OL : Un an après avoir touché le fond à la Juventus, Loïs Openda retrouve des couleurs sous le maillot lyonnais. Prêté cet été par le club turinois, l’avant-centre belge de 26 ans s’est longuement confié sur sa traversée du désert italienne, sa non-sélection pour la Coupe du monde, et l’espoir désormais chiffré, données à l’appui, de redevenir l’un des attaquants les plus dangereux de Ligue 1.
Avant d’atterrir à Turin, Openda avait connu deux saisons contrastées à Leipzig. « La première est magnifique. Je mets 28 buts, 7 passes décisives », se souvient-il, avant de pointer un changement de rôle qui a compliqué la suite : repositionné en soutien de Benjamin Seško, il confie que « ce n’était pas ma position préférée, je devais redescendre très bas, puis refaire un sprint sur toute la longueur du terrain ». Le départ de Marco Rose en mars 2025 a ensuite définitivement grippé la mécanique : « La relation avec ses successeurs ne s’est pas vraiment bien passée ».
La Juventus, un pari assumé malgré la concurrence
Sur son choix de rejoindre la Juventus à l’été 2025, malgré une concurrence déjà dense en attaque avec Dušan Vlahović et Jonathan David, Openda explique avoir été convaincu par le discours de Damien Comolli et d’Igor Tudor. « Le coach me voulait. Mais il y avait Dušan Vlahović et Jonathan David au poste », rappelle-t-il, avant de détailler la complémentarité envisagée avec l’international canadien. Mais le limogeage de Tudor fin octobre 2025, remplacé par Luciano Spalletti, a de nouveau bouleversé ses plans.
Interrogé sur un possible abandon mental face à cette situation, l’attaquant belge est catégorique : « Je n’ai jamais baissé les bras et me suis toujours préparé à rentrer », avant de livrer un bilan nuancé sur son passage turinois : « Je n’ai pas fait d’erreur. Je suis certain que, dans d’autres circonstances, ça serait mieux passé. Je ne doute pas de mon choix, si c’était une erreur, je ne serais pas ici, à Lyon ».
OL : Un poste pose de grands problèmes à Fonseca
Un prêt à l’OL construit sur l’investissement du club
Sur les coulisses de son arrivée dans le Rhône cet été, alors que la Juventus aurait pu le céder en Angleterre pour davantage d’argent, Openda insiste sur l’aspect sportif de son choix. « J’ai souvent parlé avec Paulo Fonseca pendant les vacances. Il me voulait et a été déterminant », explique-t-il, avant de saluer l’implication du directeur sportif lyonnais : « Matthieu Louis-Jean s’est battu jusqu’au dernier jour de ma signature. J’ai rarement vu des personnes autant investies pour un joueur de foot ».
Les données confirment un retour au premier plan à l’OL
Le discours de l’attaquant belge trouve un écho frappant dans les chiffres Data’Scout. Sur seulement trois matchs disputés à 92 minutes de moyenne, Openda affiche un indice de performance de 86 comme attaquant de profondeur, le plaçant purement et simplement premier de Ligue 1 à ce poste, devant un indice de 73 comme attaquant complet (6e). Un indice de centile permet de situer un joueur par rapport à ses homologues au même poste : un score de 85, par exemple, signifierait qu’il se classe devant 85 % des buteurs des cinq grands championnats.
Sur cette échelle, Openda impressionne par son volume de jeu offensif : 94 sur les tirs, 85 sur les duels offensifs disputés avec un taux de réussite de 86 %, et surtout 97 sur les touches de balle dans la surface adverse, une valeur quasiment maximale qui traduit une présence constante dans les zones de danger. Ses qualités de percussion ressortent également nettement, avec 93 sur le pourcentage de dribbles réussis et 92 sur le nombre de sprints.
Seul point de vigilance : sa conversion but/tir plafonne à 34, et son différentiel buts moins xG reste proche de zéro (1), ce qui traduit une efficacité encore perfectible malgré un volume de situations généré très élevé, exactement le message de prudence qu’il tient lui-même sur son état de forme.
Une courbe de performance qui retrace fidèlement son parcours
L’évolution de son indice de performance au fil des saisons illustre parfaitement le récit qu’il livre. Après deux saisons quasiment identiques à Lens puis lors de sa première année à Leipzig (89 à chaque fois), sa courbe chute à 80 lors de sa deuxième saison allemande, avant de s’effondrer à 66 durant son passage à la Juventus, son plus bas niveau depuis ses 23 ans. Sa première apparition à Lyon marque un net rebond, avec un indice remonté à 86, confirmant statistiquement le retour en forme qu’il évoque dans l’entretien.

La non-sélection pour la Coupe du monde, une blessure assumée
Sur son absence de la liste belge pour le Mondial, Openda ne cache pas sa déception, tout en refusant de s’y attarder outre mesure. « Ça m’a fait mal, quand même, parce que je le sentais et que je voyais beaucoup de commentaires à mon sujet », confie-t-il, avant d’ajouter avec une pointe de revanche : « J’ai prouvé à Lyon que j’avais les jambes, et qu’il ne me manquait que le rythme ». La naissance de son deuxième fils en mai lui a permis de prendre du recul sur cette période difficile.
OL : Un projet collectif tourné vers la Ligue des champions
Sur l’OL et son entraîneur, l’attaquant belge se montre enthousiaste quant au projet collectif. « On a une bonne équipe, avec un bon mélange entre les anciens et les jeunes, du talent et de l’expérience. Paulo Fonseca sait ce qu’il veut, comment utiliser les joueurs », résume-t-il, avant d’exposer l’objectif de la saison : « On veut se qualifier pour la C1. On a cette nouvelle chance et les qualités, donc j’ai envie de vivre ça à fond ».
Concernant un éventuel retour en sélection belge, Openda reste concentré sur le court terme : « Pour l’instant, ce qui m’importe, c’est de faire de belles choses avec Lyon. On verra ensuite pour les Diables ».



