Avant de défier le Paris Saint-Germain, Sofiane Boufal assume plus que jamais son identité. Dribbleur instinctif, joueur de spectacle, le milieu offensif du Le Havre AC refuse de rentrer dans le moule du football moderne. À 32 ans, il défend son style. Sans filtre.
Arrivé en janvier au Havre, Sofiane Boufal a déjà apporté sa touche. Deux passes décisives, des gestes techniques, des petits ponts qui font lever les tribunes.
Contre Toulouse, il a même tenté un lob de près de 50 mètres après un petit pont. « C’était un geste à l’instinct. J’ai besoin d’avoir ce côté naturel pour faire mes gestes et surprendre l’adversaire. » L’instinct. Le mot revient souvent dans sa bouche.
« J’ai toujours été ce joueur frisson »
Boufal ne veut pas être un joueur formaté. Il le dit clairement. « J’ai toujours été ce joueur frisson. Ce joueur qui aime dribbler, percuter. »
Son geste préféré ? Le petit pont. « Le petit pont me procure beaucoup d’émotion. La roulette aussi. »
Dans un football qu’il juge trop mécanique, il revendique la créativité. « Aujourd’hui, c’est un football ordinateur. Il n’y a plus beaucoup de place au talent ni à la magie. » Un discours à contre-courant. Mais assumé.
Un talent forgé dans la difficulté chez Boufal
Le dribble n’est pas qu’un choix esthétique. C’est une nécessité née de son parcours. « À 16 ans, j’avais l’âge osseux d’un enfant de 11 ans. À 17-18 ans, je devais faire 1,55 m. » Boufal a dû compenser. « Pour échapper au contact, je devais voir avant tout le monde, imaginer où le défenseur allait se placer. Tout est calculé en une fraction de seconde. » Le dribble comme arme de survie.
Boufal : « On a essayé de transformer mon jeu »
Au fil de sa carrière, certains ont tenté de le modeler. « On a souvent essayé de transformer mon jeu, mais je ne l’ai jamais changé. J’aurais perdu cette chose qui fait la différence chez moi. J’aurais été un joueur lambda. »
Lucide sur son parcours, il reconnaît avoir manqué certains caps. « Si on parle de pur football, j’avais les qualités pour faire une très grande carrière. Mais on a ce qu’on mérite. » Pas de regrets. Juste une analyse honnête.
Le PSG, terrain idéal pour s’exprimer ?
Face au PSG, Boufal s’attend à des espaces. « Pour un joueur technique, c’est plus facile de s’exprimer contre ce type d’équipe. » (sourire)
Le contexte lui plaît. Un adversaire joueur. Un match ouvert. Et peut-être l’occasion d’illuminer encore une fois la Ligue 1. À 32 ans, Boufal ne cherche plus à convaincre. Il veut vibrer. Et faire vibrer.

