À la veille du déplacement du Paris Saint-Germain (PSG) au Havre, Luis Enrique a livré une conférence forte et assumée. Entre blessures, fatigue accumulée et ambitions intactes, le technicien espagnol a reconnu une évidence : cette saison ne pourra jamais ressembler à la précédente.
Deux jours après une qualification poussive en huitièmes de finale de Ligue des champions, Luis Enrique s’est présenté détendu, mais profondément lucide. « C’est impossible d’avoir tous les joueurs prêts cette année. C’est impossible. On paye le prix de ce qu’on a fait l’an dernier. Les joueurs ne sont pas des machines. »
Un aveu rare. Le PSG version 2025-2026 est marqué par l’intensité de la saison passée. Le staff a acté qu’il faudrait gérer. Adapter. Composer.
Un PSG toujours compétitif, mais contraint
Paris reste en course pour le titre et toujours engagé en Ligue des champions. Pourtant, le rendement n’est plus tout à fait le même. « Si je prends en considération le contexte, on est dans la course pour gagner la L1 et on est encore là en Ligue des champions, on est à notre niveau. Mais on aimerait jouer comme l’année dernière. » Le retard comptable par rapport à la saison passée est réel. Les blessures aussi. Celle de Fabian Ruiz est particulièrement pénalisante. « C’est un vrai problème pour nous d’avoir des joueurs importants comme Ruiz loin des terrains. »
À cela s’ajoute l’absence de João Neves pour le déplacement en Normandie. « On a beaucoup de problèmes pour avoir trois milieux de terrain. C’est un secteur très important pour nous. »
Safonov confirmé, hiérarchie en mouvement
Autre signal fort : la montée en puissance de Matveï Safonov. « Matveï est un gardien de haut niveau, parfaitement adapté à notre jeu. Il a montré sa capacité à être prêt tout le temps. »
Le Russe semble désormais installé. Et pour Gianluigi Donnarumma, l’avenir immédiat n’est pas clarifié. Interrogé sur une rotation possible entre Ligue 1 et Ligue des champions, Luis Enrique a esquivé avec malice :
« Je le sais mais je ne veux rien dire. » Le message est clair : la concurrence est ouverte.
Lens, le rival assumé du PSG
En Ligue 1, la pression vient du RC Lens. « La différence en L1, c’est qu’il y a Lens qui est au-dessus. Ils font une saison incroyable. C’est motivant. » Paris devra surveiller chaque faux pas. La marge d’erreur est mince. Pour autant, l’entraîneur refuse le catastrophisme.
« Ce qui me rend optimiste, c’est la capacité de l’équipe à gérer les problèmes. » Un PSG moins flamboyant, mais plus résilient.
Le Havre, un piège bien identifié
Face au Le Havre AC, 13e, le match s’annonce accroché. « Ça n’a jamais été facile au Havre. L’an dernier, jusqu’à la 82e minute, il y avait nul. Ce sera compliqué. »
Luis Enrique évoque une équipe plus stable, capable de poser des difficultés, notamment à domicile. Paris n’a pas le droit au relâchement.
Une saison d’adaptation permanente
Le constat final est limpide. « On n’a jamais joué avec les dix joueurs de la finale de Ligue des champions. Jamais. » La gestion est devenue centrale. Gestion physique. Gestion mentale. Gestion stratégique. Mais malgré les absences, malgré l’usure, Paris reste en course sur tous les tableaux. Et Luis Enrique, plus que jamais, assume cette saison « particulière ».

