La question revient régulièrement dans le débat footballistique français. Corentin Tolisso mérite-t-il encore sa place en équipe de France ? À 31 ans, le milieu de l’OL est toujours international, mais les données datascout permettent de comparer objectivement son niveau avec ses concurrents directs pour un poste en sélection. Le verdict est sans appel.
Corentin Tolisso fait partie de ces joueurs qu’on n’ose pas vraiment remettre en question tant son nom inspire le respect. Champion du monde 2018, international confirmé, cadre de l’OL. Mais les stats, elles, ne s’embarrassent pas de la réputation. Et quand on les compare à celles de Zaïre-Emery, Tchouaméni, Koné ou Rabiot, le constat est difficile à ignorer.
Tolisso : de vraies qualités, mais un niveau en dessous
Les données datascout.fr positionnent Tolisso comme le 22e milieu box-to-box de Ligue 1 avec un score de 77, 7e meneur de jeu avec 73, et 26e mezzala avec 72. Sa valeur marchande estimée est à 12 millions d’euros. Des chiffres corrects pour un joueur de Ligue 1, mais insuffisants pour prétendre à une place régulière en équipe de France face à la concurrence actuelle.
Ses points forts sont réels : passes réceptionnées au 86e percentile, passes dernier tiers au 87e percentile, passes progressives au 83e percentile. Tolisso reste un bon distributeur, capable de faire jouer son équipe vers l’avant. Il marque aussi — 7 buts en 25 matchs cette saison — avec besoin de peu de tirs pour être efficace.
Mais ses faiblesses sont tout aussi évidentes. Il rate beaucoup de dribbles, tacle peu, et ne fait pas progresser le ballon par la course. Son profil physique est particulièrement préoccupant : vitesse max au 21e percentile, sprints au 25e percentile, accélérations légères au 43e percentile. À 31 ans, Tolisso n’est plus le milieu dynamique et percutant qu’il était à la Coupe du monde 2018.
Zaïre-Emery : une autre dimension
La comparaison avec Warren Zaïre-Emery est implacable. Le milieu du PSG, 20 ans seulement, est évalué à 175 millions d’euros et affiche des statistiques d’un autre niveau. 4e milieu box-to-box de Ligue 1 avec 91, 3e arrière latéral avec 86, 5e mezzala avec 84. Son profil physique est stratosphérique : distance parcourue au 100e percentile, distance à faible intensité au 100e percentile, courses à haute intensité au 88e percentile.
Zaïre-Emery fait tout bien : il réussit la majorité de ses passes vers l’avant, en profondeur, longues, progressives. Il parcourt une distance extraordinaire par match. Son seul défaut identifié : il perd la majorité de ses duels offensifs et provoque peu de fautes. Des détails mineurs face à l’étendue de ses qualités. Il n’y a aucun débat possible entre les deux joueurs sur le plan des données.
Tchouaméni : le patron défensif
Aurélien Tchouaméni, lui, joue dans un registre différent mais tout aussi impressionnant. À Real Madrid, il est classé numéro 1 en Liga comme milieu sentinelle avec un score de 89. Sa valeur marchande est estimée à 62 millions d’euros. Ses points forts parlent d’eux-mêmes : interceptions au 93e percentile, duels aériens gagnés au 87e percentile, précision passes au 93e percentile, passes réceptionnées au 84e percentile. Il tacle beaucoup, intercepte beaucoup, touche beaucoup de ballons. C’est le milieu défensif de référence du football français, et aucune donnée ne remet cela en question.
Koné et Rabiot : deux profils différents mais légitimes
Manu Koné, 24 ans, évolue à Roma et affiche une valeur marchande de 35 millions d’euros. Classé 15e milieu box-to-box de Serie A avec 82, il se distingue par sa précision de passes au 97e percentile, ses dribbles réussis à 77 et sa capacité à remporter ses duels défensifs. Il reste en progression et s’impose progressivement comme un candidat sérieux pour la sélection.
Adrien Rabiot, à Milan, est peut-être la surprise de cette comparaison. À 30 ans, il affiche des stats impressionnantes : numéro 1 en Serie A comme mezzala avec 93, 6e milieu box-to-box avec 91, 3e milieu relayeur avec 84. Sa valeur est estimée à 19 millions d’euros. 5 buts, 4 passes décisives en 21 matchs. Passes progressives au 95e percentile, courses progressives au 95e percentile, passes décisives au 89e percentile. Rabiot est en grande forme en Italie et mérite clairement sa place dans ce débat.
Le verdict des données : Tolisso en outsider
Le radar comparatif entre les quatre joueurs est édifiant. Sur presque tous les critères — passes réceptionnées, passes progressives, passes dernier tiers, courses progressives — Zaïre-Emery, Tchouaméni, Koné et Rabiot surclassent Tolisso. Le seul domaine où le Lyonnais se maintient à niveau, c’est la création dans le dernier tiers. Mais ce n’est pas suffisant pour justifier une présence régulière dans un milieu de terrain qui a rarement été aussi bien doté.
À 31 ans, avec 12 millions d’euros de valeur marchande et des stats de milieu milieu de Ligue 1, Tolisso n’est plus le choix évident qu’il a pu être. Les données ne mentent pas. La concurrence est trop forte, trop jeune, trop talentueuse. Le débat mérite d’être posé sérieusement.
Source : Datascout.fr


