Rodez-ASSE : Montanier et Larsonneur face à la vérité — blessures, but casquette et cap fixé

par | Avr 30, 2026 | Ligue 2

ASSE

ASSE : Blessures, groupe abattu, but casquette, calculs de classement, PSG-Bayern comme source d’inspiration — la conférence de presse de Philippe Montanier et Gautier Larsonneur avant le déplacement à Rodez a tout abordé. Sans langue de bois, avec une franchise qui dit beaucoup sur l’état d’un groupe dos au mur. Décryptage complet.

L’infirmerie : le tableau des absents

Montanier a commencé par l’essentiel — l’état du groupe. Et le tableau est lourd pour un match de cette importance. Zuriko Davitashvili, meilleur buteur de l’ASSE, est forfait. Entorse de la cheville contractée face à Troyes, il ne sera pas là samedi. « Je suis quand même bien abîmé. Mais ce matin, il était content. Il me dit que je me sens de mieux en mieux. Pour ce week-end, out. »

Chico Lamba ne reviendra plus cette saison — fracture de fatigue. Mahmoud Jaber a été opéré — « ça se passe bien, il arrive déjà à mieux marcher » — mais sa saison est terminée. Florian Tardieu n’a pas encore repris le terrain. Paul Eymard est indisponible jusqu’à la fin de l’exercice.

Les bonnes nouvelles sont rares mais réelles. Julien Le Cardinal a repris l’entraînement individuel toute la semaine — « c’est une possibilité, on l’espère tous » — mais Montanier ne prendra pas de risques. Aïmen Moueffek a travaillé seul après un gros coup sur le mollet — « on était très, très inquiets » — et son statut sera connu demain. João Ferreira, lui, « a retrouvé toute sa plénitude physique ». Et Ibrahim N’Guessan effectue sa première semaine complète avec le groupe — une option possible mais à manier avec précaution tant les rechutes ont été nombreuses.

Gautier Larsonneur, lui, est décrit comme « en pleine forme ». Un message intentionnel, envoyé publiquement après la polémique du but casquette face à Troyes.

« L’obstacle est le chemin » — Montanier cite Sénèque

Sur la cascade de blessures et la recherche d’un dénominateur commun, Montanier a été honnête. « Non, c’est différent. Sur les traumatismes, on n’y peut rien. Zuriko se fait choper la cheville — ce n’est pas à cause de ce qu’on a fait dans la semaine précédente. » Chaque joueur a son histoire propre, chaque blessure son contexte particulier.

Et puis cette phrase, inattendue, presque philosophique : « L’obstacle est le chemin. On a des obstacles et on doit trouver parmi nos ressources les vertus pour repasser ces obstacles. » Montanier a précisé en souriant que c’était stoïcien, qu’il pensait à Sénèque. « Ça tombe bien parce que nous on a beaucoup d’obstacles. » Un message autant adressé à ses joueurs qu’aux supporters qui cherchent des responsables.

ASSE : Larsonneur assume le but casquette

C’est la séquence la plus attendue. Larsonneur a pris la parole sur son erreur face à Troyes avec une franchise totale. « C’est la 89e minute. On perd 1-0. J’ai une position offensive. Je vois qu’on a une perte de balle. Je me retourne, je vois le ballon, je perds le contrôle. »

Il n’a cherché ni excuse ni bouc-émissaire. « J’en prends toute la responsabilité. J’ai dit à Igor que ce n’était pas du tout de sa faute. C’est moi, en tant que capitaine, en tant qu’ancien du groupe. » L’explication est claire : à 5 minutes de la fin, avec une position offensive assumée, l’attitude était peut-être trop haute. « J’aurais peut-être dû être plus bas, prendre le ballon dans les gants et moins apporter offensivement. »

Sur la suite : « Le samedi soir, on n’a pas beaucoup dormi. Mais dimanche matin, on était là au boulot. La seule chose qu’on maîtrise, c’est le travail. »

Montanier, lui, a défendu son capitaine avec les mots d’un ancien gardien qui reconnaît une situation difficile à gérer. « C’est un but bizarre. Je suis gardien donc je vois tout de suite qu’il est mal orienté. J’ai vu quand il a ses appuis sur la droite, ça va être compliqué de revenir sur la gauche. Ce sont des caractéristiques que moi je comprends bien parce que je les ai vécues. » Et la phrase de solidarité : « Malheureusement pour lui, il fera comme moi, il prendra encore des buts. S’il peut en prendre moins que l’adversaire, c’est top. »

Larsonneur, le capitaine qui prend tout sur lui

Au-delà du but casquette, Larsonneur a développé sa vision du capitanat avec une intensité rare. Trois ans et demi à Saint-Étienne, bientôt trois ans avec le brassard, quatre entraîneurs différents — et le brassard conservé à chaque fois. « Ça fait le troisième coach qui me laisse capitaine. J’ai aussi certaines valeurs qui correspondent à l’identité du club. »

Sa philosophie du leadership est concrète, sans posture. « Quand tu es le premier à arriver à l’entraînement, quand tu bosses énormément, déjà ça, les actes comptent. Tu ne peux pas parler si tu n’es pas crédible sur le terrain. » Et sur les moments difficiles dans le vestiaire : « Avec les anciens, avec 2-3 cadres, on n’a pas peur d’hausser le ton, de parfois en venir aux mains, parce que c’est important de se dire les choses. »

Sur son état physique personnel — revenu de blessure il y a quelques semaines — il est transparent. « Il y a deux ans, je jouais les playoffs à 60%. La vérité, c’est ça. Aujourd’hui, je suis à 100%. » Une différence de contexte qu’il souligne lui-même pour couper court aux spéculations sur un éventuel lien entre ses contre-performances et son retour de blessure.

« Il faut gagner Rodez » — la focalisation totale pour l’ASSE

Sur les calculs de classement et le regard vers Le Mans-Reims, Montanier a balayé d’un revers de main. « Il y a tellement de scénarios possibles que sur tous les matchs sauf le nôtre, j’ai aucune influence. La problématique est toujours la même : on joue Rodez, il faut gagner Rodez. »

Larsonneur a tenu le même discours, avec un œil lucide sur les enjeux : « Comment on gagne Rodez pour mettre la pression sur le Mans et voir comment eux peuvent répondre à ça. » Deux voix, un même message — la concentration totale sur ce qui peut être contrôlé.

Et sur Rodez lui-même, Montanier a rendu un hommage appuyé à Didier Santini : « Rodez détient le record d’Europe d’invincibilité à domicile dans les cinq grands championnats. Personne ne les a battus. On va essayer d’être ceux-là. » Une façon d’embrasser la difficulté plutôt que de la minimiser.

PSG-Bayern : une source d’inspiration

Enfin, Montanier a surpris en évoquant le 5-4 entre le PSG et le Bayern comme outil de motivation pour son groupe. « J’en ai même parlé aux joueurs — ça peut être une source d’inspiration. » Ce qui l’a fasciné : « Cette capacité d’être complètement déstructuré, trouver un équilibre dans cette déstructuration — c’est ça qui était admirable. »

Une anecdote savoureuse au passage : quand il demande à Davitashvili comment prononcer le nom de Kvaratskhelia, le Géorgien lui répond à chaque fois la même chose. « C’est un phénomène, c’est un phénomène. »

Ce samedi soir à Paul-Lignon, l’ASSE n’affrontera pas le Bayern. Mais si elle arrive avec cette même capacité à prendre des risques intelligents, à rester équilibrée dans la déstructuration et à être efficace sur ses occasions — elle aura peut-être retenu l’essentiel.

Source : ASSE.FR

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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