aux voyages et à l’adaptation

Grâce à un passé international marqué, son épouse et sa fille maîtrisent également le portugais, une langue apprise lors d’un précédent séjour. « Elles ont des amis de différents endroits du monde. Nous avons eu différentes opportunités de voyager et d’aller à des endroits où, normalement, je pense que c’est un énorme positif pour une jeune famille et pour les couples d’avoir différentes expériences », souligne-t-il, avant de résumer sa philosophie de vie : « Nous pouvons avoir nos objectifs longs, mais nous devons vivre le moment. Nous réussissons les choses jour après jour. En tant que famille, nous ne réussissons pas toujours, mais nous essayons de vivre dans le moment et d’apprécier la vie devant notre visage. Aucun d’entre nous ne sait vraiment ce qui peut se passer demain ».

Il conclut sur une note personnelle, évoquant les nombreux séjours déjà effectués en France par sa famille, et la capacité de sa fille à s’adapter rapidement à de nouveaux environnements, y compris en plein cœur du Forez.

Source : ASSE (interview officielle)

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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