De retour au FC Nantes pour tenter de sauver le club du maintien, Vahid Halilhodzic n’a pas caché l’ampleur de la mission. Entre humour, franchise et exigence, l’entraîneur franco-bosnien a livré un discours fort devant la presse et les supporters, bien décidé à bousculer un groupe en difficulté.
Le retour de Vahid Halilhodzic à Nantes n’a laissé personne indifférent. À 73 ans, l’ancien entraîneur des Canaris revient avec un objectif clair : sauver un club qu’il considère toujours comme le sien.
Dès les premières minutes de sa prise de parole, le technicien a donné le ton avec humour. « Il faut un petit peu rigoler là. Tout le monde fait la gueule. Même la presse, même partout. Heureusement je suis arrivé ! », a-t-il lancé avec un sourire.
Mais derrière la plaisanterie, le message est sérieux : la situation du FC Nantes est critique.
Nantes « C’est mon club »
Pourquoi revenir dans un tel contexte ? La question lui a été posée directement. Et la réponse est venue avec la franchise qui caractérise souvent Halilhodzic. « Pourquoi j’ai pas le droit de venir au FC Nantes ? C’est mon club », a-t-il répondu.
L’ancien attaquant emblématique des Canaris reconnaît toutefois que sa décision n’a pas été simple. « Beaucoup de gens se posent la question. Même moi. Même mes amis m’ont dit qu’ils ne comprenaient pas », a-t-il confié.
Au départ, sa réponse était même négative. « Quand ils m’ont contacté, ça a été niet tout de suite », explique-t-il.
Mais l’insistance du club et l’attachement qu’il ressent pour Nantes ont finalement fait la différence. « Ça m’a mis trois jours pour dire oui à la fin », raconte-t-il.
Une mission presque impossible pour Nantes
Halilhodzic ne se fait aucune illusion sur la difficulté de la tâche. Avec neuf matches restants et une position dangereuse au classement, le maintien ressemble à une mission très compliquée. « Quand vous regardez le positionnement en Ligue 1 et les neuf prochains matchs, c’est presque mission impossible », admet-il.
Mais le technicien assume pleinement ce défi. « Je suis venu pour essayer de tenter un exploit, un challenge énorme », affirme-t-il. Fidèle à son tempérament, il se montre prêt à relever ce défi malgré son âge. « Je suis courageux, je n’ai peur de rien », assure-t-il.
Et même s’il reconnaît l’incertitude du résultat final, il veut au moins tenter quelque chose. « Est-ce que je vais réussir ? C’est très difficile. Mais je vais tenter quelque chose. »
Un message clair aux joueurs
Depuis son arrivée, Halilhodzic a déjà prévenu son groupe : le travail sera intense. « J’ai dit tout de suite aux gars : ça ne va pas être facile avec moi. On va beaucoup travailler », explique-t-il.
Le message est simple : ceux qui ne sont pas prêts à s’investir peuvent partir. « Si quelqu’un pense qu’il ne peut pas accepter ça, il me dit au revoir, c’est tout », prévient-il.
Selon lui, les joueurs doivent comprendre ce qu’ils risquent en cas de relégation. « S’ils jouent en deuxième division, ils seront payés trois fois moins », rappelle-t-il.
Et au-delà de l’aspect financier, la descente aurait aussi un impact sur leur carrière. « Ils perdent la crédibilité, ils perdent la légitimité », ajoute-t-il.
« Nantes est un monstre »
Halilhodzic a également tenu à s’adresser aux supporters, qu’il a rencontrés peu après son arrivée. Il comprend leur colère mais demande aussi leur soutien dans cette période difficile.
« Je sais qu’ils sont tristes, qu’ils sont mécontents, qu’ils sont en colère », reconnaît-il. Mais il rappelle aussi son attachement au club. « Aujourd’hui, je ne peux pas dire qu’ils aiment plus Nantes que moi », affirme-t-il.
Pour lui, l’identité du club doit redevenir une force. « Nantes, c’est un monstre. C’est mondialement connu », rappelle-t-il. Et la Beaujoire doit redevenir une forteresse. « Les joueurs ont peur de jouer à domicile. Normalement, c’est votre jardin », regrette-t-il.
Bousculer les habitudes
Le nouveau coach nantais veut désormais provoquer un électrochoc dans le vestiaire. « Il faut les bousculer. Il faut bousculer le quotidien », insiste-t-il. Pour Halilhodzic, accepter la défaite sans réagir est la pire chose possible. « Perdre sans se révolter, c’est la pire chose », estime-t-il.
Son rapport à la défaite est d’ailleurs très clair. « Quand je perds un match, je ne dors pas. Je suis comme un lion enfermé dans une cage », confie-t-il.
Selon lui, l’équipe manque surtout de leadership. « Il n’y a pas de leader qui peut bousculer », analyse-t-il.
Une anecdote avec Abline
Halilhodzic a également raconté une discussion avec l’attaquant Matthis Abline. « On m’a dit que c’était un bon joueur », explique-t-il.
Mais le technicien n’a pas résisté à une petite pique pour motiver son joueur. « Je lui ai demandé combien de buts il avait marqué cette saison. Il m’a dit quatre », raconte-t-il.
La réponse du coach a fait sourire. « En un match j’ai marqué quatre buts », lance-t-il en plaisantant. Mais derrière la boutade, le message est clair : Halilhodzic veut aider son attaquant à franchir un cap.
« Je dois aider Matthis. Il a beaucoup de qualités », conclut-il.
Conférence de presse de Nantes
Prolongations
Nantes : la méthode Vahid déjà à l’œuvre pour sauver les Canaris

