OL : quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, Paulo Fonseca livre un témoignage fort sur un conflit qui touche directement sa famille.
Entraîneur de l’Olympique Lyonnais depuis janvier 2025, Paulo Fonseca n’a rien oublié. L’ancien coach du Chakhtior Donetsk a accepté de revenir sur l’invasion russe et son impact personnel. Son épouse est ukrainienne. Sa belle-famille a tout perdu. Et les images restent gravées.
« Je me sens toujours plus révolté », confie-t-il.
OL : une guerre qui ne le quitte jamais
Fonseca a fui Kiev en février 2022 avec sa famille. Trente heures de minibus jusqu’à la Moldavie. Des sirènes. De la fumée. La peur.
« Quand j’entends ce bruit à 5 h du matin et que je vois la fumée par la fenêtre, ça ne sort pas de ma tête. »
Sa femme, originaire de Donetsk, avait déjà dû quitter sa ville en 2014. Puis Kiev en 2022. La maison familiale a été détruite quelques jours après leur départ.
Aujourd’hui encore, le couple consulte chaque soir les nouvelles venues d’Ukraine. Les frappes continuent. Les victimes aussi.
Une prise de position politique assumée
Le technicien lyonnais critique ouvertement la position des États-Unis et du président Donald Trump. Il estime que l’Ukraine a été fragilisée diplomatiquement. Il salue en revanche l’attitude d’Emmanuel Macron, qu’il décrit comme l’un des dirigeants européens les plus courageux sur ce dossier.
Fonseca va plus loin. Il dénonce aussi la position de la FIFA.
« Voir la Russie revenir en compétitions alors que l’Ukraine ne peut pas jouer chez elle ? C’est inacceptable. »
Il juge « honteuse » l’attribution du prix de la paix de la FIFA au président américain.
Un rêve de retour en Ukraine
Malgré la guerre, Fonseca garde un attachement profond au pays.
« Je me sens un peu ukrainien. J’aimerais revenir pour aider ce pays, peut-être entraîner la sélection ou retourner au Chakhtior. »
Son fils, lui, parle encore de Kiev comme de « sa maison ».
Au-delà du football, le coach lyonnais rappelle une réalité brutale : « Vous emmenez votre enfant à l’école et vous ne savez pas si vous le reverrez. »
Un témoignage fort. Rare. Qui dépasse largement le cadre du sport.

