Didier Deschamps et Daniel Riolo s’affrontent ce jeudi devant le tribunal de Paris. En cause : des propos tenus par le chroniqueur de RMC sur la gestion du cas Benzema (France) lors de la Coupe du monde 2022.
Didier Deschamps ne réclame qu’un euro symbolique. Mais l’enjeu du procès qui l’oppose à Daniel Riolo dépasse largement le volet financier. Le sélectionneur des Bleus, accusé de mensonge sur les circonstances du départ de Karim Benzema du groupe France au Qatar, poursuit le journaliste pour diffamation. Une audience à forte charge symbolique, prévue ce jeudi devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Le cœur du dossier ? Les propos de Riolo tenus à l’antenne de RMC le 4 janvier 2023 : « Deschamps nous a menti de A à Z ». Il affirme que le Ballon d’Or 2022 aurait pu rester avec le groupe pour se soigner, et potentiellement participer à la suite du Mondial.
Benzema, blessure légère et départ polémique de l’Equipe de France
Le 20 novembre 2022, à deux jours du premier match des Bleus, Benzema quitte discrètement le Qatar. Officiellement blessé, il n’est jamais remplacé dans la liste. Trois semaines plus tard, Deschamps raconte au Parisien avoir laissé la porte ouverte à un retour, expliquant que Benzema était libre d’organiser son come-back.
Mais l’attaquant réagit sèchement sur Instagram : « Sacré Didier. Bonne nuit… », accompagné d’un émoji clown. Il laisse entendre qu’il n’a pas été consulté et qu’il aurait souhaité rester.
Riolo s’engouffre dans cette brèche médiatique, accusant publiquement Deschamps d’avoir menti à la presse, aux supporters, et au joueur lui-même.
Liberté d’expression contre atteinte à l’honneur
Le débat dépasse la sphère football. Riolo se défend par la voix de son avocat : ses propos relèvent du jugement de valeur, non d’une attaque personnelle. Il estime que critiquer la gestion d’un sélectionneur dans un média sportif est légitime, d’autant qu’il s’agit du traitement du « meilleur joueur du monde » pendant la « plus grande compétition de la planète ».
Deschamps, lui, conteste cette ligne de défense. Son avocate, Me Isabelle Wekstein, souligne une atteinte à l’honneur, une volonté délibérée de nuire et une accumulation de propos diffamatoires. Le sélectionneur sera présent à l’audience, accompagné du médecin des Bleus Frank Le Gall et de l’officier de sécurité Mohamed Sanhadji, pour confirmer les faits.
Reste à savoir si le tribunal reconnaîtra une base factuelle suffisante dans les propos de Riolo pour invoquer la bonne foi, ou s’il considérera que le chroniqueur a franchi la ligne rouge.

