HAC. Mathieu Bodmer est parti. Julien Momont aussi. Mohamed el-Kharraze pourrait suivre. En quelques jours, Le Havre a perdu les hommes qui ont construit son retour en Ligue 1 et son maintien. Pour les remplacer, Jean-Michel Roussier ne cherche pas un profil classique. Il fonce sur Demba Ba, l’homme qui a transformé Dunkerque en laboratoire du recrutement malin, avec Romain Decool dans ses bagages.
HAC : Coup de théatre et démissions en série après Bodmer
Le HAC vide son organigramme en quelques jours
La rupture est nette. Mathieu Bodmer, directeur sportif qui a accompagné la remontée du HAC en Ligue 1 puis deux saisons de maintien, a démissionné. Julien Momont, responsable analyse et données, part avec lui. Mohamed el-Kharraze, directeur sportif adjoint, pourrait également quitter le navire. En quelques jours, Le Havre perd l’essentiel de la colonne vertébrale de son projet sportif.
Le timing est brutal. Le club normand entre dans une période charnière, avec le passage devant la DNCG en ligne de mire et une saison 2026-2027 à préparer dans des délais serrés. Jean-Michel Roussier n’avait pas le luxe de tergiverser.
Demba Ba, le choix qui surprend et qui fait sens
Le président du HAC a établi un cahier des charges précis : un homme du haut niveau, capable de porter un projet ambitieux avec des moyens limités, référencé sur le recrutement, aligné avec l’ADN formateur du club doyen. La réponse s’appelle Demba Ba.
À 41 ans, l’ex-international sénégalais (22 sélections) a construit sa réputation de dirigeant à Dunkerque, où il officiait comme président délégué. Son bilan parle pour lui. En deux saisons à l’USLD, il a permis au club nordiste d’enchaîner des exercices consistants, dont une qualification en play-offs de montée la saison dernière. Mais c’est sur le marché des transferts que Ba a véritablement percé l’écran.
Gessime Yassine, Geoffrey Kondo, Naatan Skyttä : des recrues dénichées avec un budget microscopique, valorisées sportivement, puis revendues. Yassine est parti à Strasbourg pour 7 millions d’euros, une vente record dans l’histoire de Dunkerque. Ba a prouvé qu’on pouvait construire une équipe attractive, joueuse, compétitive, sans dépenser ce qu’on n’a pas.
Decool dans les bagages, un duo rodé
Ba ne viendrait pas seul. Romain Decool, directeur du recrutement à Dunkerque, pourrait l’accompagner au HAC. Le duo a fonctionné ensemble dans des conditions difficiles et a produit des résultats concrets. Importer cette méthode à Le Havre, club avec un tissu de formation solide et une tradition de développement des joueurs, a du sens sur le papier.
D’autres arrivées pourraient compléter l’organigramme pour pallier les départs de Momont et el-Kharraze. Le propriétaire Blue Crow Sports Group, aux manettes depuis juin 2025, se montre rassurant : pour la première fois, il se dit prêt à dégager quelques moyens supplémentaires en matière de recrutement. Un signal encourageant, même si le passage devant la DNCG formalisera concrètement les nouvelles marges de manoeuvre du club.
Digard, le dossier qui plane au-dessus de tout au HAC
L’arrivée de Ba pourrait avoir un effet domino sur le dossier le plus sensible du moment : l’avenir de Didier Digard. L’entraîneur havrais, 39 ans, est en fin de contrat au 30 juin. Après deux saisons intenses, il prenait le temps de peser ses options, sollicité par des projets extérieurs. En privé, l’idée de rempiler dans un projet dont l’unique horizon serait le maintien ne l’emballait pas.
Mais Ba et Digard se connaissent depuis très longtemps. Le discours rassurant du propriétaire et l’arrivée d’un directeur sportif avec qui il a des liens forts pourraient changer la donne. Pas une certitude, mais une vraie piste.
Le Havre repart de zéro, ou presque. Avec des hommes qui ont appris à faire beaucoup avec peu.


