Mollo : le témoignage choc après l’ASSE

Ligue 1 L1

par | Mar 17, 2026 | A la Une, Ligue 1

Ancien joueur de l’ASSE, Yohan Mollo livre un témoignage rare et sans filtre. Entre amour profond pour Saint-Étienne, désillusion du football moderne, escroquerie et combat mental, ses mots frappent fort. Un récit puissant, humain et brutal, qui dépasse largement le cadre du football

Yohan Mollo : « Le foot ? J’ai arrêté. Il y avait énormément de détails qui m’ont un peu enlevé l’envie de jouer. Je suis quelqu’un de structuré, j’aime les choses professionnelles, j’aime le cadre, j’aime la mentalité. Et honnêtement, dans ce monde amateur, il n’y avait pas trop ces ingrédients. J’ai préféré faire un commun accord avec le directeur sportif, lui dire stop, plutôt que de manquer de respect au club, venir à reculons, parce que je pense que sur les dernières semaines, c’est ce que je faisais.

Le retour au foot amateur ? Il y a peut-être deux, trois équipes qui peuvent te proposer quelque chose, mais le reste, c’est du kick and rush. Je ne vais pas te mentir, je pense que c’est une division où les joueurs qui n’ont pas réussi au haut niveau vont là, ils retombent. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas pris les bonnes décisions, parce qu’ils n’ont pas une bonne hygiène de vie, parce qu’ils n’ont pas une bonne structuration. Et le problème, c’est que quand tu grandis sans structure, tu ne comprends pas que tu dois avoir un certain comportement. Et que même si c’est compliqué, il faut persister, il faut persévérer, et c’est comme ça que ça paie. »

Yohan Mollo : “Le foot ? J’ai arrêté”

Yohan Mollo : « Je suis quelqu’un de humble, de très respectueux. J’ai essayé d’apporter, par la parole, de la bienveillance. Je n’ai jamais voulu manquer de respect. Après, le problème, c’est qu’à certains niveaux, tu as des joueurs qui n’ont rien fait, mais eux veulent te manquer de respect. Parce que pour eux, jouer en N2 ou en N3, c’est un truc de fou. Parfois, les mentalités, c’est compliqué. En amateur comme en pro.

Les stages de jeunes que je propose ? J’ai vu mon petit-neveu qui joue au foot. Sans forme de critique, j’ai analysé ce qu’ils faisaient et je me suis dit : pourquoi pas moi ? Je pense que je peux proposer quelque chose de cohérent, de professionnel, à mon image. C’est une idée que je développe. Pour le moment, ça ne m’intéresse pas de gérer les égos, gérer les parents, gérer tout cet aspect. Honnêtement, ça ne me plaît pas du tout. Pour l’instant, je ne me mets pas dedans. Je suis investi parce que ce sont des projets à court terme. Je me donne à 150 % et je fais tout pour laisser un souvenir aux petits et les faire avancer.

J’ai découvert que les diplômes ne font pas l’entraîneur. Il n’y a rien de mieux que l’expérience de la vie. Quand c’est trop scolaire ou trop académique, tu apprends des choses et tu veux les refaire. Il n’y a pas d’énergie, il n’y a pas d’âme. C’est rébarbatif. Ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. »

Yohan Mollo face à une escroquerie

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « J’essaie de me reconstruire émotionnellement, déjà par rapport à ce qui s’est passé dans mon passé. J’essaie juste d’être positif. Je vis au jour le jour. Essayer d’avancer avec une bonne mentalité, un bon comportement. Parce que, comme tu le sais, j’ai vécu des jours plus sombres. Et pour moi, c’est vraiment un challenge. Déjà, de faire en sorte que ma santé mentale soit bonne. Aujourd’hui, c’est le sport, ma famille, les gens que j’aime. Tout simplement. Je me lève, je vais à la salle au lieu de rester à la maison. Je consacre énormément de temps à mes neveux, à mes parents. Honnêtement, c’est vraiment ça ma thérapie.

Je ne te dirais pas que c’est fragile, mais je sais que, comme je suis une personne émotionnellement et psychologiquement très forte, j’ai toujours cette partie noire en moi que j’arrive à gérer, que j’arrive à maîtriser. Parce que j’ai toujours eu cette mentalité. Je me suis toujours battu et j’ai toujours fait face à tout. C’est une partie de moi. Des fois, j’ai des incompréhensions. Et puis instantanément, j’essaie de me redresser, de me dire : vas-y, sors de la maison, on va jouer au foot, on va faire du sport, on va voir tes collègues. Pour ne pas me recroqueviller sur moi-même ou commencer à broyer du noir.

J’ai eu mon procès, que j’ai gagné, et là je suis en appel. Ils ont fait appel parce qu’ils ne comprenaient pas pourquoi. Ça fait à peu près un an que j’attends. »

Mollo : un combat mental quotidien

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « Financièrement ? Toujours pareil. Je me bats pour ma peau. J’ai 36 ans, je me dis qu’hier j’avais 22 ans. Et des fois, je me pince et je me dis que ce qui m’est arrivé, ce n’est pas vrai. Et j’ouvre les yeux et je me rends compte. Mais vu que je ne suis pas quelqu’un de vénal, que je ne mets pas l’argent au premier plan, ce n’est pas ça qui m’a détruit. C’est vraiment la relation humaine. La manipulation. C’est tout ça qui m’a détruit. Les gens qui me connaissent le savent. L’argent, je m’en fous. C’est vraiment le dernier souci. L’argent que j’ai gagné, c’était pour ma famille. Ça ne m’est jamais monté à la tête. J’ai eu des montres à 50 000, je suis monté dans des jets, des yachts… mais je suis toujours arrivé à la même conclusion : ça ne te rend pas heureux. »

Yohan Mollo attend toujours son procès

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « Il y a trop de preuves pour que je ne prenne pas d’argent. Mais je ne prendrai pas la somme que j’ai gagnée dans ma carrière. Le problème, c’est que je n’ai pas été confronté à toutes les personnes impliquées. Il y a énormément de personnes dedans. C’est ça le truc : voir à quel point l’être humain peut être pourri. Je me suis toujours posé une question : est-ce que ces gens-là, à un moment donné, se sentent mal ? Est-ce qu’ils culpabilisent ?

Je sais que non. Ce qui me fait de la peine chez les escrocs, c’est qu’ils ne seront jamais heureux. Tu fais quoi avec l’argent ? Tu achètes une voiture, tu voyages, tu réponds à tes besoins… mais au fond de toi, tu ne peux pas être heureux. Le problème, c’est que ces gens-là sont vides et qu’ils n’ont pas d’amour en eux.

Mollo doit surveiller son compte en banque

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « Aujourd’hui, je compte mes sous. Je vis avec mes parents. Je suis très heureux de vivre avec eux parce que ma mère sort d’une maladie. Je me suis toujours battu pour ma famille. J’ai toujours travaillé. Et à la fin, on te dit : pour toi, il n’y a plus rien. Si je n’avais pas mes parents, je serais en prison. La seule chose qui me garde en vie émotionnellement, ce sont mes parents, les gens que j’aime. Je n’ai pas voulu leur faire de peine. On est tous des hommes. Aujourd’hui, si ces hommes qui m’ont escroqué sont en face de moi, je ne peux pas répondre de mes actes. Ce n’est même pas une question de me faire du mal à moi : tu as fait du mal aux gens que j’aime. »

Pendant 15 ans, tu donnes tout pour quelqu’un, et au final on te traite comme ça. Et certains continuent à travailler avec des joueurs. Ça me fait de la peine pour eux, parce qu’ils pensent que tout va bien, mais non. Ils s’en rendront compte dans 10 ans. Ces gens-là auront fait des opérations immobilières, détourné de l’argent… »

Le jour où tout a basculé

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « Le jour où je l’apprends ? Je devais soi-disant signer un bâtiment à Paris. Mon train de vie avait légèrement augmenté et ça ne suivait plus. Je suis allé voir l’agence où il y avait mon assurance vie, avec un directeur qui était en fait son ami. J’ai demandé mon argent. Et là, il me dit froidement : « Je ne sais pas de quoi vous parlez. » Là, j’ai pris un ouragan dans la tête. Je lui ai mis la pression. Il m’a donné une adresse à Aix. Mon ex-agent m’a dit : « L’argent que tu as perçu, tu l’as tout cramé. » Froidement. Là, les idées noires passent. Il a eu de la chance que je sois quelqu’un d’équilibré.

Une fois, j’ai vu un psychologue. Mais comme je suis très réfléchi, je lui ai dit que toutes ses questions, je me les étais déjà posées. Je ne pense pas en avoir besoin. »

“Je n’accepterai jamais”

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « Je n’accepterai jamais. Mais j’avance. C’est comme si j’avais un poids de 100 kg sur le dos, mais je marche. Parce que c’est moi. Toute ma vie, je me suis battu et je le ferai toujours. Je ne me suis jamais servi des difficultés comme excuse. Pour moi, c’est une raison de me battre. Je suis très dur à abattre. Parce que je ne sais pas d’où vient cette volonté, mais je sais que pour que j’abandonne, il faut que ce soit toi qui me le dises. Parce que moi, je ne lâcherai jamais.

Tu te rends compte que pour réussir dans le football, il faut être émotionnellement très solide. Et avec tout ce que tu vis, si tu n’es pas un monstre mental, tu ne tiens pas. »

Les regrets de Yohan Mollo

Yohan Mollo (ex-ASSE) : « Un mot pour définir ma carrière ? Regret. Parce que j’aurais pu faire beaucoup mieux. Les gens ne comprennent pas le football. Ils pensent qu’un remplaçant est moins fort. Ils ne voient pas les enjeux. Il y a de l’argent, des relations… C’est du business. Le football, c’est du business. Tu t’en rends compte au plus haut niveau. C’est une question de qualité… mais pas seulement. »

Ce témoignage de Yohan Mollo sur sa carrière et son passage à l’ASSE marque les esprits.

Source : Capté

Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato pour Morning Foot.
Décrypte l’actualité du football français avec précision et réactivité.

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