Bleus – La liste de Didier Deschamps pour la Coupe du monde 2026 sera dévoilée le 14 mai. Derrière Mike Maignan et Brice Samba, la hiérarchie des gardiens français est un vrai casse-tête. Lucas Chevalier ne joue plus au PSG. Robin Risser est méconnaissable depuis trois mois. Jean Butez est irrégulier avec Côme. Et Hugo Lloris, 39 ans, revient dans la conversation depuis la MLS. Les data Data’Scout permettent de trancher — ou au moins d’alimenter le débat.
L’état des lieux : une hiérarchie floue derrière les deux titulaires
Maignan et Samba sont intouchables. Sur eux, pas de débat. C’est pour la 3e place que tout se complique. Quatre noms circulent, quatre situations très différentes, et aucun qui s’impose naturellement.
Lucas Chevalier (PSG, 24 ans) : recruté par le PSG pour concurrencer Safonov, il n’a plus été titularisé depuis le 23 janvier. 1 673 minutes cette saison. Son isolement dans le vestiaire parisien est évoqué en interne. Son niveau aux séances du dernier rassemblement avait soulevé des questions chez certains coéquipiers.
Robin Risser (Lens, 2 884 minutes) : remarquable en phase aller, méconnaissable depuis trois mois. Une chute de niveau aussi brutale qu’inexpliquée.
Jean Butez (Côme, 3 228 minutes) : le plus régulier des trois en termes de temps de jeu, mais pas irréprochable sur les grandes affiches avec Côme en Serie A.
Hugo Lloris (Los Angeles FC, 39 ans) : retraite internationale depuis janvier 2023, mais en grande forme en MLS — huit clean sheets en neuf matchs, 593 minutes sans encaisser. Et selon L’Équipe, il ne dirait pas non à un retour comme numéro 3.
Ce que les Data disent : Butez domine, Chevalier surprend
Le radar comparatif entre Chevalier, Butez et Risser est parlant. Butez ressort devant sur presque tous les critères : buts évités, clean-sheets, passes longues réussies, longueur moyenne des passes. C’est le gardien le plus complet des trois sur l’ensemble de la saison — et c’est celui qui a joué le plus (3 228 minutes), dans un championnat plus relevé que la Ligue 1.
Chevalier compense son manque de temps de jeu par de bons scores sur les arrêts et les buts évités par xG subis — quand il joue, il est performant. Ses sorties sont également un point fort visible sur le radar. Le problème n’est pas son niveau quand il est dans les buts. C’est qu’il n’y est presque plus jamais. Et que ses erreurs lui ont couté chere.
Risser est le plus décevant des trois sur le radar. Ses scores sur les buts évités et le ratio xG subis sont nettement inférieurs aux deux autres — ce qui confirme la chute de forme évoquée par L’Équipe. Le Lensois a clairement passé sa meilleure période en phase aller et n’a pas su maintenir le niveau.

Le cas Lloris : romantisme ou vraie option pourles Bleus ?
L’hypothèse Lloris a resurgi et elle mérite d’être prise au sérieux — pas pour des raisons sentimentales, mais sportives. 8 clean sheets en 9 matchs en MLS, une série de 593 minutes sans encaisser, un joueur qui connaît parfaitement les États-Unis, les stades, les conditions climatiques. Pour un rôle de numéro 3 — celui qui ne joue pas sauf accident — l’expérience prime sur la forme récente.
Mais Deschamps a rarement changé le statut de ses cadres. Il sait que rappeler Lloris à 39 ans, c’est potentiellement créer une tension interne autour d’un joueur habitué à être numéro un. L’exemple Giroud en 2022 est dans toutes les mémoires. Et selon ses proches, Lloris « ne fera jamais campagne pour être là » — ce qui ne simplifie pas la décision du sélectionneur.
Le verdict : Butez mérite sa place, mais Chevalier reste en course chez les Bleus
Sur les données pures, Jean Butez est le gardien français le plus en vue derrière les deux titulaires. Son temps de jeu en Serie A, son niveau de performance sur la durée, et sa régularité en font le candidat le plus légitime à la 3e place.
Mais Deschamps a déjà fait le choix Chevalier en mars — et sauf catastrophe, il est difficile pour le sélectionneur de se déjuger en l’écartant. Le staff expérimenté ne prendra sans doute pas le risque de convoquer sur un grand tournoi un joueur dont il ne connaît pas l’état d’esprit — mais cette même prudence pourrait jouer en faveur de Chevalier, dont l’attitude dans les séances avait été appréciée.
Risser est hors course. Lloris reste une option romantique, pas encore une certitude. Butez mérite d’y aller. Chevalier a la prime au sortant.
Le 14 mai, Deschamps tranchera pour les Bleus. Et peu importe son choix, il sera contesté.

