Paris FC : dans sa dernière vidéo, Romain Molina s’attaque frontalement à la gestion du club depuis le rachat par la famille Arnault. Il évoque “des erreurs de débutants”, des “dissonances internes” et une “gabegie financière” qui font rire en coulisses.
Dès l’introduction, le ton est donné. Molina explique qu’il voulait parler du PFC depuis un moment, mais que “la nomination imminente d’Antoine Comboiré” est le “moment idéal”, car “plein de médias sont en train de se rendre compte du grand n’importe quoi du Paris FC depuis le rachat par la famille Arnault”. Selon lui, le problème ne date pas d’hier.
“Aucune unité” au sommet du club
Molina insiste : à l’intérieur du club, “il y a toujours eu plusieurs courants, plusieurs factions et rivalités. En fait, il n’y a eu aucune unité”. Il rappelle une règle simple : “Lorsqu’un club n’est pas aligné – actionnaire, directeur sportif, directeur général, coach – ça ne marche pas.”
Il cite en exemple Angers ou Le Havre, “pas parfaits, petits budgets, mais alignés”, ou encore Lens et Lyon cette saison. À l’inverse, au PFC, “c’est tout l’inverse, avec en plus une gabegie financière”.
Les Ferracci : “beaucoup de paroles”
Molina consacre un long passage à la famille Ferracci. Il rappelle que Pierre Ferracci reste actionnaire minoritaire et président, tandis que son fils François, ex-directeur sportif, est parti après des désaccords avec le conseiller nommé par Red Bull .
Il ironise sur certaines déclarations estivales : “Amenez-nous en contrôle, Jürgen Klopp nous a appelés, il nous adore…”
Puis il tranche : “Le problème des Ferracci, c’est ça, c’est qu’ils n’arrêtent pas de parler.”
Il reconnaît qu’ils ont “réussi certaines choses”, mais estime que la communication a parfois dépassé la réalité sportive. Il rappelle aussi que sous leur ère, malgré des budgets parmi “les 3 ou 5 plus gros”, le club n’a jamais réussi à monter avant un concours de circonstances favorable .
Red Bull, Arnault… et “plein de flatteurs”
Molina décrit ensuite une gouvernance éclatée :
- Les Ferracci et leur vision.
- Red Bull (10-11 %), avec Marco Neppe.
- Antoine Arnault, “qui n’est pas au fait des us et coutumes du football”.
- “Plein de gens autour de lui. Plein de flatteurs.”
- “Même des gens de la presse” qui donneraient des conseils .
Il résume le climat :
“Lorsqu’il y a un propriétaire et de l’argent, c’est un pigeon à plumer.”
Mercato du Paris FC : “on a surpayé”
Le volet le plus sévère concerne le recrutement. Molina rappelle les chiffres : “Depuis le début de saison, le PFC a recruté pour plus de 75 millions d’euros, sans compter les salaires, primes et commissions. On doit être minimum à 80-90 millions. Ils ont vendu pour 0 euro. Ils vont perdre plus de 100 millions cette année.”
Il parle d’une “gestion catastrophique”.
Sur certains dossiers :
- Offre à 26 + 3 M€ pour Stassin.
- 20 M€ proposés pour Zabi, acheté 100 000 € quelques mois plus tôt.
- Presque 10 M€ pour Goebbels.
- 3,5 M€ pour Amara Traoré malgré les doutes physiques.
- Tentatives sur Kanté et Dzeko.
- Arrivée de Ciro Immobile dans un contexte qu’il juge flou.
Il résume : “Les sommes ont été surpayées.”
Et ajoute : “Quand tu fais des transferts pareils, les gens pensent quoi ? Ils disent : c’est bon, le PFC balance l’argent.”
“Panic buy” et précipitation au Paris FC
Molina insiste sur un point : “Est-ce que vous trouvez normal que lors du mercato d’été et d’hiver, on en arrive presque à faire des panic buy sur la toute fin, alors qu’on a autant de moyens ?”
Il compare : les clubs qui travaillent dans l’urgence sont “ceux qui n’ont pas de moyens”. Ce n’est pas le cas du PFC.
Pour lui, cette précipitation révèle “non seulement des problèmes de compétences, mais surtout des dissonances au sein même du club” .
Antoine Kombouaré : un choix incohérent pour le Paris FC ?
Sur la nomination d’Antoine Kombouaré, Molina pose une question directe : “Vous pensez sincèrement que c’est Marco Neppe, qui jure par des prospects étrangers, qui s’est dit : l’homme qu’il nous faut, c’est Antoine Kombouaré?”
Il y voit une nouvelle divergence stratégique.
“La plus mauvaise gestion du football français cette année”
La phrase la plus forte tombe vers la fin : “C’est la plus mauvaise saison et gestion du football français cette année.”
Il compare avec Metz ou Nantes, en difficulté mais sans dépenses comparables. Avec une moyenne d’un point par match, le PFC reste menacé malgré des moyens largement supérieurs.
Un avertissement
Molina conclut sur une note générale : “Les propriétaires dans le milieu du football sont malheureusement des pigeons à plumer par des gens autour qui leur chantent monts et merveilles.”
Pour lui, sans alignement clair et sans filtre face aux “parasites”, le PFC risque de continuer à naviguer à vue. Son analyse n’est pas seulement un réquisitoire. C’est un avertissement.
À Paris, l’argent ne suffit pas. Encore faut-il une vision.
Source : Romain Molina

