Il a planté le coup de grâce en temps additionnel contre son club formateur, d’une frappe du gauche — son moins bon pied — qui a laissé Anthony Lopes immobile. Valentin Rongier a été le héros du derby breton dimanche soir. Et ce but symbolique résume parfaitement une saison XXL que les data Data’Scout viennent confirmer avec éclat.
« Le derby a écrit sa propre histoire et c’est l’histoire de Val »
La scène restera dans les mémoires rennaises. 90e+2, corner de Szymanski, le ballon revient dans les pieds de Rongier — une frappe pas très forte, juste placée, du gauche. Anthony Lopes ne bouge pas. 2-1. Le kop rennais exulte, Rongier ne célèbre pas. Il ne peut pas. Nantes, c’est son club, celui qui l’a formé depuis les débutants deuxième année.
Breel Embolo a résumé la soirée avec les mots justes : « Le derby a écrit sa propre histoire et c’est l’histoire de ‘Val’. Je suis super content pour lui, après tout ce qu’il a vécu à son arrivée ici. Aujourd’hui, conclure comme ça, c’est magnifique. »
Car l’arrivée de Rongier à Rennes l’été dernier n’avait pas été une sinécure. Ancien capitaine des Canaris, chambreur notoire dans la rivalité avec le Stade Rennais, il avait été fraîchement accueilli par les Ultras. Aujourd’hui, il en est le capitaine, le leader, le patron. Le vestiaire l’a retourné à force de prestations et de leadership.
Rongier – data : #1 milieu récupérateur, #2 meneur de jeu en retrait en L1
Le rapport Data’Scout est sans ambiguïté. Rongier affiche un indice de 94 en meneur de jeu en retrait — 2e en Ligue 1 — et 93 en milieu récupérateur — #1 en Ligue 1. Des chiffres qui le placent parmi l’élite absolue à son poste, toutes équipes confondues.
La pizza technique confirme une saison de très haut niveau. 90/100 en passes décisives, 87 en interceptions PAdj, 85 en duels défensifs gagnés, 84 en passes réceptionnées et en courses progressives. 76 en passes progressives, 79 en dribbles réussis. Un radar quasi complet pour un milieu de terrain qui excelle dans toutes les dimensions du jeu sans ballon et dans la transition.
Physiquement, la même cohérence : 96 en distance parcourue, 94 en distance à faible intensité, 84 en courses à haute intensité et en distance à haute intensité. À 31 ans, Rongier est l’un des joueurs qui couvre le plus de terrain en Ligue 1. Un monstre de travail que les stats physiques confirment match après match.
Ses limites existent — 41 en buts, peu de tacles, quelques déchets dans ses passes vers la surface — mais elles sont inhérentes à son profil. Rongier n’est pas un finisseur, il est un métronome défensif et un organisateur. Sur ces deux dimensions, il est tout simplement le meilleur ou parmi les deux meilleurs de Ligue 1.

Une saison qui rapproche Rennes de l’Europe
Au-delà du but symbolique, Rongier a tiré le bilan sportif sans langue de bois au micro de Ligue 1+ : « C’est une victoire très très importante dans la course à l’Europe. À nous de rester sérieux et d’être meilleurs. Si on veut figurer très haut, il faut qu’on gagne ces confrontations directes. »
Rennes a remporté huit de ses dix derniers matchs. Le club breton se retrouve dans la course directe à la Ligue des Champions avec trois journées à jouer — un déplacement à Lyon, la réception du Paris FC, puis le Vélodrome. Un programme de feu pour une équipe qui prend goût à l’excellence.
Franck Haise a reconnu que son équipe avait été bousculée dans ce derby avant de s’imposer — Rennes a souffert, Nantes a failli égaliser à plusieurs reprises. Mais c’est aussi ça, un grand joueur : être décisif quand l’équipe n’est pas au mieux. Rongier l’a été au moment où ça comptait le plus.
Sa valeur marchande estimée à 10M€ pour un milieu de 31 ans sous contrat jusqu’en 2028 — c’est un joueur qui appartient pleinement au projet rennais. Et au regard de sa saison, Rennes a fait l’une des meilleures affaires du mercato estival dernier.

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