Claude Le Roy ne mâche pas ses mots. L’ancien sélectionneur français s’est dit «stupéfait» par la nomination de Davide Ancelotti au LOSC. Des déclarations tranchantes sur L’Équipe du Soir qui relancent le débat sur la place des entraîneurs français dans les grands clubs de Ligue 1.
Le Roy n’y va pas par quatre chemins. Davide Ancelotti, 35 ans, fils de Carlo, qui n’a jusqu’ici officié qu’en tant qu’adjoint de son père au Real Madrid et au Brésil, va diriger Lille en Ligue des champions dès la saison prochaine. Pour Le Roy, c’est une aberration.
«Stupéfait» : le mot est lâché pour le LOSC
«Je suis stupéfait que Lille accorde sa confiance à quelqu’un qui n’a quasiment jamais entraîné en tant que numéro 1, d’autant plus lors d’une saison où il faut disputer la Ligue des Champions.» Le Roy ne remet pas en cause le talent d’Ancelotti fils, mais le timing et le contexte. Débuter comme numéro un dans un club qui joue la C1, c’est apprendre le grand bain en sautant directement depuis le plongeoir le plus haut.
Le cri du cœur pour les entraîneurs français
Derrière la critique d’Ancelotti, c’est un plaidoyer pour les techniciens tricolores que livre Le Roy. «Il y a aussi une liste d’entraîneurs de qualité en France. Ils sont sur le carreau, mais ils ont déjà fait leurs preuves, déjà montré leur qualité et leur talent. Ils ont montré autre chose en compétence, en expérience, en potentialité que Davide Ancelotti. C’est un peu insupportable de voir ça.»
Le constat est dur. Pélissier libre, Poirier libre, Pantaloni disponible : le marché des entraîneurs français est fourni cet été. Que Lille, club ambitieux entrant en Ligue des champions, choisisse un technicien sans expérience de numéro un plutôt que l’un d’eux, c’est effectivement un signal.
La question de la Coupe du monde, argument supplémentaire
Le Roy ajoute un argument pratique que peu ont soulevé : «Il va découvrir le métier d’entraîneur et si le Brésil va très loin à la Coupe du monde, il va découvrir son équipe à quel moment ?» Davide Ancelotti est actuellement adjoint de la sélection brésilienne. Si le Brésil atteint les demi-finales ou la finale du Mondial, qui débute le 11 juin, le nouveau coach lillois sera absent d’une bonne partie de la préparation estivale.
C’est une vraie question logistique que Le Roy soulève. Prendre la tête d’un effectif de Ligue des champions sans préparation complète, sans avoir eu le temps de connaître ses joueurs et de poser ses principes de jeu, c’est un défi supplémentaire qui n’est pas anodin.
Source : L’Equipe


