FC Nantes : Gregory Poirier satisfait, Balthazar Pierret s’explique
Douze arrivées, une vingtaine de départs, un attaquant bouclé dans les dernières heures et un ancien coéquipier du Red Star qui débarque avec la ferme intention de faire oublier l’instabilité chronique du club. Le FC Nantes a bouclé un mercato dense, et son entraîneur en tire un bilan largement positif.
À deux jours de recevoir Nancy, Grégory Poirier a fait le point sur la fenêtre de transferts estivale, close mardi soir dernier, tandis que sa dernière recrue, Balthazar Pierret, s’est présentée aux médias samedi midi. Deux prises de parole qui dessinent les contours d’un projet nantais en pleine reconstruction, entre ambition affichée et lucidité sur le contexte comptable.
Un mercato XXL, jugé réussi par son architecte
Avec 12 arrivées dont 4 lors de la seule dernière journée, et environ une vingtaine de départs, le FC Nantes a totalement remodelé son effectif cet été. Grégory Poirier livre un bilan sans détour : « Dans l’ensemble, le mercato est réussi. Il y a un assez bon équilibre. Bien sûr, dans certaines lignes, il y a beaucoup de joueurs, c’est peut-être dû à des non-départs, on le sait tous. Il n’y a rien à cacher mais ces joueurs-là montrent aussi de l’investissement. C’est à moi de lire entre les lignes sur leur capacité à venir avec nous dans les objectifs du club. Après, je suis très content des recrues. »
L’effet Red Star : Hachem, Pierret et Doucouré réunis à la Jonelière
Parmi les dossiers bouclés, trois portent la marque directe du passé de l’entraîneur nantais au Red Star : Ryad Hachem, Balthazar Pierret et Sekou Doucouré. Poirier reconnaît volontiers le rôle qu’a joué son arrivée sur le banc dans la conclusion de ces trois dossiers : « Il y avait des discussions entamées avec certains joueurs, notamment ceux du Red Star et, effectivement, ma venue a pu faciliter ça puisque ce sont des joueurs que j’ai confirmés. »
Le technicien tient toutefois à cadrer les attentes autour de ces retrouvailles, refusant toute idée de favoritisme : « Les avoir, je ne sais pas si c’était une évidence. En tout cas, ce sont des valeurs sûres du championnat, des joueurs que je connais. Pour eux, ce sera comme pour les autres. Les meilleurs joueront. Maintenant, ça fait gagner du temps dans les principes de jeu demandés. » Un discours confirmé de l’intérieur par Pierret lui-même, qui évoque une adaptation facilitée par cette connaissance mutuelle du jeu prôné par son ancien coach.
Pierret : « Je connais sa méthode de travail »
Signé pour trois ans avec une saison en option, Balthazar Pierret (26 ans) explique avoir accéléré sa décision dès l’annonce de l’arrivée de Grégory Poirier sur le banc nantais, alors que les discussions avaient démarré sous l’ère Michel Der Zakarian : « Dès que j’ai su qu’il arrivait ici, j’ai eu encore plus envie de venir parce que je connais sa méthode de travail. Je sais qu’on a la même vision des choses. »
Le milieu de terrain, au parcours atypique entre Nice, Boulogne-sur-Mer, le Dynamo Bucarest, Quevilly-Rouen, Lecce et le Red Star, décrit un profil polyvalent taillé pour la récupération et la relance simple : « Mes caractéristiques sont surtout d’aller récupérer des ballons, jouer assez simple vers l’avant, faciliter le jeu de mon équipe, tout en apportant une agressivité au milieu de terrain. » Il retrouvera à Nantes plusieurs visages familiers, dont Frédéric Guilbert et Ignatius Ganago, croisés respectivement à Lecce et en formation à Nice.
Un secteur offensif enfin complété in extremis
Sur le plan strictement sportif, Poirier a également évoqué le soulagement ressenti après la signature de l’attaquant Thomas Robinet lors de la toute dernière journée du mercato, alors que le club venait tout juste d’acter le départ définitif d’Herba Guirassy vers les Young Boys Berne. « Ce n’était pas un sentiment de peur de ne pas l’avoir. Il y a des choses bien plus graves dans la vie mais c’est sûr, c’était important pour moi. Pour les dirigeants aussi. On savait qu’un attaquant était important pour compléter l’effectif. Mais, si je n’avais pas eu d’attaquant, j’aurais fait avec. »
Avec l’arrivée de Robinet aux côtés de Killian Corredor et Ignatius Ganago, l’entraîneur nantais se dit désormais satisfait de son secteur offensif : « Maintenant, un très bon attaquant a signé. On en a trois très bons, on est armés. »
Un embouteillage assumé au milieu de terrain
Le technicien reconnaît en revanche une concurrence particulièrement dense dans certains secteurs, avec pas moins de quatre latéraux droits et une dizaine de milieux de terrain à sa disposition. Loin de s’en plaindre, Poirier prend le parti d’en faire une force : « On ne va pas se mentir sur les milieux, on aurait eu un joueur en moins, ça aurait été très bien aussi. Maintenant, je ne vais quand même pas me plaindre d’avoir des joueurs avec cette qualité. Ne comptez pas sur moi pour ça ! »
Pierret partage cette lecture positive de la concurrence à son poste, qu’il évoque comme un moteur plutôt qu’un frein : « Je pense que la concurrence fait partie du football. Il faut s’en nourrir, ça va nous permettre de nous surpasser, d’élever le niveau de l’équipe. »
Un contexte comptable assumé, mais pas subi
Reste que ce mercato XXL intervient dans un contexte sportif compliqué, avec un FC Nantes actuellement en délicatesse au classement de Ligue 2. Pierret ne cherche pas à minimiser la situation, tout en affichant une confiance mesurée : « Aujourd’hui, on sait qu’on a du retard, mais il faut rester optimiste. On a la qualité pour aller jouer plus haut. » Il insiste également sur l’importance de la dynamique propre au championnat de Ligue 2, où selon lui trois victoires consécutives suffisent à relancer complètement une saison.
Interrogé sur l’instabilité chronique qui entoure le club depuis plusieurs saisons, tant au niveau de l’effectif que du banc de touche, le milieu de terrain a livré une réponse empreinte de philosophie personnelle : « C’est un club historique, qui mérite de retrouver son ancienne gloire. L’instabilité, tu y réfléchis, mais il faut être aussi ambitieux dans la vie, et tu ne réfléchis pas trop avant de rejoindre un tel club avec ce statut-là. »
Une méthode Poirier déjà identifiée
Enfin, Pierret a livré son analyse du style de jeu prôné par son nouvel entraîneur, qu’il connaît bien pour l’avoir côtoyé au Red Star : « Il prône un football total. Ses équipes jouent au ballon, il aime avoir la maîtrise du ballon. Il aime les joueurs avec une grosse activité, le pressing haut, c’est souvent du 1 pour 1 sur le terrain. C’est un coach qui sait s’adapter aux joueurs qu’il a, et je pense que c’est une de ses forces. » Un profil de jeu que le milieu nantais aura l’occasion de découvrir grandeur nature dès lundi soir, potentiellement sur le terrain, face à une équipe de Nancy qu’il connaît déjà pour l’avoir affrontée sous les couleurs du Red Star la saison passée.