La plateforme Ligue 1+ entre dans une phase critique. Nicolas de Tavernost, sur le départ de LFP Media, défend un modèle qu’il juge incontournable, tout en reconnaissant que la croissance des abonnements sera vitale pour sa survie.
Le débat sur les droits TV n’est pas refermé. Il ne l’a jamais été. Et à mesure que la saison avance, la question de la viabilité de Ligue 1+ revient sur le devant de la scène.
Mardi, Nicolas de Tavernost a pris la parole pour défendre le projet. Face aux critiques de certains dirigeants, notamment Jean-Pierre Rivère, président de l’OGC Nice, qui a évoqué une « erreur stratégique », le directeur général de LFP Media a tenu à recadrer.
« Personne ne peut dire qu’il y avait une solution plus intéressante, ce n’est pas vrai. Sinon, les clubs n’auraient pas voté pour le lancement de Ligue 1+. Les négociations ont été menées de manière professionnelle, sans parti pris », a-t-il assuré.
Ligue 1 + : Une plateforme encore fragile
Officiellement, Ligue 1+ revendique aujourd’hui 1,1 million d’abonnés. Un chiffre solide pour un lancement, mais qui marque le pas après un bon démarrage.
L’objectif affiché est de terminer la saison avec 1,16 million de souscripteurs.
Mais le véritable enjeu se situe plus loin. Pour être économiquement viable, la plateforme devra atteindre 2,1 millions d’abonnés à l’horizon 2028-2029, soit lors de la quatrième saison d’exploitation.
La marche est haute.
L’union des clubs comme condition essentielle
Tavernost a également pointé les tensions internes au football français.
« Je suis arrivé dans une situation compliquée. On ne peut réussir dans ce métier que si on a des actionnaires et une Ligue unis. Toute désunion porte préjudice au projet. »
Un message clair adressé aux présidents de clubs, alors que certains multiplient les prises de position publiques.
Selon lui, le projet présenté est conforme aux engagements initiaux. Mais il demande désormais « des efforts de tout le monde » pour franchir un cap.
De nouveaux leviers pour attirer des abonnés
Pour continuer à recruter, Ligue 1+ pourra s’appuyer sur plusieurs évolutions dès la saison prochaine :
- Récupération de l’affiche du samedi après-midi actuellement diffusée par beIN Sports
- Candidature pour diffuser la future Ligue 3 professionnelle
- Programmation des matches de préparation estivaux
- Diffusion potentielle des barrages européens des clubs français
En revanche, la plateforme ne bénéficiera pas de l’effet Coupe du monde, les droits ayant été attribués à beIN Sports.
Un modèle encore contesté
Malgré les critiques, Tavernost maintient que Ligue 1+ reste « l’unique solution » réaliste dans le contexte actuel.
Le modèle 100 % plateforme est ambitieux. Il suppose une montée en puissance progressive et une fidélisation durable.
Mais dans un marché saturé et face à des acteurs historiques comme Canal+ ou beIN Sports, la bataille sera rude.
Un tournant stratégique pour Ligue 1 +
Ligue 1+ n’est pas en échec. Mais elle n’a pas encore gagné son pari.
À court terme, la croissance doit repartir. À moyen terme, l’unité des clubs sera déterminante.
La plateforme est à un tournant.
Et l’avenir des droits TV du football français dépendra largement de sa capacité à transformer l’essai.

