ASSE : Ce que révèle cette recrue sur son nouvel entraîneur

par | Août 13, 2026 | Ligue 2

ASSE Saint-Etienne model

Guingamp, la Ligue 2 sans complexe, l’accueil de Julien Le Cardinal et les débuts sous Ian Cathro : Sohaib Naïr s’est livré sans détour sur son choix de rejoindre l’ASSE.

Arrivé cet été en provenance de Guingamp, Sohaib Naïr a pris la parole face aux médias avant la réception de Clermont. L’occasion de revenir sur son transfert, son intégration au groupe et sa lecture du discours linguistique imposé par Ian Cathro.

ASSE : Un choix mûri depuis janvier

Le défenseur n’a pas caché que ce transfert répondait à une ambition personnelle claire. « Moi, j’avais à cœur de trouver un projet qui me permette de passer ce step-là avec une plus grande visibilité et d’autres objectifs pour avancer dans ma carrière », a-t-il expliqué. Le dossier ne datait d’ailleurs pas de cet été : « Je devais venir ici avant ce Mercato déjà, en janvier. Quand ils m’ont appelé, j’ai tout de suite dit que c’est là où je voulais aller et ça a coché toutes les cases que je souhaitais ». Un choix qu’il assume pleinement aujourd’hui : « Comment je le vis, je le vis bien parce que c’est ce que je voulais. Je suis content d’être là ».

L’attrait d’un club sous pression, l’ASSE

Interrogé sur ce qui l’a séduit dans le projet stéphanois, Naïr a mis en avant la dimension particulière du club, entre exigence et visibilité. « Aujourd’hui, c’est un club qui est en Ligue 2, mais qui a pour objectif déclaré, et tout le monde sait que Saint-Étienne veut monter en Ligue 1 depuis qu’ils sont redescendus », a-t-il rappelé. Il y voit un cadre stimulant pour sa progression : « Il y a la visibilité, il y a la ferveur qu’il y a autour de ce club, donc ça permet de se faire connaître un peu plus et d’être plus exigeant au quotidien parce que forcément, plus il y a d’attentes, plus forcément il y a de l’exigence à avoir ».

Geoffroy-Guichard, une réputation qui précède le club

La ferveur du chaudron stéphanois avait déjà traversé les frontières de la Ligue 2, jusqu’à Guingamp. « Franchement, moi je joue à Guingamp et quand on sait qu’on va jouer le week-end à Geoffroy-Guichard, on s’attend à une soirée incroyable dans le sens où il y a une ambiance qui est folle, dans les plus grosses ambiances de France, il me semble », a-t-il confié. Une réputation qui a dépassé ses attentes une fois sur place : « Ça m’a surpris et il y a un côté où je m’y attendais un peu ».

Sur ses adversaires de Ligue 2, Naïr a livré une réponse à double détente, entre humour et sérieux. « Tu connais qui personnellement ? Personne, mais sinon tout le monde. Parce qu’on s’affronte, c’est le même championnat, donc je regardais les matchs. Je connaissais tout le monde, mais personnellement personne ».

Le Cardinal, un accueil qui compte

Le nouveau défenseur stéphanois a également salué la relation nouée avec son capitaine, Julien Le Cardinal. « Julien, c’est une personne qui m’a accueilli de la meilleure manière qu’on puisse accueillir quelqu’un. Franchement, il m’a directement mis à l’aise. Il m’a directement dit que si j’avais besoin de lui, que je n’hésite pas », a-t-il raconté. Une proximité renforcée par leur position sur le terrain : « Et en plus, on joue à côté, donc j’estime que c’est important ». Le jugement est sans appel : « C’est une super personne, un super joueur, donc ça se passera très bien. Un super capitaine aussi ».

Le guerrier assumé du milieu de terrain

Solide dans les duels contre Sochaux pour sa première sortie, Naïr a détaillé un trait de caractère qu’il revendique pleinement. « C’est quelque chose que j’apprécie, les duels aériens, les duels au sol. J’aime bien aller au combat, j’ai ce côté un peu entre guillemets guerrier où je mets la tête partout », a-t-il décrit. Pas de calcul dans l’engagement : « Je n’ai pas peur de mettre le pied ou la tête, donc très content aujourd’hui d’avoir gagné mes duels et d’avoir été solide ». Il a néanmoins relativisé la performance, conscient de ce qui attend son équipe tout au long de la saison : « Après c’est la Ligue 2, la Ligue 2 de tous les week-ends on a ça ».

Le français version vestiaire : effort plutôt qu’obligation à l’ASSE

Sur la question du français imposé par Ian Cathro, largement commentée depuis l’arrivée de l’entraîneur écossais, Naïr a apporté un éclairage de l’intérieur du groupe. « Il l’impose dans le sens où je pense qu’il souhaite que tout le monde fasse l’effort d’apprendre le français », a-t-il nuancé d’emblée, avant de relativiser l’application stricte de la consigne : « Après, aujourd’hui, il n’y a pas tout le monde qui a la capacité de le parler. Donc, les dialogues ne sont pas obligatoirement en français. Sinon, on aurait un peu de mal à se comprendre ».

Il a resitué la logique du coach dans un cadre plus large, celui du respect du pays d’accueil : « Mais oui, je pense que c’est le côté où il veut que tout le monde apprenne parce qu’on est en France et que c’est la langue principale. Donc, c’est important pour lui, comme pour les joueurs qui sont déjà en France, de tout se comprendre ».

Sur les efforts réels des nouvelles recrues, le constat est positif selon lui. « Non, il y en a qui essayent. Oui, franchement, la plupart essayent. Enfin, tous même. Tous essayent de parler un peu français », a-t-il assuré, tout en reconnaissant la difficulté de l’exercice : « Après, voilà, comme on sait, ce n’est pas facile ». La réciprocité joue aussi dans l’autre sens : « Et moi, des fois, j’essaie de parler anglais aussi. Donc, on fait un pas l’un vers l’autre ». Et contrairement à certaines rumeurs de vestiaires disciplinés à coups de sanctions financières, aucun système de ce type n’existe à Sainté : « Il n’y a pas d’amende ? Non, il n’y a pas d’amende ».

Sur le fond, Naïr ne perçoit aucune dimension vexatoire dans cette exigence du coach. « Oui, moi comment je le vois, personnellement, je ne vois pas comme un manque de respect. Après, c’est sûr qu’ils se doivent d’apprendre la langue parce qu’ils jouent dans un pays où on est en France. Donc c’est important ». Il y voit au contraire un vecteur de bonne volonté collective : « Mais je ne le vois pas comme un manque de respect parce que c’est des gens qui sont pleins de bonne volonté et qui font des efforts, donc il n’y a pas de soucis avec ça ». Et un bénéfice concret à terme sur le jeu : « Après forcément, plus on parle le même langage, plus on se comprend, donc ça facilitera forcément ».

Sur le terrain, la barrière de la langue pèse de toute façon moins lourd selon lui. « C’est différent, bien sûr. Sur un terrain, il n’y a pas beaucoup de dialogue. Il n’y a pas de long dialogue. C’est plus des mots. Sur ça, on arrive à se faire comprendre. C’est le principal ». Une adaptation au cas par cas : « Ça dépend. Quand je parle aux anglophones, je parle anglais. J’essaye en tout cas ».

Cathro vu par un joueur : compétitif, créatif, ouvert au dialogue à l’ASSE

Naïr a également livré son ressenti personnel sur son nouvel entraîneur, après quelques semaines de travail commun. « Moi franchement je suis agréablement surpris du coach dans le sens où il est très compétitif, il est vraiment très très compétitif, il a ses idées, il est très créatif », a-t-il détaillé. Un profil qu’il apprécie pour sa capacité d’écoute, sans pour autant renoncer à son autorité de décision : « il est aussi ouvert au dialogue donc je trouve ça assez cool parce qu’on peut échanger, on peut entre guillemets ne pas être d’accord, après c’est lui qui prend les décisions ».

Les débuts stéphanois, entre terrain et vie de famille

Sur son adaptation à la ville, Naïr a évoqué une découverte encore partielle mais positive. « Oui, la région, non, mais la ville, oui. Je n’ai pas beaucoup bougé en dehors de Saint-Étienne, mais j’ai été au centre-ville plusieurs fois », a-t-il raconté, en glissant un détail personnel sur son quotidien : « Je sors un peu avec ma femme et ma fille. Par moment, oui. Après, je viens d’arriver, donc ce n’est pas tout le monde qui me connaît. Ça va pour l’instant ».

La perspective de découvrir un Geoffroy-Guichard plein l’enthousiasme particulièrement, même privé partiellement de kop pour cette rencontre. « Oui, bien sûr. C’est excitant dans le sens où tout footballeur souhaite jouer devant un maximum de monde parce que ça embellit la soirée. Il y a une super ambiance et j’ai hâte », a-t-il confié, avant d’insister sur la nouveauté de l’expérience pour lui : « Franchement, j’ai hâte de voir ce qu’est Geoffroy-Guichard parce que je n’ai jamais joué ici ». Il s’attend malgré tout à une ambiance à la hauteur de la réputation du stade : « Après, il n’y aura pas les Kops, mais je pense qu’il y aura quand même une très belle ambiance ».

Une Ligue 2 relevée ? Naïr relativise

Sur le niveau de la division, marquée par les descentes de Nantes, Reims et Metz, Naïr n’y voit pas un bouleversement pour son propre club. « Moi, honnêtement, pour moi ça ne change rien. Parce qu’on est aussi à Saint-Étienne, qui est un très gros club français. Ça ne change rien », a-t-il tranché. Sa lecture reste centrée sur l’ASSE elle-même : « Je pense que si on fait le travail comme on doit le faire, on est notre plus gros adversaire ». Il reconnaît toutefois la qualité des promus et relégués : « Que ce soit Nantes, Reims, ce sont des belles équipes qui ont eux aussi l’objectif de remonter », avant de recentrer le discours sur la seule variable qui compte selon lui : « Mais ce sera sur les matchs directs, sur les matchs contre Sochaux par exemple. C’est tous les points qu’on peut prendre. On les prend un peu petit à petit et on voit ce que ça donne à la fin ».

ASSE : Une victoire à Sochaux jugée perfectible

Sur le succès 3-0 inaugural face à Sochaux, Naïr a livré un bilan lucide, loin de tout triomphalisme. « En soi, nous, après le match, tout de suite, on s’est dit que c’était un premier match, on a fait le travail. Mais on n’a pas été très contents. On sait qu’on peut faire mieux », a-t-il analysé. Le groupe se veut d’ores et déjà tourné vers l’échéance suivante : « On ne s’est pas reposé sur nos acquis. On s’est déjà relativement mis au travail en disant que chaque match a son histoire, chaque match est différent ». Le contexte du large succès n’a pas été occulté : « Et que là, c’était bien de bien commencer et de gagner 3-0. Mais que là, on va jouer Clermont. Qu’est-ce qui va nous poser d’autres problématiques, il faut être prêt à ça ».

Clermont, un adversaire encore à décrypter pour l’ASSE

Sur l’adversaire du soir, Naïr a admis que l’analyse vidéo restait à venir au moment de son passage devant les médias. « Comme vous dites, on s’attend à jouer une équipe qui va nous poser des problèmes, lesquels on ne sait pas encore parce qu’on n’a pas encore fait la vidéo, on n’a pas encore analysé l’adversaire », a-t-il reconnu, avant de préciser que ce travail arriverait rapidement : « Je pense que ça va se faire rapidement ». Sa certitude porte davantage sur l’état d’esprit adverse que sur le contenu tactique : « Mais forcément, ce sera une équipe qui aura envie. Toutes les équipes qui affrontent Saint-Étienne, comme je le disais la dernière fois après le match de Sochaux, c’est un challenge ». L’objectif collectif reste fixé sur la maîtrise du jeu : « On a à cœur de faire le meilleur match possible et d’avoir plus la maîtrise ».

Le souvenir de Guingamp, saison passée, écarté

Interrogé sur le parallèle avec la saison précédente de l’ASSE, marquée par un excellent début d’exercice stoppé net par une défaite à domicile contre Guingamp, Naïr a reconnu que le sujet circulait dans les esprits, sans pour autant y voir un signal d’alarme. « Oui, il y en a. Après, je pense qu’aujourd’hui, dans le groupe qu’on a, tout le monde est lucide sur cette situation. Tout le monde sait que ce n’est qu’un seul match. Il en reste 33 », a-t-il rappelé. Le discours collectif se veut mesuré face à l’enthousiasme ambiant : « On se le dit et on le sait au fond de nous que c’est trois points de pris. Mais maintenant, il faut prendre tous les points qu’on peut prendre sur les 33 qui restent. Donc, il n’y a pas d’enflammade pour l’instant ».

ASSE : Pas de relâchement assumé en seconde période contre Sochaux

Sur une éventuelle gestion du score en seconde période face à Sochaux, Naïr a rejeté toute idée de consigne défensive du staff. « Non, il n’y a pas eu de mauvaise gestion parce que ce n’est pas ce que le coach demande. Mais c’est parce que nous aussi joueurs voulions, si on peut gagner d’un score plus large, on l’aurait fait », a-t-il expliqué. Un premier match encore perfectible, replacé dans un contexte plus large de début de championnat compliqué pour de nombreuses écuries : « Après, voilà, on n’a pas tout bien fait. C’est un premier match, comme on a pu le dire juste avant. Il y a plein d’équipes qui ont perdu des points sur ces matchs-là, notamment des gros ». La satisfaction reste néanmoins de mise sur le résultat comptable : « Donc, on est assez content d’avoir pris les trois points quand même ». Reste, selon lui, une marge de progression identifiée collectivement : « Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses à travailler. Et les semaines d’entraînement sont faites pour ça. On continue à travailler pour améliorer cela ».

Une intégration réussie, en attendant Clermont

Entre l’accueil chaleureux de son capitaine, la découverte progressive de la ferveur stéphanoise et une lecture apaisée du discours linguistique de son entraîneur, Sohaib Naïr affiche les premiers signes d’une intégration réussie à l’ASSE. Reste à confirmer cette dynamique sur le terrain, vendredi, face à un adversaire clermontois encore à décrypter.

Source : ASSE (conférence de presse officielle)

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Thomas Delcourt

Thomas Delcourt

Journaliste spécialisé Ligue 1, Ligue 2 et mercato sur Morning Foot.

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