Philippe Montanier refuse tout emballement. L’entraîneur de l’AS Saint-Étienne (ASSE) avance avec méthode, lucidité et ambition. Avant le déplacement à Pau, le coach des Verts réclame un « match de référence » et insiste sur l’exigence collective.
Trois victoires depuis son arrivée. Une dynamique retrouvée. Mais pour Philippe Montanier, pas question de s’enflammer. « On avance échéance par échéance », martèle le technicien de l’AS Saint-Étienne.
Son objectif initial était clair : « Briser cette mauvaise dynamique, remettre un bloc plus compact, une défense plus hermétique tout en gardant nos qualités offensives. » Mission en partie accomplie. Mais l’ancien coach de la Real Sociedad voit encore des axes de progression.
Après avoir revu la rencontre précédente, Montanier a nuancé son analyse. « À chaud, j’avais trouvé la deuxième mi-temps pas satisfaisante. Mais en la revoyant, rien à voir avec Guingamp ou Montpellier. On a partagé le temps de jeu, eu plus d’occasions. Ce qui nous a manqué, c’est la finition. Zéro tir cadré en deuxième période. »
Le constat est lucide. « On est plus sur 60-70 minutes de maîtrise. Maintenant, j’aimerais un match de référence. Peut-être que ce sera Pau. »
Infirmerie : des retours attendus, d’autres plus longs à l’ASSE
Sur le plan médical, les nouvelles sont contrastées. « Chico a repris partiellement avec le groupe, j’espère une reprise complète la semaine prochaine. Max Bernauer est en très bonne voie. » Mahmoud Jaber progresse également, même si Montanier plaisante : « Il est impatient. On est obligé de l’attacher au radiateur pour ne pas qu’il vienne nous perturber sur le terrain. »
Pour Lassana Traoré, en revanche, « ce sera plus long ». Nadir El-Jamali va subir une légère intervention au genou. « On attendra le résultat pour en dire plus. »
La concurrence au milieu reste un atout. « Abondance de biens ne nuit pas. Plus j’ai de joueurs de qualité, mieux je me porte. » Il cite notamment Aïmen Moueffek et Florian Tardieu. « Aïmen a toutes les qualités pour nous aider. Flo a fait une séance complète, il peut postuler à plus de temps de jeu. »
Le message est clair : « Il y a une équipe qui commence et une autre qui finit. On aura besoin de tout le monde. »
Potentiel offensif, mais exigence clinique
Montanier ne doute pas du potentiel offensif stéphanois. « On a une vingtaine de tirs, quatre cadrés seulement. Il faut être plus clinique. » Il garde confiance en ses attaquants. « Avec la confiance, on se crée des occasions. Il faut que ça paye davantage. »
Il insiste aussi sur l’implication collective dans les phases offensives. « L’attaque de l’ASSE ne doit pas être réservée aux attaquants. Les latéraux, les centraux doivent amener du surnombre. » Il cite l’exemple de Julien Le Cardinal ou encore le repositionnement réussi de Ben Old. « C’est une machine. Il court, il défend, il attaque. Il faut encore améliorer la coordination, mais il performe. »
L’équilibre reste la clé. « On cherche toujours le bon compromis entre défense et attaque. »
Un groupe soudé et responsabilisé à l’ASSE
Montanier met un point d’honneur à valoriser tous les acteurs du club. « Les capitaines sont là pour leurs qualités humaines. Vous pouvez être important dans le vestiaire sans être titulaire. » Il évoque Dennis Appiah comme relais essentiel à l’ASSE. Et va plus loin : « Même la femme de ménage est importante. Tout le monde compte. »
La dynamique actuelle apporte de la sérénité. « On se nourrit des victoires. Mais attention au relâchement. Quand on bosse, on bosse. Il n’y aura aucun relâchement possible. »
Le déplacement chez le Pau FC s’annonce corsé. « C’est une des meilleures attaques du championnat. Très rapide, très efficace. Un gros test pour nous. »
Montanier le sait : la route vers le maintien reste longue. « On joue toujours le maintien. Le championnat est très serré. On doit être satisfaits, mais on peut mieux faire. On doit mieux faire. »
Un quatrième succès consécutif permettrait d’égaler une performance signée autrefois par Robert Herbin. « Le Sphinx ! Quelle référence… Quatre victoires, c’est une bonne idée. On va essayer de s’y mettre. »
Le message est limpide. Pas d’euphorie. Pas de projection. Juste du travail. Et l’ambition d’un match plein, enfin maîtrisé de bout en bout.

