Un logo flouté, un nom visible l’espace d’une seconde dans le documentaire « Charbonneurs » diffusé sur Ligue 1+ : Rick van Drongelen, défenseur central de Samsunspor, aurait été étudié par la cellule de recrutement du RC Lens. Une piste à manier avec précaution, mais un profil qui mérite qu’on s’y arrête. La data dit des choses intéressantes.
Dans une séquence du documentaire « Charbonneurs », consacrée à une réunion de la cellule de recrutement du RC Lens, plusieurs profils défensifs apparaissent furtivement à l’écran. Parmi eux : le logo de Samsunspor, volontairement flouté, et le nom de Rick van Drongelen. Suffisant pour alimenter les spéculations. Insuffisant pour crier au recrutement imminent.
La nuance s’impose d’emblée. La séquence n’est pas datée. Dans un recrutement professionnel, des dizaines de noms sont étudiés, parfois abandonnés quelques jours plus tard. Peu probable que la direction lensoise ait laissé filtrer par inadvertance une cible prioritaire dans un documentaire visionné et validé avant diffusion. Si Van Drongelen est une vraie piste, personne n’aurait intérêt à l’exposer aussi ouvertement. Ce qui est certain, en revanche : Lens cherche des défenseurs centraux, et le marché turc est dans le viseur des recruteurs artésiens.
Lens : après Sarr, tout est à reconstruire derrière
Malang Sarr quitte le RC Lens libre. Selon La Voix du Nord, les Sang et Or cherchent un ou deux défenseurs centraux, un piston gauche, un ou deux milieux défensifs et au moins un attaquant cet été. La gestion des retours de prêts et des jeunes talents s’annonce également cruciale. C’est dans ce cadre que le nom de Van Drongelen a émergé, dans la réflexion autour de l’après-Sarr.
La projection Data’Scout place le Néerlandais à 77 dans l’effectif lensois, cinquième défenseur central du classement derrière Ganiou (100), Udol (94), M. Sarr (86) et Baidoo (82). Son profil similaire le plus proche au RC Lens est précisément Ganiou, avec 76 % de similarité. La plateforme identifie un déficit physique à combler par rapport aux exigences athlétiques de Lens, mais valide la compatibilité de style entre Samsunspor et le club artésien.
Des chiffres qui impressionnent en Süper Lig
Rick van Drongelen, 27 ans, 188 cm, gaucher, néerlandais. Sous contrat avec Samsunspor jusqu’en juin 2028, valorisé 6,5 M€ sur Transfermarkt. 47 matchs toutes compétitions confondues cette saison, dont 3 103 minutes de championnat. Un cadre de son équipe, pas un remplaçant.
La pizza Data’Scout est éloquente. Passes progressives : 100. Courses progressives : 93. Actions défensives réussies : 91. Duels défensifs disputés : 94. Duels défensifs gagnés : 75. Interceptions ajustées : 81. Passes réceptionnées : 85. Pour ceux qui découvrent Data’Scout : un centile de 100 sur les passes progressives signifie que Van Drongelen fait mieux que l’intégralité des défenseurs centraux à son poste en Süper Lig sur ce critère, par 90 minutes jouées. C’est le seul point rouge de la pizza : précision de passe à 59. Un défenseur qui joue beaucoup vers l’avant, parfois au détriment de la sécurité.
Le profil est limpide. Un défenseur moderne, qui fait avancer le ballon, qui dispute et gagne ses duels, qui court en quantité et qui intercepte. Passé par Hambourg et l’Union Berlin avant de rejoindre la Turquie, il a une expérience européenne solide à 27 ans.
Premier de Süper Lig à son poste, Europe comprise
Le rapport Data’Scout complet affine encore le portrait. 32 matchs de championnat, 97 minutes par match, 3 buts et 1 passe décisive. Indice de 77 en Défenseur Moderne, numéro un de Süper Lig à ce profil. Numéro un également en Défenseur Relanceur. Passes progressives : 100. Passes en profondeur : 100. Passes dernier tiers : 100. Trois critères au maximum absolu. Passes longues : 99. Passes en avant : 97. Van Drongelen est le défenseur qui fait le plus avancer son équipe par la passe en Turquie, et ce n’est pas discutable.
La comparaison entre ses performances en Süper Lig et en Conference League cette saison est instructive. En Europe, ses duels défensifs gagnés montent à 82 contre 54 en championnat, ses actions défensives réussies grimpent à 92 contre 80. Le joueur s’élève au niveau de la compétition. En Ligue des champions de la Conference, face à une adversité plus relevée, il a été plus solide défensivement que dans le quotidien du championnat turc. C’est le signe d’un joueur qui ne baisse pas en intensité face à des opposants de meilleur niveau, et c’est précisément ce que Lens a besoin d’entendre avant d’engager des discussions sérieuses.
Ses profils similaires Data’Scout sont parlants : Thilo Kehrer (Monaco, 80 %), Maxime Niakhaté (OL, 80 %), Florian Lejeune (Rayo Vallecano, 77 %). Des défenseurs qui ont tous évolué en Ligue 1 ou dans des championnats comparables. La marche vers le RC Lens n’est pas irréaliste.

La comparaison avec Malang Sarr (Lens)
Data’Scout classe son profil similaire à 61 % avec Malang Sarr. Les deux ont des approches différentes : Sarr est plus propre balle au pied, plus précis dans ses passes. Van Drongelen joue plus directement, progresse plus par la course, dispute plus de duels. Dans la comparaison physique avec Sarr, le Néerlandais est en dessous sur plusieurs critères d’intensité, ce que la plateforme identifie comme un axe de progression nécessaire pour répondre aux exigences de Lens sous Dino Toppmöller.
C’est d’ailleurs l’inconnue principale du dossier. Les préférences tactiques du nouvel entraîneur lensois ne sont pas encore totalement connues. Toppmöller, formé à l’école du pressing haut et de l’intensité défensive, pourrait avoir des exigences athlétiques élevées pour ses défenseurs centraux. Van Drongelen devra progresser sur ce plan pour s’imposer dans le système lensois.

Lens : Priorité ou nom parmi d’autres ?
La question reste entière. Aucune information ne confirme l’existence de discussions entre Lens et Samsunspor. Aucun élément ne prouve que Toppmöller ait validé ce profil. Le documentaire atteste d’une chose : à un moment donné, Van Drongelen a été étudié par la cellule lensoise dans le cadre de la réflexion post-Sarr.
Le duo Parrot-Leca, architectes du recrutement lensois depuis plusieurs saisons, a l’habitude de surveiller des marchés alternatifs et d’y trouver des valeurs que d’autres clubs français n’ont pas encore identifiées. Le marché turc en fait partie. Et à 6,5 M€ pour un défenseur de 27 ans avec ce volume de données, la logique économique est là. Reste à savoir si la piste est encore active ou si elle a déjà été abandonnée au profit d’autres noms sur la liste.

Sources : Documentaire « Charbonneurs » (Ligue 1+), La Voix du Nord, Data’Scout, Transfermarkt


