Ligue 1 : 466 M€ de pertes, les transferts ne suffisent pas à équilibrer les comptes
La Ligue 1 affiche une perte nette cumulée de 466 millions d’euros pour la saison 2024-2025, selon le rapport annuel de la DNCG. Pourtant, les opérations de transfert ont dégagé un résultat positif de 743 millions. Ce contraste illustre la fragilité du modèle : les revenus du mercato compensent une partie du déficit, sans ramener les comptes à l’équilibre.
Le bilan porte sur l’exercice 2024-2025. Il décrit les résultats financiers de cette saison, et non la situation de trésorerie actuelle de chaque club.
En ajoutant la Ligue 2, la perte nette cumulée atteint 541,6 millions d’euros, contre 269,5 millions lors de l’exercice précédent. Le déficit a donc approximativement doublé.
Trois chiffres pour comprendre le bilan du football français
Le rapport distingue plusieurs étapes du compte de résultat. Elles ne mesurent pas la même chose.
| Indicateur — Ligue 1 et Ligue 2 cumulées | Saison 2024-2025 |
|---|---|
| Résultat des opérations hors mutation | −1 404,4 M€ |
| Résultat des opérations de mutation | +886,2 M€ |
| Résultat net | −541,6 M€ |
Le premier chiffre représente l’écart entre les produits et les charges hors opérations de mutation. Le deuxième mesure le résultat comptable des opérations liées aux transferts. Le résultat net tient également compte des éléments financiers, exceptionnels et fiscaux.
Les 1,4 milliard d’euros de déficit hors mutation et les 542 millions de perte nette ne sont donc pas deux versions concurrentes d’un même chiffre. Ils correspondent à deux niveaux différents du bilan.
En Ligue 1, les revenus diminuent plus vite que les dépenses
Les produits hors mutation de la Ligue 1 reculent de 15 % sur l’exercice. Les charges d’exploitation restent, elles, globalement stables.
La rémunération brute du personnel diminue pourtant de 7 %. Cet ajustement ne suffit pas à compenser la baisse des produits, notamment celle liée aux versements CVC comptabilisés dans les autres produits.
Le résultat net passe ainsi de −164,2 millions à −466,1 millions d’euros. Le problème ne se résume donc pas à l’absence d’efforts sur les salaires : l’évolution de l’ensemble des ressources et des dépenses doit être examinée.
Le mercato amortit les pertes, avec des conséquences sportives
Le résultat des opérations de mutation atteint 743,4 millions d’euros en Ligue 1, en hausse par rapport à l’exercice précédent.
Ce montant ne doit pas être confondu avec les recettes brutes des ventes de joueurs. Le rapport présente séparément les prix de cession, qui dépassent 1,1 milliard d’euros.
Pour les clubs, cette contribution du mercato crée un arbitrage sportif : vendre peut améliorer les comptes, mais oblige aussi à remplacer les joueurs concernés et à reconstruire une partie de l’effectif. Une bonne opération financière et le maintien de la compétitivité ne coïncident pas automatiquement.
En Ligue 2, des charges réduites mais un déficit persistant
La Ligue 2 enregistre environ 201,7 millions d’euros de produits hors mutation, contre 417,3 millions de charges.
Les dépenses diminuent de 17 %, mais les produits reculent davantage, de 37 %. Le résultat positif des mutations, à 142,8 millions, contribue à limiter les pertes. Le résultat net reste néanmoins négatif, à −75,4 millions d’euros.
Enfin, le soutien des actionnaires doit être distingué des revenus commerciaux. Une augmentation de capital ou une avance en compte courant peut financer le club sans effacer sa perte comptable. Un abandon de créance peut, lui, avoir un effet sur le résultat.
Le bilan DNCG documente ainsi une dépendance aux transferts et aux financements extérieurs. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure que tous les clubs déficitaires sont menacés de faillite : cette appréciation nécessite aussi leurs disponibilités, leurs échéances et leurs garanties de financement.
Sources : rapport DNCG « Situation du football professionnel, saison 2024-2025 », comptes cumulés ; synthèse de Foot Unis du 23 avril 2026.