Michel Der Zakarian va avaler beaucoup de couleuvres pour retrouver un banc. Le FC Nantes relégué, Waldemar Kita toujours aux commandes, une sono poussée à fond pour l’empêcher de parler en 2016, une pique en plein visage sur Canal+, et un but planté dans le coeur des Canaris en 2021. La liste est longue. Mais Der Zakarian voulait absolument retrouver un banc. Et Nantes, il connaît mieux que personne.
Il y a des retours simples. Celui-ci ne l’est pas. Entre Michel Der Zakarian et le FC Nantes, l’histoire est belle, longue, et émaillée de moments qui font grincer des dents. Le coach de 63 ans est pourtant parti pour signer un troisième mandat chez les Canaris, en Ligue 2. Un accord serait proche selon L’Équipe. Chacun, visiblement, a décidé de mettre de l’eau dans son vin.
Beaucoup d’eau.
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La couleuvre numéro 1 : Kita l’a comparé à une 2CV
On ne gomme pas facilement ce genre d’humiliation publique. En novembre 2017, alors que Claudio Ranieri tenait le banc nantais, Waldemar Kita lâche sur Canal+ une comparaison devenue célèbre : Ranieri est une Mercedes, Der Zak’ est une 2CV. Pas en off, pas en privé. Devant les caméras, avec le sourire.
Der Zakarian était alors à Montpellier. Il a encaissé. Ou fait semblant.
La couleuvre numéro 2 : la sono à fond à la Beaujoire, sympa pour Der Zakarian
Printemps 2016. Der Zakarian quitte Nantes après quatre ans, deux montées en Ligue 1 et 234 matchs sur le banc. Le dernier match à la Beaujoire devrait être un moment de communion. Il ne l’est pas. La sono du stade est poussée à fond pendant qu’il tente de prendre la parole devant les supporters. Impossible de s’exprimer. Un geste délibéré, attribué à l’entourage de Kita.
La couleuvre numéro 3 : le but de 2021 qui a failli envoyer Nantes en Ligue 2
23 mai 2021. Montpellier bat Nantes 2-1. Le résultat envoie le FCN en barrages Ligue 1 / Ligue 2. Sur le banc adverse, Der Zakarian. Kita l’a très mauvaise. Et Der Zakarian lui aurait glissé à l’oreille : «Je suis content pour vous, pas pour le FC Nantes.» La phrase dit tout sur l’état de la relation à ce moment.
Pourquoi Der Zakarian dit oui quand même
Parce qu’il voulait absolument retrouver un banc. Après une courte aventure ratée à Caen, relégué en National à l’issue de la saison dernière, Der Zak’ était libre et affamé. L’inactivité ne lui convient pas. Nantes s’est présenté comme une solution, pas idéale sur le papier, mais réelle et concrète.
Et puis Nantes, c’est sa vie. 166 matchs comme joueur entre 1981 et 1988. Deux montées comme entraîneur. 234 matchs sur le banc, record dans l’ère Kita. Il connaît le vestiaire, la ville, les supporters, les travers du club. Pantaloni n’était pas chaud pour la Ligue 2. Pelissier non plus. Montanier pas plus. Der Zakarian, lui, n’a pas hésité.
Cette saison à Nantes s’annonce électrique. Der Zakarian, Kita, la Ligue 2, les supporters qui brûlent : l’ambiance est garantie. Reste à savoir si sur le terrain, les vieilles querelles seront vraiment enterrées.


