AJA : Christophe Pélissier lâche ses vérités après Auxerre

par | Juil 30, 2026 | Auxerre

AJA AJ Auxerre model

Libre depuis son départ de l’AJ Auxerre, Christophe Pélissier est revenu sur sa mise à l’écart, ses envies de rebond et son regard sur l’évolution du football professionnel français, dans un entretien accordé à Antichambre Football.

Plus de deux mois après le dernier succès obtenu à Lille, synonyme de maintien, Christophe Pélissier n’a toujours pas tourné la page de son départ d’Auxerre. « Digérer ? Non. », confie-t-il, avant d’expliquer que le milieu du football fonctionne ainsi et qu’il faut savoir profiter de ces périodes de repos pour se ressourcer. L’entraîneur retient surtout le positif de son passage bourguignon : un titre de Ligue 2, un maintien synonyme de dixième place la saison passée, puis une fin d’exercice plus compliquée marquée par le départ de dix-huit joueurs. Selon lui, l’AJ Auxerre avait pourtant relancé une dynamique en terminant neuvième de la phase retour, ce qui rend la séparation d’autant plus incompréhensible à ses yeux : une stabilité de l’effectif aurait pu, pense-t-il, permettre au club d’accrocher la première partie de tableau.

Un contact avec Nice, mais pas d’urgence à rebondir

Sur ses envies de repartir vite, Pélissier reconnaît avoir reçu plusieurs propositions, dont une récente en provenance de l’étranger. Il révèle avoir été en contact à un moment donné avec l’OGC Nice, un club qui l’aurait tenté pour un retour immédiat sur un banc. Concernant d’autres pistes en Ligue 2 ou hors de France, il préfère prendre son temps pour trouver le bon projet, sans exclure l’idée de découvrir une autre culture footballistique. Reprendre un poste en cours de saison ne lui fait pas peur non plus : il l’a déjà vécu à Auxerre en 2022, lors de l’exercice des quatre descentes, et il se dit prêt à écouter toute proposition qui se présenterait, même hors période de préparation.

Auxerre : Un bilan jugé positif malgré la fin brutale

Interrogé sur son passage à l’AJA, Pélissier estime avoir rempli les trois objectifs fixés à son arrivée. D’abord la montée en Ligue 1, obtenue et conservée jusqu’à son départ. Ensuite le développement des jeunes joueurs, un secteur où il juge n’avoir jamais eu autant de talents formés en équipe première, citant Kevin Danois, Lassine Sinayoko ou Clément Akpa parmi les profils désormais courtisés par de plus gros clubs. Enfin, la reconnexion avec le public auxerrois, qu’il place au même niveau que des places fortes comme Lens ou Saint-Étienne en matière de soutien. Selon lui, ce public est resté fidèle dans les moments difficiles comme dans les bons, un facteur qu’il juge déterminant dans la réussite d’un maintien, contrairement à des publics qui se retournent contre leur effectif et freinent sa progression.

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Un regard critique sur la gestion du football professionnel

Sur l’évolution du football français depuis l’épisode Luzenac, recalé pour la montée en Ligue 2 en 2014, jusqu’à la création de la nouvelle Ligue 3, Pélissier se montre partagé. Sur le plan sportif, il juge le championnat à trois divisions injustement critiqué, rappelant que les joueurs et entraîneurs étrangers reconnaissent tous, une fois sur place, la difficulté du niveau français et la qualité du travail effectué en centre de formation. En revanche, il se montre beaucoup plus sévère sur la gestion économique du football professionnel, pointant la chute des droits TV comme une aberration au vu de la qualité du jeu et du public. Il regrette également le resserrement de l’élite à dix-huit clubs, qui a selon lui coûté quatre clubs professionnels au football des territoires, au seul bénéfice des clubs européens, sans que les retombées financières promises ne soient au rendez-vous.

De Revel à Auxerre, un parcours qu’il ne regrette pas

Sur le plan personnel, Pélissier revient avec une pointe d’humour sur son statut d’unique entraîneur de l’élite à avoir gravi tous les échelons depuis la R1. Débutant à 35 ans dans son club de village à Revel, il ne s’imaginait alors pas connaître un jour sept saisons en Ligue 1 et diriger 250 matchs à ce niveau. Il concède avoir déjà entendu qu’il serait sous-coté et n’exclut pas que ce soit vrai, tout en affirmant ne garder aucun regret de ses quinze dernières années de carrière, depuis ses débuts à Luzenac en 2009. Son désir affiché reste de diriger un jour un club disposant de plus de moyens, sans quoi il considérera avoir atteint son plafond de verre. Interrogé sur les joueurs qui l’ont le plus marqué, il cite Gaël Kakuta et Enzo Le Fée sur le plan technique, ainsi que Kevin Danois, Yoane Wissa et Lassine Sinayoko pour leur progression, non sans une fierté particulière pour Danois, qu’il verrait bien atteindre le très haut niveau.

Source : Antichambre Football

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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