Avant-dernier de Ligue 2, le FC Nantes ne peut plus se cacher derrière les mots. Capitaine pour la première fois la semaine dernière à Sochaux, Lucas Perrin a posé un diagnostic sans détour avant le déplacement à Boulogne-sur-Mer samedi : erreurs de placement évitables, manque d’efficacité devant le but, système tactique encore en chantier. Les données du club viennent confirmer, presque point par point, ce constat venu du vestiaire.
Arrivé cet été de Gijón, Lucas Perrin a hérité du brassard la semaine dernière contre Sochaux, un choix qu’il assume avec sobriété. « C’est un honneur de porter le brassard du club. En plus, c’est Nantes », confie-t-il, avant de préciser son rôle dans un vestiaire en pleine reconstruction : « J’ai cette particularité de faire la transition jeune ancien. On a eu une discussion avec le coach. Il a besoin de relais, j’en fais partie ».
Sur l’état actuel du groupe, le défenseur marseillais n’a pas cherché à enjoliver la situation. « Aujourd’hui, on est avant-dernier du championnat de Ligue 2. Donc oui, il faut aller chercher des points », résume-t-il , avant d’insister sur l’urgence de la situation à l’approche de la trêve internationale.
Des changements tactiques répétés, symptôme d’un déséquilibre
Depuis le début de saison, Nantes a déjà oscillé entre une défense à quatre et à trois, un signe de flottement que Perrin ne nie pas mais qu’il replace dans son contexte. « Je pense que quand ça ne marche pas dans un système sur plusieurs matches, les coachs aussi sont en mesure de changer ça. Le nouveau coach est arrivé un petit peu tard par les événements qu’il y a eu », explique-t-il, évoquant également l’intégration de plusieurs recrues arrivées en fin de mercato.
Les données Data’Scout du collectif nantais éclairent ce flottement structurel. Un indice de centile permet de situer une équipe par rapport aux autres formations du championnat : un score de 85, par exemple, signifierait qu’elle se classe devant 85 % des équipes de Ligue 2 sur ce critère précis. Sur cette échelle, Nantes affiche une discipline collective catastrophique, avec un indice de seulement 10, couplé à une agressivité élevée (71). Une combinaison qui traduit une équipe qui s’engage beaucoup dans les duels, mais qui se met régulièrement en délicatesse par des fautes évitables, exactement ce que pointe Perrin lorsqu’il évoque des erreurs de placement à répétition. Fébrilité.
Perrin, solide dans la relance, perfectible dans le duel
Le profil individuel du nouveau capitaine confirme lui aussi certaines de ses propres limites, qu’il a d’ailleurs reconnues sans détour. « Mon point fort, ce n’est pas la vitesse. Quand ça partait dans mon dos, j’étais légèrement en difficulté », admet-il. Les chiffres Data’Scout le confirment noir sur blanc : sa vitesse de pointe plafonne à 20 et son taux de duels défensifs gagnés ne dépasse pas 30, deux valeurs très en retrait pour un défenseur central.
En contrepartie, Perrin coche des cases nettement plus flatteuses sur le plan de la relance. Il affiche un indice de précision de passes de 98, avec 100 sur les passes réussies et les passes vers l’avant, et surtout un xA à 98, révélateur d’une réelle capacité à mettre ses coéquipiers en position de marquer malgré un poste défensif. Un profil de « défenseur relanceur » (indice de 52, 18e de Ligue 2 sur ce registre depuis le début de saison) qui explique en partie pourquoi le staff nantais mise sur lui pour structurer le jeu depuis l’arrière, quitte à accepter une certaine fragilité dans le un contre un.

FC Nantes : Manque d’efficacité, le vrai mal nantais
Sur les difficultés collectives à concrétiser les occasions, Perrin a été catégorique. « Ce qu’on voit depuis plusieurs matches, c’est le manque d’efficacité. On arrive à se créer des occasions, mais sans les bonifier », a-t-il pointé, avant d’ajouter : « Je pense aussi qu’on fait les mauvais choix défensifs, des erreurs de placement. On concède des buts sur des erreurs largement évitables ».
Le profil offensif du club colle parfaitement à ce diagnostic. Nantes affiche une présence dans la surface élevée (78) et un joli volume de tirs (59), mais un indice de finition très faible, seulement 38. Autrement dit, les Canaris parviennent à se créer des situations, mais peinent nettement à les transformer, un déséquilibre qui rejoint le sentiment exprimé par le capitaine nantais. Maladroit.
FC Nantes : Encore une mauvaise nouvelle pour Grégory Poirier
Boulogne, meilleure défense contre pire attaque
Pour ce déplacement dans le Pas-de-Calais, Nantes affrontera une équipe à l’opposé du spectre statistique : l’US Boulogne possède la meilleure défense de Ligue 2, quand les Canaris traînent une attaque en berne. Perrin en a parfaitement conscience et prévient : « Il va falloir trouver les failles. On va jouer face à une équipe qui s’en moque d’avoir la possession de balle. Je crois qu’ils étaient à 35 % de possession de balle sur leur dernier match. Et ils ressortent avec un nul ». Pression.
FC Nantes : La trêve comme respiration nécessaire
Alors que la coupure internationale de trois semaines approche, le défenseur y voit une opportunité plutôt qu’une contrainte. « Je pense qu’elle tombe bien, parce qu’on a besoin de travailler beaucoup de choses, que ce soit sur le plan offensif ou défensif », explique-t-il, en évoquant déjà l’échéance d’octobre comme un tournant possible pour la saison nantaise.
Sur les ambitions du club malgré le retard actuel, Perrin reste convaincu que rien n’est perdu. « Moi, j’y crois. L’équipe y croit. Le staff y croit aussi. Le plus important, c’est d’enchaîner des séries », assure-t-il, citant l’exemple de Dunkerque, 15e avant sa victoire contre Saint-Étienne et désormais 8e du classement. Espoirs.
FC Nantes : Un onze type porté par sa charnière et son entrejeu
Sur les minutes distribuées, T. Robinet (572 minutes), Lucas Perrin et M. Dupé (491 chacun) forment le trio le plus utilisé de l’effectif nantais. W. Younoussa ressort comme le meilleur élément du groupe sur l’indice global (56), devant I. Sissoko (55) et J. Lepenant (54).
Dans le onze type identifié par Data’Scout, Perrin (52) est associé à I. Sow (54) en charnière centrale, devant un double pivot W. Younoussa-Hachem (56 et 42). Un collectif qui, sur le papier, dispose des ressources techniques pour inverser la tendance, à condition de corriger les fautes défensives et l’inefficacité offensive identifiées à la fois par les chiffres et par son propre capitaine.

Source : Ouest-France ; Data’Scout


