ASSE : recruté en janvier, ce pari des Verts enfin lancé

par | Oct 3, 2026 | Ligue 2

Arrivé à l’ASSE avec une réputation de pur finisseur et un CV étonnant pour son âge, Marten-Chris Paalberg a dû prendre son mal en patience. Freiné par plusieurs pépins physiques depuis son arrivée dans le Forez, l’attaquant estonien de 17 ans n’avait pas encore eu l’occasion de réellement se montrer. Ian Cathro a profité du match amical remporté 5-1 face au FC Sion pour enfin le lancer. Une première apparition qui remet en lumière l’un des paris de post-formation des Verts.

Marten-Chris Paalberg, un pari encore invisible à l’ASSE

Il aura fallu attendre. Recruté par l’ASSE en janvier dernier, Marten-Chris Paalberg arrivait avec un profil particulièrement intrigant. À seulement 17 ans, l’Estonien avait déjà accumulé les buts chez les professionnels avec le Pärnu Vaprus. Mais ses premiers mois à Saint-Étienne n’ont pas suivi le scénario espéré.

Plusieurs pépins physiques ont retardé son intégration et empêché l’attaquant d’enchaîner. Une situation frustrante pour un joueur recruté dans l’idée de poursuivre son développement dans le Forez, d’abord progressivement, avant de tenter de se rapprocher du groupe professionnel.

La longue trêve internationale a finalement offert une fenêtre à Ian Cathro. Face au FC Sion ce vendredi, Paalberg a débuté la rencontre à la pointe de l’attaque stéphanoise. Une première occasion de l’observer dans un environnement proche du groupe professionnel, alors que l’ASSE était privée de nombreux internationaux.

Il n’a pas marqué lors du large succès des Verts (5-1), mais l’essentiel se situait sans doute ailleurs : Paalberg a enfin retrouvé le terrain et franchi une première étape après plusieurs mois compliqués.

Un profil de pur finisseur qui avait séduit l’ASSE

Pourquoi Saint-Étienne est-il allé chercher un attaquant de 17 ans en Estonie ? Ses chiffres permettent de comprendre une partie du pari.

Lors de son explosion au Pärnu Vaprus, Paalberg avait inscrit 15 buts et délivré 2 passes décisives en 1 807 minutes sur 23 rencontres. Les données disponibles dessinaient surtout un joueur extrêmement spécialisé.

Le radar Data’Scout de sa saison 2025 le plaçait dans le 94e percentile pour les buts, le 81e pour les xG et le 87e pour le pourcentage de tirs cadrés parmi les joueurs évoluant à son poste. À l’inverse, sa contribution dans la construction et sa capacité à créer lui-même des différences ressortaient beaucoup moins.

Une photographie qui correspondait à l’analyse réalisée au moment de son arrivée : Paalberg était avant tout un « renard des surfaces », classé par Data’Scout comme le troisième meilleur profil de ce type dans le championnat estonien.

Une énorme qualité… et beaucoup de travail

C’est également le constat effectué par Florent Toniutti lorsqu’il avait décortiqué le recrutement stéphanois. L’analyste décrivait un attaquant qui « ressort avant tout fort sur tout ce qui est joueur de surface, finition », mais beaucoup moins influent dans les autres secteurs du jeu.

À 17 ans, Paalberg dispose déjà d’atouts identifiables : un gabarit annoncé autour de 1,88 m, de la vitesse malgré sa taille, des appels dans la profondeur et surtout la faculté de terminer des deux pieds.

Le chantier est ailleurs. Dos au jeu, dans les remises et lorsqu’il doit devenir un point d’appui, l’Estonien apparaissait encore très perfectible. Toniutti estimait ainsi qu’il n’était pas encore suffisamment fiable dans le jeu de déviation et les duels pour être immédiatement projeté au niveau supérieur.

Une nuance importante lorsque ses statistiques brutes peuvent donner l’impression d’un phénomène déjà prêt à performer.

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L’ASSE savait qu’elle recrutait un joueur à développer avec Paalberg

C’est précisément là que se situe le pari stéphanois. L’ASSE n’a jamais recruté Paalberg pour en faire immédiatement son avant-centre en Ligue 2.

La projection statistique réalisée lors de son arrivée était d’ailleurs prudente : malgré ses nombreux buts en Estonie, son profil était alors évalué autour d’un niveau de titulaire correct de National 2, très loin d’un impact immédiat attendu en Ligue 2.

La comparaison effectuée à l’époque avec Lucas Stassin était néanmoins intéressante. Les deux radars présentaient certaines similitudes dans leur structure, au point que Toniutti évoquait un Paalberg pouvant apparaître comme une sorte de « mini Stassin » statistique, tout en rappelant l’écart considérable de niveau et de maturité entre les deux joueurs.

Le temps constitue donc une donnée essentielle du dossier.

Paalberg peut enfin commencer son aventure stéphanoise

Les premiers mois n’ont pas permis à l’ASSE d’avancer aussi rapidement qu’espéré avec son jeune attaquant. Ses soucis physiques ont repoussé le véritable début de son développement sous le maillot vert.

Le match contre Sion ne change évidemment pas son statut en une matinée. Il ne permet pas davantage de savoir jusqu’où pourra aller l’Estonien. Mais il marque enfin le début concret de son aventure sur le terrain.

À 17 ans, l’ASSE possède un attaquant qui a déjà démontré une qualité rare : mettre le ballon au fond avec une fréquence inhabituelle pour son âge. Tout l’enjeu consiste désormais à développer le reste de sa palette et à vérifier si cette efficacité peut résister à l’augmentation du niveau d’opposition.

C’était déjà la grande interrogation lors de son recrutement. Plusieurs mois plus tard, après une longue attente, Saint-Étienne peut enfin commencer à obtenir des réponses.

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.
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