Il y a un an, le PSG le laissait filer vers Manchester City. Aujourd’hui, Rayan Cherki est le meneur de jeu numéro 1 de Premier League. Deux passes décisives de plus contre Chelsea dimanche. Dix au total cette saison. Les stats donnent le vertige. Portrait d’un crack qui explose au plus haut niveau.
Pep Guardiola avait prévenu avant le match. Cherki lui a donné raison. Dimanche, face à Chelsea (3-0), le Français a une nouvelle fois illuminé la Premier League avec deux passes décisives de classe mondiale. Un centre parfait pour la tête de Nico O’Reilly, puis un extérieur du pied gauche inspiré pour Marc Guéhi. Résultat : 9e et 10e passes décisives en une seule saison. Du jamais vu depuis Dimitri Payet, il y a dix ans.
Les chiffres d’un phénomène
Le radar datascout.fr ne laisse aucun doute. Cherki, 22 ans, affiche des statistiques monstrueuses à Manchester City cette saison. Passes décisives au 100e percentile, xA au 100e percentile, passes vers la surface au 100e percentile, passes pénétrantes au 100e percentile, courses progressives au 100e percentile. Autrement dit : sur pratiquement tous les critères de création, il est au sommet absolu de la Premier League.
Son indice de performance confirme ce statut hors norme. Cherki est classé numéro 1 en Premier League dans le rôle de meneur de jeu avec un score parfait de 100. Numéro 2 comme meneur de jeu excentré avec 79. Sa valeur marchande estimée atteint désormais 174 millions d’euros. Sous contrat jusqu’en 2030, Manchester City tient un trésor.
Seuls deux axes d’amélioration ressortent : il rate encore beaucoup de dribbles et cadre peu de tirs. Des détails que Guardiola travaille activement à corriger.
Guardiola en mode prophète
Le manager catalan a trouvé les mots forts après la rencontre. Il décrit Cherki comme « l’un des joueurs les plus incroyablement talentueux qu’il ait jamais vus » et espère le garder longtemps. Mais Guardiola a aussi posé le défi suivant : « Ses parents lui ont donné un talent, mais pour jouer près d’Haaland. Parfois, il joue près de Donnarumma et ça ne sert à rien. Quand il commencera à faire ça, il deviendra un joueur extraordinaire. »
Un message clair. Cherki a les qualités, mais doit encore apprendre à maintenir son niveau d’influence sur 95 minutes complètes. « Son éthique de travail est incroyable. Parce que sinon il sait qu’il ne jouera pas », a ajouté Guardiola. La pression est là. L’exigence aussi. Et Cherki répond présent.
Cherki : Dans la lignée des grands Français
Avec ses 10 passes décisives en une saison, Cherki entre dans un cercle très fermé. Il n’est que le septième Français à atteindre ce seuil en Premier League, après Eric Cantona, David Ginola, Thierry Henry, Robert Pirès, Laurent Robert et Dimitri Payet. « Que des grands noms », a reconnu l’ancien Lyonnais au micro de Canal+, avant de relativiser : « Dix passes décisives, c’est bien, mais ce n’est pas assez. »
À 22 ans, il est déjà dans la légende du football français en Angleterre. Et il n’a pas encore atteint son pic.
Cherki : Le PSG peut avoir des regrets ?
Les profils similaires identifiés par datascout sont De Ketelaere (97%) et Fermín López (91%). Des joueurs de très haut niveau. Mais Cherki, lui, est au-dessus. Numéro 1 en Premier League. À 174 millions d’euros de valeur marchande. Et le PSG l’a laissé partir. Luis Campos, qui rêvait de le signer depuis deux ans, a vu le dossier lui passer sous le nez à la dernière minute. Manchester City ne s’est pas fait prier.
Un an après, alors que Paris lorgne désormais Akliouche avec les mêmes hésitations budgétaires, la question mérite d’être posée : le PSG va-t-il reproduire la même erreur deux fois de suite ?


