La Ligue 2 version 2026-2027 aura des allures de Ligue 1 bis. Saint-Étienne, Nantes, Metz, Montpellier, Reims, Sochaux, Nancy, Guingamp : le plateau de la saison à venir réunit une densité de clubs historiques rarement vue à cet échelon. Pour beIN Sports, diffuseur exclusif de la compétition jusqu’en 2029, la question de la programmation devient stratégique. Et Florent Houzot, directeur des antennes, des programmes et de la rédaction de la chaîne, vient d’y répondre en détail.
Ligue 2 : un plateau royal et une case reine à attribuer
Le décor d’abord. La saison qui s’ouvre le 8 août proposera un championnat d’une compétitivité inédite, avec des places fortes du football français à tous les étages. Une aubaine pour le diffuseur, que Houzot accueille avec joie : « C’est une excellente nouvelle pour nous, mais nous n’y sommes pour rien : ce sont les dynamiques sportives, les montées et les descentes entre la Ligue 1, la Ligue 2 et le National qui en décident. Lorsque l’on s’engage sur un cycle de droits de 4 à 5 saisons, on accepte ce risque », explique-t-il dans un entretien accordé à Onze Mondial.
Le dirigeant ne cache pas la valeur commerciale de ce plateau. « Disposer de clubs comme Lens, Nantes ou Saint-Étienne en Ligue 2 est particulièrement intéressant pour nous. Ce sont des clubs attractifs, forts d’un passif historique en Ligue 1 et surtout performants en termes d’engouement populaire », détaille-t-il, avant de poser l’équation qui guide toute sa programmation : un stade plein génère de l’audience, et l’audience génère des abonnés.
ASSE, Nantes, Metz, Montpellier : qui aura la case du samedi soir ?
C’est la vraie question de la rentrée télévisuelle. La journée type de Ligue 2 s’articule autour d’un multiplex de cinq matchs le vendredi soir et de quatre affiches exposées en exclusivité : deux le samedi à 14h, la grande affiche du samedi à 20h et la clôture du lundi à 20h45. La case du samedi soir, le « choix 1 », constitue le graal de l’exposition. Et la saison passée, elle avait un propriétaire quasi attitré.
« La saison dernière, Saint-Étienne occupait effectivement cette case du samedi soir presque systématiquement. Cette logique va se poursuivre, mais nous pouvons adapter la programmation selon les circonstances », annonce Houzot. Les Verts conservent donc leur statut de locomotive télévisuelle, sans exclusivité pour autant. La 4e journée en offre déjà l’illustration : Guingamp-Nantes s’est imposée comme l’affiche du samedi soir, tandis que Dijon-ASSE a glissé au lundi, à la demande de la préfecture dijonnaise, mobilisée par une autre manifestation en ville.
Le patron des programmes assume une hiérarchie fondée sur les chiffres : « Saint-Étienne, Nantes, Reims, Metz ou Montpellier mobilisent leur public au stade et génèrent de fortes audiences, seront logiquement mis en avant sur les matchs décalés du samedi après-midi, du samedi soir ou du lundi soir ». Traduction : les cadors se partageront les cases exposées, et le samedi 20h reviendra à l’affiche à plus forte résonance nationale. Sur ce critère, l’ASSE et son public répartis dans toute la France partent avec une longueur d’avance, avec Nantes en challenger direct.
Le vendredi soir assumé, les 40 millions rappelés
Reste le sujet qui fâche une partie des tribunes : le multiplex du vendredi soir et son cortège de banderoles « beIN tu tues la Ligue 2 ». Houzot contre-attaque frontalement. « Au cours des vingt dernières années, l’essentiel de la Ligue 2 s’est toujours joué le vendredi soir. Nous n’avons pas hérité de cette programmation, c’est nous qui l’avons créée en 2012 », rappelle-t-il, avant de dérouler l’argument massue : « Nous avons sanctuarisé un espace et créé de la valeur pour la Ligue 2. Si les droits atteignent aujourd’hui 40 millions d’euros, c’est grâce à beIN Sports ».
Un montant record dans l’histoire du championnat, validé par les clubs en conseil d’administration, et qui s’accompagne d’une couverture éditoriale renforcée : avant-match dès 19h15 le vendredi, trois matchs le samedi, et le retour du magazine Ligue 2 Extra le lundi à 20h avant l’affiche de clôture. Le dirigeant souligne d’ailleurs un paradoxe méconnu : si les supporters réclament le week-end, « la majorité des joueurs, des entraîneurs et des dirigeants s’accommodent très bien du vendredi soir », entre confort de récupération et coûts d’organisation réduits.
Une saison historique pour l’antichambre de l’élite
Le message final de beIN Sports tient en une promesse d’exposition jamais vue pour la deuxième division. Et BeIN s’en félicite. Aucun diffuseur n’a proposé un tel niveau de couverture pour ce championnat, et la chaîne, qui a versé plus d’un milliard et demi d’euros de droits au football français depuis 2012, entend capitaliser sur un plateau qui s’annonce exceptionnel. Le retrait de la Ligue 1, acté après l’échec des renégociations sur le match hebdomadaire à 80 millions d’euros, renforce mécaniquement le statut de la Ligue 2 comme produit phare du football domestique de la chaîne, aux côtés d’une Coupe de France conservée jusqu’en 2030.
Pour les supporters stéphanois, nantais, messins ou montpelliérains, la conclusion est double. Leurs clubs seront les têtes d’affiche permanentes des cases exposées, avec un traitement éditorial de championnat majeur. Mais la concurrence pour la lumière du samedi soir sera arbitrée match par match, audience par audience. Dans cette Ligue 2 aux airs de Ligue 1 bis, même la programmation télé devient un championnat dans le championnat.
Source : Entretien Florent Houzot (beIN Sports)


