La vente du MHSC agite Montpellier. Entre rumeurs d’un rachat anglais et déclarations prudentes, le club pailladin entre dans une zone d’incertitude totale.
Ce mercredi, la bombe est tombée. Le journaliste Romain Molina évoque une possible vente du Montpellier Hérault à un groupe anglais. Une information qui a immédiatement enflammé les supporters. Dans la foulée, Zoumana Camara s’est exprimé en conférence de presse. Et forcément, le sujet était impossible à éviter.
Le coach montpelliérain n’a pas fui. Mais il a choisi ses mots.
“Surpris ? Non. C’est aujourd’hui l’évolution d’un club.”
D’entrée, le ton est donné. Pas de panique. Pas de polémique. Camara adopte une posture lucide sur la situation du MHSC.
Une vente du MHSC jugée “logique”
Pour Zoumana Camara, cette situation s’inscrit dans une réalité économique incontournable. Le football moderne impose des choix.
“Laurent Nicollin est propriétaire, il y a des besoins financiers, il y a une réalité économique donc il ouvre la porte à de potentiels investisseurs, ce que je trouve normal.”
Le technicien insiste sur un point clé : la légitimité du président. Aucun débat à ses yeux.
“C’est le président, c’est le boss, c’est son club et il a ce droit.”
Camara trace une ligne claire : lui, c’est le terrain.
“Moi, je reste dans le cadre purement sportif où j’ai seulement mon mot à dire.”
Et dans ce contexte, il appelle à la continuité.
“Mais c’est une évolution que je trouve logique.”
Vente MHSC : Un vestiaire sous contrôle malgré la tempête
La crainte est évidente : cette annonce peut-elle déstabiliser le groupe ? Camara se veut rassurant.
“Je n’espère pas que cela perturbera la sérénité de l’équipe, en tout cas, je ne le pense pas.”
Le timing est crucial. Montpellier joue sa fin de saison. Six matchs restent à disputer.
“Il nous reste six matchs, il faut savoir être concentré et mettre les énergies sur les choses que l’on peut maîtriser.”
Le message est limpide : pas de dispersion.
Le coach va même plus loin en rappelant l’impuissance du groupe face à ce dossier.
“Qu’on le veuille ou non, on n’a rien à influer dans cette vente.” Seule réponse possible : le terrain.
“Hormis d’avoir de bons résultats et d’embellir le club (sourire).” Avant de conclure, très cash : “Focus sur le sportif, tout simplement.”
Nicollin ouvre clairement la porte
Dans le même temps, Laurent Nicollin a pris la parole dans Midi Libre. Et ses propos confirment une avancée concrète.
“C’est long, très long.”
Le président évoque un processus déjà bien engagé.
“On a eu déjà quatre ou cinq retours de potentiels investisseurs auprès de la banque.”
Une échéance est même posée.
“Je pense que mi-mai, on devrait y voir un peu plus clair et avoir des offres concrètes.”
Et les discussions s’intensifient.
“La semaine prochaine, un investisseur doit venir me rencontrer et voir des gens au club pour savoir où il met les pieds.”
Mais tout reste ouvert. “Pour l’instant, on est encore dans l’inconnu.”
MHSC : Vers une fin de l’ère Nicollin ?
C’est la vraie bascule dans ce dossier. Pour la première fois, la famille Nicollin envisage clairement de ne plus être majoritaire.
“Est-ce que la participation sera de 10 %, 30 %, 50 %, 60 %, 80 % ? Ça, on verra…”
Le critère principal est désormais ailleurs.
“L’important, ce n’est pas que Laurent ou Olivier Nicollin aient 30 %, 40 %, 70 %, 80 %, l’important, c’est la pérennité du club.”
Un discours fort. Presque historique.
Nicollin assume même un possible retrait.
“Personne n’est irremplaçable.”
Et anticipe l’avenir avec lucidité.
“Moi, je veux pouvoir me regarder dans une glace dans cinq ou six ans même si je ne suis plus le président.”
Le message est clair : le club passe avant tout.
Une urgence sportive… et financière
Derrière cette ouverture, une réalité brutale apparaît. Le MHSC doit évoluer.
“L’important, c’est que le club soit sain financièrement et que quelqu’un puisse le booster pour avoir des joueurs et que l’on retrouve la Ligue 1.”
Car l’alternative est inquiétante.
“Si aucun des cinq ne s’implique, on serrera les fesses et on devra réduire la masse salariale.”
Une phrase lourde de sens. Le MHSC joue gros. Entre maintien sportif, projet économique et avenir institutionnel, les prochaines semaines s’annoncent décisives. Une chose est sûre : Montpellier est à un tournant de son histoire.
Source : Midi Libre / Romain Molina

