Nice – ASSE : Tout ce qu’il faut retenir de la Conf’ de Montanier

par | Mai 28, 2026 | Ligue 2

ASSE Montanier

ASSE. Montanier avant Nice : groupe prêt, paramètres multiples et Einstein en guise de conclusion. À 24 heures du barrage retour, Philippe Montanier a livré une conférence de presse dense, lucide et parfois savoureuse. Groupe, adversaire, huis clos, joueurs en retrait — le coach stéphanois a tout passé en revue sans esquiver.

ASSE : Groupe au complet ou presque

Bonne nouvelle dans les rangs stéphanois à la veille du match le plus important de la saison. Les absences longue durée restent les mêmes, mais le reste du groupe est opérationnel. « Les blessés longue durée habituels, mais tout le reste c’est sous le pont, dont Ben Old qui sera disponible pour ce match. Et les autres, tout le monde va bien. » Le retour de Dennis Appiah, incertain en cours de semaine, est confirmé sans ambiguïté : « Pas de problème. Tous les petits bobos ont disparu malgré la fatigue et le dernier match mardi, mais on est frais et dispo. » Seul Nguessan reste à l’infirmerie, toujours gêné aux ischio-jambiers. Un forfait identifié, une liste par ailleurs quasiment complète — Montanier ne pouvait pas espérer mieux à 24 heures d’un barrage retour.

ASSE : La très bonne nouvelle annoncée par Montanier avant Nice

Non, l’ASSE n’a pas manqué d’entrain face à Nice

Le récit dominant depuis mardi pointait un manque d’implication stéphanois. Montanier ne le valide pas. « Non, je ne partage pas ça. On a plutôt été très généreux, d’ailleurs les stats physiques, le confort dans l’animation, notamment dans le dernier tiers offensif. » Le coach balaie la critique et recadre le débat : « Nice comme nous, on l’a dit après le match, on peut le confirmer — ça a été pauvre. C’était un match à ne pas renouveler sur le plan offensif. Mais au niveau du dynamisme, de la générosité, de l’implication, je trouve que ça a été plutôt bien. Mais pas assez juste et pas assez précis offensivement. » Le diagnostic est précis. « Ça ne joue pas à grand-chose. Souvent, c’est un appel ou deux qui n’est pas présent, une connexion ou deux qui ne se fait pas, une dernière passe ou une avant-dernière passe qui n’est pas assez précise. On a eu plutôt de bonnes amorces, mais on a péché dans la connexion entre les joueurs et une justesse technique — parce qu’il faut être vite et précis, et dès que vous ne l’êtes pas, les actions offensives sont avortées. »

La préparation : vidéo, paramètres et supplément d’âme pour l’ASSE

Chez Montanier, l’analyse vidéo ne s’arrête jamais. « On se sert toujours de la vidéo. Quel que soit le match, même quand on avait gagné 5-0 contre Amiens, on s’était servi aussi de la vidéo sur les choses à conserver et les choses à améliorer. On cherche toujours à progresser et à conforter des points forts quand il y en a. » Mais jeudi soir, la vidéo ne suffira pas. L’entraîneur stéphanois refuse de réduire le barrage retour à un seul facteur décisif. « Il y a beaucoup de paramètres. L’aspect chance, c’est vrai, c’est important. Peut-être qu’il y a un joueur qui va faire un exploit incroyable. Peut-être il y en a un qui va faire une erreur. Peut-être c’est l’arbitre. Il y a tellement de paramètres, c’est ce qui fait la beauté de notre sport. » Et d’enfoncer le clou : « Il ne faut pas se polariser sur juste un paramètre, ce serait une erreur. À chaque fois sur une action, il y a peut-être quatre, cinq paramètres qui rentrent en jeu et en isoler qu’un seul, pour moi, ce serait une erreur. »

L’expérience collective du groupe est aussi un levier. « C’est une situation que certains ont connue, que moi j’ai connue, donc ça peut nous servir. Et puis ça fait plusieurs semaines qu’on est programmé pour cette échéance — je sens l’équipe prête. » Ce supplément d’âme, Montanier l’a vu à l’œuvre contre Rodez. « On voit bien les vibrations que peut amener un banc de touche quand il faut tenir un résultat. L’arbitre a répondu, il a dit : faites asseoir votre banc, tout le monde est debout sur la ligne. J’ai essayé, je n’y suis pas arrivé — mais ça veut dire que tout le monde est engagé. Et de toutes ces énergies, on en a besoin. »

Nice, une équipe sans régularité mais pleine de dangers

Côté adversaire, Montanier ne se fait pas d’illusions. « C’est difficile parce qu’ils ont vraiment alterné de bons matchs — on l’a vu pour la finale de Coupe — mais un match quelques jours avant contre Metz, moins bon. C’est une équipe qui a de la qualité dans son effectif avec de très bons joueurs, mais qui n’ont pas une régularité. D’ailleurs, ça explique leur classement et ça explique le nôtre aussi. » La conclusion est simple : « On ne peut pas miser sur une éventuelle faiblesse. On se prépare aux plus difficiles, et si on a une bonne surprise, tant mieux. »

Le retour d’Elyes Wahi dans le groupe niçois est intégré sans panique. « C’est vraiment une force en plus. Je trouve que c’est un très bon joueur, que j’ai vu démarrer à Montpellier. Il a une belle expérience du très haut niveau, que ce soit à Lens, à Marseille où il a connu la Ligue des Champions, et puis après en Allemagne. » Mais Montanier tempère aussitôt : « On l’a intégré dans notre préparation, mais on sait aussi que cette équipe de Nice n’a pas seulement un seul bon joueur, mais d’autres. » Sur les penaltys, le regard est lucide sans être défaitiste : « Nos amis niçois sont passés deux fois en Coupe de France par les penaltys. Ils ont une expérience de plus. Ils sont plutôt très bons dans cet exercice. » Mais l’objectif reste clair : « On ne mise sur aucune faiblesse de l’adversaire. L’objectif, c’est de gagner le match. Le mieux, c’est pendant le temps réglementaire. Si on doit aller au-delà, on s’y est préparé, on sera prêt. »

Le huis clos : terrain identique, ballon identique

35 000 supporters niçois resteront chez eux jeudi soir, sanction directe des incidents survenus lors de Nice-Metz le 17 mai. Montanier l’assume sans en faire un avantage excessif. « On joue au foot avec des supporters, même si des fois ils nous sont hostiles, ça met quand même une atmosphère incroyable. On joue aussi des matchs de haut niveau pour ça, pour avoir des super ambiances. Maintenant c’est comme ça, on se retrouve un peu au temps du Covid. » L’équité du contexte prime : « Le terrain sera le même pour les deux équipes, le ballon sera le même pour les deux équipes. L’enjeu est assez important pour faire abstraction de ce contexte. » Et le seul point positif identifié ? « Ils vont pouvoir communiquer plus qu’à Geoffroy-Guichard, où à 3 mètres vous n’entendez pas. On essaye toujours de voir le bon côté des choses. Et le bon côté des choses, c’est dans la communication. »

Bernauer et Ferreira, les symboles d’un groupe soudé à l’ASSE

Deux joueurs incarnent particulièrement l’état d’esprit de ce groupe de l’ASSE avant Nice. Maxime Bernauer d’abord, revenu de blessure dans un effectif surchargé en défense centrale. « Il m’avait dit : « Coach, je sais qu’on a six centraux, dix défenseurs. Moi je me prépare, mon objectif c’est si jamais vous avez besoin de moi d’être prêt. » Et il l’a fait. » Mardi, le défenseur a livré un gros match. Montanier élargit le compliment à Flo Tardieu : « On se satisfait de récupérer des joueurs qui ont un rôle important, un rôle de leader au-delà de leur position sur le terrain et de leurs qualités footballistiques. »

Joao Ferreira, lui, a vécu une saison plus compliqué encore à l’ASSE. « Je sais que sa situation n’est pas facile. Il jouait pas, il y a eu des moments difficiles où il lâchait pas, mais je voyais bien que c’était dur. Mais je lui ai dit de continuer. On sait pas, ça se trouve c’est toi qui va nous marquer le but qui nous amène en Ligue 1. » À l’entraînement, repositionné attaquant pour pallier les absences offensives, Ferreira a répondu à chaque fois. Mardi contre Nice, son entrée a apporté du dynamisme et de l’implication. Sur la méthode pour maintenir ces joueurs en éveil, Montanier glisse une vanne avant de reprendre son sérieux : « Le fouet. Bon, j’ai le martinet de ma grand-mère, mais je trouve que le fouet c’est plus efficace. Non, je déconne. La méthode, c’est surtout beaucoup de communication avec les joueurs qui jouent moins, parce que c’est eux presque les plus importants. J’en ai de la considération pour eux. »

Einstein pour finir

Montanier varie les supports pour faire passer ses messages en causerie — vidéos, images, citations de Mohamed Ali. Et pour conclure sa conférence, il convoque Einstein avec le sourire : « Je crois que c’est Albert Einstein qui disait que la théorie, c’est quelque chose qui s’explique et qui ne marche pas. La pratique, c’est quelque chose qui marche et qui ne s’explique pas. Moi, c’est à peu près pareil — sauf que je suis bien moins brillant qu’Albert Einstein. » Jeudi à Nice, place à la pratique pour l’ASSE.

Source : conférence de presse Philippe Montanier, 28 mai 2026

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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