Le FC Nantes est officiellement relégué en Ligue 2, et le chantier salarial qui s’annonçait déjà conséquent devient désormais une urgence. Si une partie du travail a été faite mécaniquement avec plusieurs départs actés, le dossier prioritaire de l’été canari est désormais clairement identifié : se séparer d’un groupe de joueurs dont les salaires n’ont plus aucun sens pour un club de Ligue 2.
FC Nantes : Une masse salariale déjà sous tension avant la relégation
Pour rappel, L’Équipe avait dressé en avril dernier le portrait d’une politique salariale sinueuse à Nantes. Le club avait réduit sa masse salariale de 40% l’été dernier, avec un budget passé de 80 à 50 millions d’euros, avant de revenir partiellement sur cette austérité cet hiver pour tenter de sauver sa place en Ligue 1, sans succès.
Le top 10 des salaires mensuels bruts donnait alors : Rémy Cabella, Deiver Machado, Mostafa Mohamed, Anthony Lopes et Ibrahima Sissoko à 100 000 euros chacun, Chidozie Awaziem et Johann Lepenant à 80 000 euros, puis Nicolas Cozza, Matthis Abline, Ibrahima Ganago et Kelvin Amian à 70 000 euros, à égalité avec Mohamed Kaba. Le salaire mensuel brut moyen de l’effectif ressortait à 50 000 euros. Une grille qui, déjà en Ligue 1, semblait disproportionnée au regard du classement du club.
FC Nantes : Un premier nettoyage déjà effectué
Bonne nouvelle pour les finances nantaises : une bonne partie de ce top 10 a déjà disparu des radars sans que le club ait eu à lever le petit doigt. Rémy Cabella est en fin de contrat. Deiver Machado et Anthony Lopes le sont également. Mohamed Kaba et Nicolas Cozza, tous deux prêtés à Nantes, sont retournés dans leurs clubs respectifs en fin de prêt. Coquelin et Calgreen arrivent eux aussi en fin de contrat.
Au total, ces départs représentent déjà une réduction de plus de 5 millions d’euros sur la masse salariale annuelle. Un soulagement comptable bienvenu, mais qui ne règle rien sur le fond. Car dans le même temps, Uros Radakovic fait son retour de prêt, ce qui ajoute une ligne supplémentaire sur la feuille de paie nantaise.
La règle de la Charte du football professionnel s’applique automatiquement
À ce nettoyage naturel s’ajoute un mécanisme réglementaire qui va peser. Selon l’article 761 de la Charte du football professionnel de la LFP, une relégation en Ligue 2 entraîne des conséquences contractuelles immédiates pour tous les contrats conclus depuis le 1er juillet 2003.
Le club peut d’abord appliquer une baisse collective automatique de 20% sur la rémunération de l’ensemble de ses joueurs, sans avoir besoin de l’accord individuel de chacun. C’est le socle minimal applicable de plein droit.
Au-delà, Nantes peut proposer par écrit, avant le 30 juin, une réduction supplémentaire qui varie selon le niveau de salaire : 30% pour les rémunérations mensuelles brutes inférieures ou égales à 34 846 euros, 40% pour celles comprises entre 34 847 et 52 136 euros, et 50% pour celles dépassant 52 137 euros. Dans tous les cas, le salaire mensuel brut ne peut descendre sous 8 694 euros.
Le dossier prioritaire : six joueurs à faire partir
C’est précisément là que se situe le vrai chantier de l’été nantais. Même avec l’application de la Charte, certains profils resteront en décalage total avec le championnat. La direction de la Jonelière aurait donc identifié une liste prioritaire de départs : Ibrahima Sissoko, Chidozie Awaziem, Johann Lepenant, Matthis Abline, Ibrahima Ganago et Kelvin Amian.
Le cas Sissoko pourrait être sensible. Une indemnité de transfert d’environ 2 millions d’euros avait été déboursée pour le faire venir cet hiver sous l’ère Kantari, et le joueur ne s’est jamais imposé durablement dans le onze. Le voir partir représenterait une perte sèche sur cet investissement, mais le maintenir à un salaire de 100 000 euros mensuels, même réduit par la Charte, resterait difficilement tenable en Ligue 2.
Awaziem et Lepenant, à 80 000 euros, et Abline, Ganago et Amian, à 70 000 euros, complètent cette liste de joueurs dont le coût global devient un fardeau pour un effectif qui doit se reconstruire avec un budget largement revu à la baisse. Le cas Abline est toutefois particulier : l’attaquant reste l’un des rares éléments offensifs de valeur marchande de l’effectif, et une vente plutôt qpermettrait de générer des liquidités supplémentaires, contrairement à un simple allègement de charge salariale.
Un été sous le signe de l’urgence, comme tous les relégués
Comme chaque club rétrogradé de Ligue 1, le FC Nantes se retrouve face à une équation classique : un effectif taillé pour un budget qui doit réduire, des contrats à renégocier dans l’urgence, des joueurs qui ont des salaires au-dessus de leur niveau sur le terrain et un marché des transferts où la fenêtre de tir est courte avant la reprise de la Ligue 2.
FC Nantes : 5 joueurs vont débarquer, des problèmes à régler
Les 5 millions d’euros déjà économisés grâce aux fins de contrat et de prêts ne représentent qu’une première étape. La vraie bataille de l’été se jouera sur ces six dossiers identifiés, où chaque départ supplémentaire allégera d’autant la masse salariale et redonnera, peut-être, une marge de manœuvre pour recruter des profils adaptés à la Ligue 2.
Top 10 des salaires mensuels bruts du FC Nantes
- Rémy Cabella — 100 000 €
- Deiver Machado — 100 000 €
- Mostafa Mohamed — 100 000 €
- Anthony Lopes — 100 000 €
- Ibrahima Sissoko — 100 000 €
- Chidozie Awaziem — 80 000 €
- Johann Lepenant — 80 000 €
- Nicolas Cozza — 70 000 €
- Matthis Abline — 70 000 €
- Ibrahima Ganago — 70 000 €
- Kelvin Amian — 70 000 €
- Mohamed Kaba — 70 000 €
Salaire mensuel brut moyen de l’effectif : 50 000 €


