Ambiance de prestige, mais promesse d’un exercice piège : dans les colonnes du Midi Libre, le consultant beIN Sports Damien Perquis dresse le portrait d’une Ligue 2 relevée, où la pression retombe en grande partie sur les épaules de Saint-Étienne et de Nantes.
Une Ligue 2 dopée par les relégués de l’élite
Avec l’arrivée de Nantes, Metz, Sochaux et Dijon, quatre clubs au passé récent en Ligue 1 ou aux ambitions affichées, la Ligue 2 2026-2027 s’annonce comme l’une des plus attractives de ces dernières saisons sur le papier. « En termes de noms, cette Ligue 2 est relevée, cela va donner un championnat avec de l’ambiance, des stades pleins et des affiches de prestige », analyse Damien Perquis, consultant pour beIN Sports et ancien défenseur passé par l’ASSE et Le Mans. Un constat que l’ancien international polonais tempère toutefois immédiatement : « Maintenant, il faudra voir le contenu ».
Ligue 1 : Une remontée immédiate loin d’être une formalité
Le principal enseignement de son analyse tient dans une statistique implacable. Selon les chiffres évoqués par le quotidien, seules 19 % des équipes reléguées de Ligue 1 au XXIe siècle sont parvenues à retrouver l’élite dès la saison suivante. Un ratio d’autant plus sévère qu’il est gonflé par un unique spécialiste de l’ascenseur : le FC Metz, auteur de six montées immédiates depuis 2002, un cas isolé qui fausse à lui seul une bonne partie de la moyenne générale.
« C’est terriblement dur de remonter directement », résume Perquis, qui connaît le sujet de l’intérieur pour avoir vécu plusieurs saisons de Ligue 2 sous le maillot stéphanois. Une mise en garde qui vaut aussi bien pour Metz, désormais retombé dans l’élite du championnat, que pour le FC Nantes fraîchement débarqué.
Nantes et Der Zakarian, un pari sur l’expérience
Parmi les prétendants à cette remontée express, Nantes mise sur un homme qui connaît déjà la recette. Michel Der Zakarian, dernier entraîneur à avoir hissé le club en Ligue 1 depuis la Ligue 2 en 2013, est arrivé aux commandes cet été avec la mission de faire bégayer l’histoire. Un choix qui n’a rien d’un hasard pour un club où l’expérience de la montée immédiate reste rare, mais où le technicien franco-arménien a déjà fait ses preuves par le passé sur ce type d’exercice.
Saint-Étienne, l’exemple de la saison manquée
Reste que l’histoire récente rappelle que même les plus gros budgets ne suffisent pas toujours. Perquis cite directement l’exemple stéphanois de la saison passée, où l’ASSE « s’y est cassé les dents » malgré un statut de favori. Un précédent qui pèse forcément sur l’exercice à venir, alors que le club ligérien conserve, une nouvelle fois, le plus gros budget du championnat, estimé à environ 35 M€.
Sur ce point précis, le consultant ne mâche pas ses mots concernant les attentes qui pèsent sur les Verts pour cette nouvelle saison. « L’ASSE a quasiment l’obligation de remonter, sinon ça va être compliqué pour la suite », estime-t-il, résumant en une phrase la pression particulière qui entoure le club stéphanois à l’heure d’entamer sa deuxième saison consécutive en deuxième division.
Ligue 2 : Un championnat sous surveillance
Entre l’attractivité retrouvée d’une L2 riche en noms connus et la réalité statistique d’un exercice où les certitudes financières ne garantissent rien, la mise en garde de Damien Perquis résonne comme un avertissement collectif. Reste à savoir, du côté de Saint-Étienne comme de Nantes, si le discours d’ambition assumé cet été suffira à inverser une tendance historique particulièrement défavorable aux clubs fraîchement relégués.


