L’AS Saint-Étienne (ASSE) se déplace sur la pelouse du Pau FC avec l’occasion de confirmer sa métamorphose. Trois victoires en trois matches depuis l’arrivée de Philippe Montanier, une dynamique retrouvée, une première place provisoire en ligne de mire. Mais au-delà de la série, un autre enjeu s’impose : devenir enfin clinique dans les deux surfaces.
Les chiffres parlent. Depuis trois semaines, les Verts gagnent. Ils ont retrouvé de la solidité, un bloc plus compact, une meilleure gestion des temps faibles. Mais Montanier ne se laisse pas griser par les résultats. « Il nous manque l’aspect clinique. » Une phrase répétée. Insistante. Presque martelée. Car derrière les victoires, le contenu reste perfectible.
Produire plus… et mieux pour l’ASSE
Face à Laval, l’ASSE a tenté 20 frappes. Seulement 4 cadrées. À Guingamp, les Verts ont alterné domination et flottements. Sur l’ensemble des trois matches, le volume est là. L’efficacité, elle, tarde à suivre. Montanier le sait. Gagner sans maîtriser totalement reste fragile. « Quel que soit le groupe, quand vous gagnez, il ne faut pas que ça déborde sur du relâchement. On doit progresser. »
L’entraîneur stéphanois refuse l’autosatisfaction. Il veut une équipe capable de tenir 90 minutes, de contrôler le rythme et surtout de transformer ses occasions. À Pau, ce sera un vrai test.
Une animation offensive retrouvée
L’un des changements majeurs depuis l’arrivée du technicien nordiste concerne l’animation offensive. Le trio Irvin Cardona – Zuriko Davitashvili – Lucas Stassin a été relancé dans une configuration plus naturelle. Augustine Boakye a été repositionné plus bas pour alimenter les couloirs. Résultat : plus de liberté pour les ailiers, davantage de projections, un jeu plus direct.
Cardona semble libéré. Davitashvili retrouve ses prises d’initiative. Stassin multiplie les appels et pèse sur les défenses. Mais là encore, la marge de progression reste importante. « On n’a jamais la bonne combinaison. Rien n’est acquis. » Montanier garde ses joueurs sous tension.
Stassin, symbole d’une réussite à débloquer
Lucas Stassin incarne parfaitement cette quête d’efficacité. Le Belge est omniprésent. Généreux. Décisif dans le jeu. Mais il manque encore ce petit déclic devant le but. Il a déjà touché les montants à cinq reprises cette saison. Un chiffre qui résume autant la malchance que l’imprécision. Et l’ironie est savoureuse : Pau est l’équipe qui a le plus heurté les poteaux cette saison (13 fois). L’ASSE est juste derrière avec 9. Autrement dit, les deux formations savent se créer des occasions. Reste à les concrétiser.
Pau, un adversaire imprévisible
Le Pau FC n’est pas un adversaire anodin. Capables d’inscrire quatre buts à Troyes la semaine passée, les Palois affichent l’une des meilleures attaques de Ligue 2 en 2026… mais aussi l’une des défenses les plus friables. Un profil paradoxal. Spectaculaire. Dangereux. Montanier a prévenu. « C’est une des meilleures attaques du championnat. Ils vont très vite devant. Ce sera un gros test pour nous. » L’ASSE devra donc conjuguer maîtrise offensive et vigilance défensive.
Une première place en ligne de mire pour l’ASSE
En cas de succès, les Verts pourraient s’emparer provisoirement de la tête du championnat. Une perspective presque impensable il y a trois semaines, lorsque l’équipe sortait d’une série inquiétante. Mais là encore, Montanier refuse de se projeter.
Il parle d’échéance. De progression. De match référence. À Pau, l’objectif dépasse la simple série de victoires. Il s’agit d’affirmer un style. D’imposer une identité. Et surtout de prouver que cette dynamique repose sur autre chose que l’élan émotionnel du changement d’entraîneur. Car en Ligue 2, la montée ne se joue pas uniquement à l’enthousiasme. Elle se gagne à l’efficacité.
Et samedi soir, au Nouste Camp, ce sera le véritable juge de paix.

