Vice-capitaine des Bleus et pièce maîtresse du Real Madrid, Aurélien Tchouaméni (France) a accordé un long entretien à L’Équipe. Entre ambition, rôle de leader et maîtrise mentale, le milieu défensif assume sa stature grandissante.
Blessé et absent du dernier rassemblement des Bleus, Aurélien Tchouaméni ne lâche rien. À 25 ans, il symbolise une nouvelle génération ambitieuse, lucide et déjà conquérante. Dans une interview sans filtre, le joueur du Real Madrid revient sur son évolution, son rôle au sein de l’équipe de France et son obsession pour la gagne. Des propos forts, révélateurs d’une mentalité rare dans le football moderne.
Tchouaméni, vice-capitaine engagé de la France
« Jouer en sélection, c’est toujours important », affirme d’entrée Aurélien Tchouaméni. Malgré sa blessure, le milieu formé à Bordeaux a suivi les dernières rencontres des Bleus avec une attention de patron. Son absence face à l’Ukraine et l’Azerbaïdjan n’a fait que renforcer sa soif de terrain.
Dans le vestiaire de Clairefontaine, il s’impose naturellement. Pas besoin d’avoir 30 ans pour incarner le leadership : « Ce que j’aime, c’est qu’on est tous potes. Et on se dit les choses. » Intégration des jeunes, transmission des codes, cohésion du groupe… Tchouaméni parle comme un cadre. Et assume ce nouveau statut : « Tous les gars dans le vestiaire, on a envie d’offrir un dernier grand cadeau à Didier Deschamps. »
Tchouaméni, un 6 à l’école d’Ancelotti et Xabi Alonso
Dans une ère où la polyvalence est reine, Tchouaméni reste attaché à son poste de sentinelle : « J’aime avoir le jeu face à moi. En 6, ça dépend de toi. » Mais il sait aussi s’adapter. En double pivot, comme en sélection, il développe d’autres qualités et s’appuie sur des binômes forts comme Fofana ou Camavinga.
Les conseils de ses entraîneurs – Carlo Ancelotti d’abord, puis Xabi Alonso – sont précieux : « Xabi m’a montré dès le premier jour des vidéos pour améliorer mon positionnement. » Et les chiffres parlent : 93 % de passes réussies en Ligue des champions, dont 13 longues sur 16. Une vision de jeu « à la Dak Prescott », comme il aime à le comparer au quarterback des Dallas Cowboys.
La force mentale, le socle du milieu
Être sifflé par le Santiago-Bernabeu, se rater en finale de Coupe du monde, revenir plus fort… Tchouaméni transforme chaque obstacle en moteur. « Soit tu plonges, soit tu joues ton match. Ce jour-là, j’ai franchi un cap. » Il assume ses hauts et ses bas avec une constance émotionnelle bluffante. Son préparateur mental est un atout, ses routines sont réglées comme du papier à musique.
Et s’il devait tirer à nouveau un penalty décisif ? « Je préfère rater que de ne pas y aller. » Cette phrase résume l’homme autant que le joueur. Ambitieux, travailleur et sûr de sa trajectoire.
Source : L’Équipe

