Éjecté du banc nantais le 10 décembre, Luis Castro a fait ce que Waldemar Kita lui promettait impossible : sauver un club de la relégation. De Levante, l’entraîneur portugais répond. Pas avec des cris. Avec des faits, des images et des silences qui font bien plus de dégâts.
Kita l’avait dit sans détour à Eurosport : «Ce coach va faire descendre deux clubs dans la même année. Ce type-là est à côté, c’est un éducateur. Il ne peut pas réussir.» Castro n’a pas répondu dans la même tonalité. Il n’en avait pas besoin. Levante se maintient en Liga. Nantes descend en Ligue 2. Le terrain a parlé pour lui.
Luis Castro : «Il pensait que j’allais faire descendre deux clubs. Je n’en ai fait descendre aucun.»
La réplique tient en une phrase auprès de Ouest-France. «Il pensait que j’allais faire descendre deux clubs. Mon avis, c’est que je n’en ai fait descendre aucun.» Castro laisse les chiffres faire le travail. Levante était relégable à son arrivée en décembre. Il repart avec le maintien en poche et ses joueurs qui le portent en triomphe. Pendant ce temps, le FC Nantes, après un mercato hivernal musclé que Castro n’a pas eu en été, termine quand même en Ligue 2.
Les Kita ont détruit le FC Nantes, et ce n’est peut-être pas fini
Ce n’est pas lui qui tire cette conclusion. Ce sont les supporters nantais eux-mêmes : «Beaucoup de gens me disent qu’avec les investissements réalisés cet hiver au FC Nantes, on serait restés en Ligue 1. Les supporters pensent différemment du président.»
FC Nantes : Un président qu’il a croisé trois fois, jamais pour parler de foot
Luis Castro décrit sa relation avec Kita en quelques lignes qui suffisent à tout résumer. «La première semaine à Levante, j’ai plus parlé avec le propriétaire du club qu’avec celui de Nantes dans toute ma vie.» Puis, il précise : «C’est une personne qui ne regarde pas les entraînements. On a été ensemble deux ou trois fois dans notre vie. La fois où j’ai passé le plus de temps avec le propriétaire du FC Nantes, c’était une soirée avec les supporters. On n’a pas parlé de foot.»
Kita voulait un entraîneur qu’il pouvait contrôler. Castro décrit un président qu’il ne connaissait pas. L’échec nantais s’explique aussi ici.
Luis Castro : Le mercato saboté, la mise à l’écart planifiée
Luis Castro ne lâche pas sur le fond et révèle que la décision de le virer était prise bien avant son licenciement officiel : «Quand j’ai lu qu’après les matches amicaux, il y avait déjà une personne qui voulait me virer, je comprends mieux pourquoi on ne voulait pas me donner les mêmes moyens.» Un entraîneur condamné avant même d’avoir disputé un match officiel, privé des recrues qu’il réclamait, envoyé au front avec une moitié d’équipe de réserve en préparation. «Si tu me dis que ce n’est pas possible avec une Ferrari mais avec un vélo, j’y vais avec le vélo.»
Il ajoute, sur Kita directement : «Ce n’est pas important s’il pense que je suis un éducateur. Si une personne de Dunkerque fait une réflexion sur moi, je vais être concerné. Là, ce n’est pas un problème.» Luis Castro ne se défend pas. Il disqualifie.
Nantes dans le cœur, Kita dans l’indifférence
Ce qui rend l’entretien plus cinglant pour le président nantais, c’est le soin avec lequel Castro sépare le club de son propriétaire. La Brigade Loire après le match de Lens, les 20 messages reçus depuis Nantes après le maintien de Levante, la Beaujoire décrite comme un stade unique : «C’est impossible de comprendre la grandeur de Nantes si tu n’y es pas.»
Une magnifique interview à retrouver en intégralité sur Ouest-France


