Olivier Pantaloni sur le banc de l’OGC Nice, Geoffrey Moncada comme directeur sportif : le Gym tourne une page et en ouvre une autre. L’entraîneur corse, libre depuis la fin de son contrat à Lorient, devrait être officiellement nommé ce mardi en conseil d’administration, avec un bail de deux ans à la clé. Une nomination qui ne doit rien au hasard, et que le radar Data’Scout Nice-Lorient éclaire d’une façon particulièrement instructive.
Les négociations sont très avancées selon L’Équipe, et l’accord entre les deux parties devrait être entériné ce mardi matin lors d’un conseil d’administration à Nice. Pantaloni, 59 ans, s’est montré très convaincant lors de son entretien avec le futur directeur sportif Geoffrey Moncada, dont la nomination suit le même chemin. Il arrivera avec un seul adjoint, le reste du staff étant composé de membres déjà en place, dont le coach des gardiens Stéphane Cassard et Cédric Varrault, déjà présent sous Claude Puel.
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Ce qui a séduit la direction niçoise, c’est d’abord un bilan solide : Lorient terminait 10e de Ligue 1 cette saison, un résultat honorable pour un club aux moyens limités. Mais surtout, Pantaloni s’est distingué par sa capacité à faire éclore des profils jeunes et peu expérimentés. Arsène Kouassi, Noah Cadiou : deux joueurs qui se sont révélés sous ses ordres cette saison en Ligue 1. Une qualité qui tombe à pic pour un Gym qui affiche clairement sa volonté de rajeunir l’effectif, avec plusieurs gros salaires sur le départ (Diop, Sanson, Cho, Boudaoui).
Ce que dit le radar Data sur les deux styles de jeu
La première confrontation entre Pantaloni et son ancien club tombera dès le week-end du 22 août, avec un Nice-Lorient à l’Allianz Riviera en ouverture de championnat. Un match particulier, et le radar Data’Scout permet de mesurer précisément ce que le Corse devra corriger pour ne pas reproduire à Nice ce qu’il a quitté à Lorient.
Le constat est brutal sur certains critères. Sur l’imperméabilité, Nice affiche déjà un score de 91, contre 34 pour Lorient : défensivement, les Aiglons fonctionnaient bien mieux que les Merlus, même si cette solidité s’est construite dans un bloc bas marqué (60 pour Nice). Sur le pressing en revanche, Nice ne score qu’à 32, et Lorient fait encore moins bien à 8. Deux équipes qui, dans leur version 2025-26, ne pressaient pas haut.
L’endurance et l’intensité racontent une autre histoire. Nice plafonne à 6 sur ces deux indicateurs, Lorient à 58 et 26 respectivement. Des chiffres qui reflètent deux identités très différentes : les Aiglons essayaient de construire leur jeu sur la maîtrise et le placement, les Merlus sur l’effort physique répété. Sur la possession, Nice (42) dépasse Lorient (29), mais les deux clubs restent en dessous des standards des équipes dominantes de Ligue 1. Manque de maitrise technique ou volonté ?

OGC Nice : À quoi s’attendre tactiquement sous Pantaloni ?
Les deux clubs partagent une base structurelle commune : trois axiaux, deux pistons. Pantaloni retrouvera donc des repères tactiques familiers dans l’organisation défensive niçoise. Mais c’est là que s’arrête la ressemblance, et c’est précisément là que le travail commence.
Le chantier prioritaire sera l’endurance. À Lorient, Pantaloni ne disposait pas d’une équipe bien plus solide défensivement (34 pour Nice contre 91 pour les Merlus sur le radar), mais s’appuyait sur un bloc bas très marqué (86 contre 60) et une endurance collective nettement supérieure (58 contre 6). Les Merlus résistaient mieux sous pression adverse (49 contre 41) et jouaient avec une intensité bien plus élevée (26 contre 6). À Nice, il hérite d’une équipe qui tient le ballon davantage (42 contre 29 sur la possession) mais qui souffre dès qu’elle recule et se trouve pressée.
Sur le plan offensif, la verticalité et le jeu long seront des axes à questionner. Nice scorait déjà à 60 sur la verticalité et à 53 sur le jeu long, deux marqueurs supérieurs à ceux de Lorient (53 et 28). A Lorient, Pantaloni demandait la meême verticalité mais sans sauter les ligne avec un jeu direct mais sans jeu long. Bien moins prononcé qu’à Nice en tout cas. Pantaloni va mettre sa patte mais devra aussi s’adapter à son nouvel effectif.
48 buts marqués par Lorient contre 37 seulement pour Nice. 60 buts encaissés par Nice (17e de L1) contre 51 pour Lorient (13e L1). Les bilans ne sont pas si éloignés mais les impressions sur le terrain ont laissé un sentiment bien plus appuyé que les chiffres.
OGC Nice : Un mercato à aligner sur le nouveau projet
La cohérence entre les recrues estivales et les principes de jeu de Pantaloni sera le vrai test de la direction de l’OGC Nice. Moncada prend les rênes d’une cellule recrutement qui ne devrait pas bouleverser ses effectifs, mais dont l’orientation devra changer dans un contexte économique contraint.
Ce que le radar exige concrètement : des profils capables de presser haut et de courir sur une longue durée (endurance et intensité en rouge sur le radar Nice actuel), des joueurs techniques capables de résister au pressing adverse (41 pour Nice cette saison, un score insuffisant), et des ailiers ou pistons capables de percuter avec efficacité. La volonté de rajeunir l’effectif devra composer avec ces exigences tactiques précises.
Le défi est réel. En une saison à Lorient, Pantaloni a prouvé qu’il savait tirer le meilleur de jeunes joueurs dans un contexte serré. À Nice, il disposera d’un effectif de meilleure qualité et de moyens supérieurs sur le papier (ça reste à prouver…), mais d’un cahier des charges plus exigeant. Le radar Data’Scout dessine les contours de ce que le Gym doit devenir : plus intense, plus imperméable. Un projet qui commence ce mardi, salle de conseil d’administration.
Source : L’Équipe, Data’Scout



