ASSE – Début juin, les propriétaires de Saint-Étienne souffleront leur deuxième bougie à la tête du club. Deux ans de projet Kilmer, c’est 22 arrivées, 22 départs, 65 millions d’euros investis, une relégation en Ligue 1 et une remontée en Ligue 2 qui se joue encore. Bilan d’une transformation radicale en chiffres.
22 contre 22 : le grand renouvellement
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis juin 2024, l’ASSE a enregistré 22 arrivées et 22 départs. Un turnover massif qui a profondément reconfiguré l’effectif stéphanois en l’espace de deux mercatos. Côté arrivées, les noms s’accumulent : Yunis Abdelhamid, Ben Old, Zuriko Davitashvili, Augustine Boakye, Brice Maubleu, Pierre Cornud, Lucas Stassin, Pierre Ekwah, Igor Miladinović, Irvin Cardona, Maxime Bernauer, Mahmoud Jaber, Lassana Traoré, Chico Lamba, João Ferreira, Ebenezer Annan, Joshua Duffus, Strahinja Stojković, Abdoulaye Kanté, Julien Le Cardinal, Marten-Chris Paalberg et Aboubaka Soumahoro.
Du côté des départs, Dylan Chambost, Étienne Green, Maxence Rivera, Darling Bladi, Mathieu Cafaro, Thomas Monconduit, Mathis Amougou, Mahmoud Bentayg, Léo Pétrot, Louis Mouton, Yvann Maçon, Boubacar Fall, Beres Owusu, Anthony Briançon, Benjamin Bouchouari, Ibrahima Wadji, Lamine Fomba, Dylan Batubinsika, Ibrahim Sissoko — ainsi que Yunis Abdelhamid, Pierre Cornud et Pierre Ekwah, revenus puis repartis, illustration d’une gestion parfois brouillonne des rotations.
65,45 M€ investis, 38,80 M€ récupérés : un solde négatif assumé
Le projet Kilmer a mis la main au portefeuille. La valeur marchande cumulée des arrivées atteint 65,45 millions d’euros, contre 38,80 millions d’euros pour les départs. Un solde négatif de près de 27 millions d’euros qui traduit une volonté claire : investir pour reconstruire, pas pour équilibrer les comptes à court terme.
La logique est lisible dans les chiffres démographiques. L’âge moyen des arrivées est de 24,6 ans, contre 27,6 ans pour les départs. Kilmer a vendu de l’expérience pour acheter de la jeunesse. Le projet est celui d’un club qui se projette sur plusieurs années, pas d’une direction qui cherche à survivre mercato après mercato.
ASSE : une relégation, une remontée qui se joue à deux journées de la fin
Le bilan sportif est bien plus nuancé. La première saison sous Kilmer s’est soldée par une relégation en Ligue 2 — douloureuse, même si le club était déjà dans une situation précaire à l’arrivée de KSV (financièrement parlant). Une transition difficile, aggravée par un groupe en reconstruction et des choix d’entraîneur ratés.
La deuxième saison, celle en Ligue 2, devait être celle de la démonstration. Elle est celle de la résilience. L’ASSE est toujours en course pour la montée directe à deux journées de la fin, sans avoir affiché la domination attendue d’un club de son standing en deuxième division. Les Verts ont souffert, douté, encaissé des résultats décevants — et Gautier Larsonneur, dont les données Data’Scout ont révélé les limites cette saison, n’a pas toujours aidé à tenir des résultats serrés.
Mais le club est là, dans la course. Une montée en fin de saison serait un soulagement plus qu’un exploit — et c’est peut-être ça le problème. Deux ans après l’arrivée de Kilmer, Saint-Étienne devrait dominer la Ligue 2, pas la subir.
ASSE : Plus jeune, plus valorisé, pas plus efficace
La formule qui résume le projet Kilmer est celle-là : plus jeune, plus valorisé, mais encore en construction. Et les ratés sont encore bien trop nombreux vu les sommes dépensées. Le recrutement a été globalement cohérent avec l’ambition affichée — des joueurs jeunes, à fort potentiel, recrutés à des prix raisonnables. Stassin, Davitashvili, Old ont montré des choses intéressantes. Mais la somme des individualités n’a pas encore produit le collectif attendu. Et surtout, plusieurs dossiers n’ont pas apporté les effets escomptés…
La vraie question pour les mois à venir n’est pas de savoir si le projet est viable — les chiffres suggèrent que oui. Elle est de savoir si la direction sportive et le staff technique sont en mesure d’accélérer la courbe de progression. Deux ans, c’est court pour reconstruire un club de fond en comble. Mais les supporters stéphanois, eux, n’ont plus beaucoup de patience à revendre.
Le troisième anniversaire de Kilmer, en juin 2027, dira si le projet tient ses promesses. Pour l’instant, le verdict est suspendu aux deux dernières journées de Ligue 2. ET cet été, il faudra avoir le nez creux. Dépenser c’est bien. Avoir de bonnes idées c’est mieux.
Source : Transfermarkt

