La démission de Mathieu Bodmer n’était que le début. Au Havre AC, c’est toute une architecture sportive qui s’effondre en quelques jours. Après le directeur sportif, c’est son bras droit Mohamed El Kharraze, le data analyst Julien Momont et le recruteur Joseph Mendes qui s’apprêtent à claquer la porte. Un séisme silencieux, mais dévastateur au HAC.
HAC : Bodmer parti, ses hommes suivent
Dimanche, dans les couloirs du Moustoir après la défaite à Lorient, Mathieu Bodmer annonçait sa démission. En quarante-huit heures, la onde de choc a tout emporté avec elle. Mohamed El Kharraze, surnommé « Momo » dans les couloirs du club doyen, était présenté par certains confrères comme le successeur naturel de Bodmer en interne. La réalité est différente : El Kharraze aurait lui aussi l’intention de démissionner.
Le symbole est fort. Revenu au HAC en 2023 spécifiquement pour accompagner Bodmer dans son projet, El Kharraze n’est pas un directeur sportif en attente d’un poste : c’est un homme de réseau et de confiance, lié à Bodmer depuis des années. Sans lui, rester n’a visiblement pas de sens.
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Un trio qui fonctionnait comme un bloc au HAC
Ce qui rend cette crise particulièrement brutale pour le HAC, c’est la nature du départ. Bodmer, El Kharraze et Julien Momont, responsable analyse du jeu et data, formaient un trio soudé dont le fonctionnement reposait sur la cohésion et la confiance mutuelle. Momont songerait lui aussi à démissionner. Joseph Mendes, ancien attaquant du club reconverti dans la cellule de recrutement, devrait les imiter.
Ce ne sont pas trois postes administratifs interchangeables qui se libèrent. C’est une philosophie de travail entière, une méthodologie de recrutement et d’analyse construite sur plusieurs années, qui disparaît d’un coup. Reconstruire une cellule aussi intégrée prend du temps, de l’argent et une vision claire. Le HAC devra tout réinventer avant même l’ouverture du mercato estival.
Digard, l’inconnue qui plane sur tout le reste
Au milieu du chaos institutionnel, une question surdétermine toutes les autres : Didier Digard restera-t-il ? Le président Jean-Michel Roussier ne s’en cache pas, c’est la priorité absolue. Mais convaincre un entraîneur de s’inscrire dans la durée dans un club qui vient de perdre l’ensemble de son staff sportif en quelques jours n’est pas un argument de vente évident.
Digard doit savoir avec qui il travaillera, qui recrutera, qui analysera les données adverses, qui pilotera la cellule de recrutement. Si ces réponses n’existent pas encore, son engagement reste suspendu à des décisions que le club n’est pas encore en mesure de prendre.
Pour le HAC, l’urgence est double : colmater la brèche institutionnelle avant que le mercato ne s’ouvre, et le faire sans donner l’impression d’un club en roue libre. La saison prochaine se joue peut-être autant dans les bureaux du Havre que sur les pelouses de Ligue 2.


